Premier cas de coronavirus identifié chez un animal sauvage

Un vison sauvage contaminé aurait été découvert à « proximité immédiate » d'un élevage à fourrure de l'Utah.

Publication 15 déc. 2020, 17:37 CET
 

Le vison d'Amérique, comme celui ci-dessus, est le premier animal sauvage à être testé positif au ...

 

Le vison d'Amérique, comme celui ci-dessus, est le premier animal sauvage à être testé positif au coronavirus.

Photographie de Ole Jorgen Liodden, Nature Picture Library

Le premier cas connu de nouveau coronavirus chez un animal non élevé en captivité vient d'être confirmé via une alerte émise par le département de l'Agriculture des États-Unis (United Stades Department of Agriculture, USDA). Un vison sauvage a été testé positif dans l'Utah au cours d'un contrôle de la faune autour d'une ferme à fourrure touchée par l'épidémie, peut-on lire dans ce communiqué.

La souche virale identifiée chez le vison sauvage est « indifférenciable » de celle qui a contaminé les élevages de visons à travers l'État, c'est la conclusion tirée par le National Veterinary Services Laboratory, la branche du département de l'Agriculture responsable de la série de tests.

Aux États-Unis, des épidémies de coronavirus ont été signalée dans 16 élevages de visons de l'Utah, du Wisconsin, de l'Oregon et du Michigan avec la majorité des cas dans l'Utah. Toutefois, aucun cas n'avait pour le moment été détecté chez les visons sauvages, malgré une série de tests menée sur les visons, les ratons laveurs, les mouffettes et d'autres animaux vivant autour des fermes infectées.

Le vison en question a été capturé à « proximité immédiate de l'un des élevages contaminés, » indique le vétérinaire d'État de l'Utah, Dean Taylor, et reste à ce jour le seul animal de la zone à avoir été testé positif.

« Il n'y a aucune preuve à l'heure actuelle que le SARS-CoV-2 [le virus à l'origine de la COVID-19, NDLR] circule ou se soit établi au sein des populations sauvages vivant autour des élevages de visons infectés, » écrit le Service d'inspection sanitaire des animaux et des plantes (Animal and Plant Health Inspection Service, APHIS) dans son bulletin d'alerte.

Le virus a également été découvert chez un certain nombre d'animaux sauvages en captivité, notamment des lions, des tigres et des léopards des neiges ainsi que chez certains chiens et chats domestiques. Les scientifiques se sont empressés de déterminer quels autres animaux étaient vulnérables en accordant une attention toute particulière aux espèces menacées et à celles qui étaient susceptibles de le retransmettre à l'Homme. Jusqu'à présent, aucun animal sauvage connu n'avait été contaminé.

 « Les épidémies dans les élevages de visons en Europe et dans d'autres régions du monde ont montré que les visons captifs étaient susceptibles d'être contaminés par le SARS-CoV-2 et rien n'empêche de penser que les visons sauvages pourraient l'être également, » déclare la porte-parole de l'USDA, Lyndsay Cole. « Cette découverte démontre à la fois l'importance de poursuivre la veille autour des élevages de visons infectés et de prendre les mesures nécessaires pour empêcher la propagation du virus aux espèces sauvages. »

Quant à savoir dans quelles conditions a eu lieu le contact entre le vison sauvage et les animaux d'élevage, rien n'a encore été établi.

Selon l'USDA, la situation exige d'accentuer les efforts pour empêcher la transmission du virus à la grande population nord-américaine de visons sauvages, bien que l'agence n'ait pas encore annoncé sa stratégie.

 

LES VISONS DANS LE MONDE

La semaine dernière, le Canada signalait une première flambée épidémique dans un élevage de visons du district de Fraser Valley, en Colombie-Britannique. Depuis le printemps dernier, plusieurs millions de visons élevés en captivité ont été abattus afin de contrôler la propagation du virus à travers l'Europe, notamment au Danemark, le plus grand producteur de fourrure de vison du continent.

Aux Pays-Bas, le gouvernement a récemment annoncé avoir achevé l'abattage de ses quatre millions de visons et suspendu les activités liées à ce secteur. L'Espagne et la Grèce ont également abattu plus de 100 000 animaux élevés dans les fermes contaminées. En France, un millier de visons porteurs de la Covid-19 ont également été abattus. Les autorités de ces pays ont indiqué que les visons auraient été contaminés par des employés malades.

Cependant, la maladie ne s'est pas uniquement propagée du personnel des élevages aux visons. Au Danemark, l'inverse s'est également produit d'après les conclusions d'une analyse génomique. La souche virale circulant chez les animaux s'est propagée à la population : plus de 200 cas humains de contamination ont été liés à l'élevage de visons, dont 12 cas présentant une mutation unique du virus que les autorités danoises craignent de voir compromettre l'efficacité de la campagne de vaccination à venir.

Cette mutation possède ce que l'Organisation mondiale de la santé qualifie de « sensibilité modérément réduite aux anticorps neutralisants. » C'est pourquoi le Danemark a décidé d'abattre l'ensemble de ses animaux d'élevage, soit plus de 15 millions de visons.

« Aux États-Unis, les fermes à fourrure suivent des protocoles stricts de biosécurité pour le bien des humains comme celui des animaux, » déclare Mike Brown, porte-parole de l'International Fur Federation, avant de préciser que le groupe restait dans l'attente de plus amples détails de la part de l'USDA sur la contamination du vison sauvage. Il évoque également une collaboration entre l'industrie et Fur Commission USA, le principal représentant des éleveurs de visons à fourrure aux États-Unis, dans la mise au point d'un vaccin contre le coronavirus pour les visons, bien que celui-ci ne soit pas encore prêt à être testé.

Pour Dean Taylor, le vétérinaire d'État de l'Utah, les conseils aux citoyens inquiets pour leurs animaux de compagnie restent les mêmes. « Comportez-vous avec eux comme vous le feriez avec une personne, » résume-t-il. Essayez de les garder sur votre propriété lorsque c'est possible et « gardez vos distances avec eux si quelqu'un est malade à la maison. »

 

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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