La femelle dragon de Komodo peut se reproduire sans l'aide d'un mâle

L'auto-fertilisation pourrait permettre à cette espèce vulnérable de survivre.

Publication 3 déc. 2020 à 13:44 CET
Joel Sartore a photographié ce dragon de Komodo au Zoo de Houston dans le cadre du projet Photo ...

Joel Sartore a photographié ce dragon de Komodo au Zoo de Houston dans le cadre du projet Photo Ark.

Photographie de Joel Sartore, National geographic Photo Ark

Le dragon de Komodo, la plus grande espèce de lézard vivante à ce jour, peut atteindre 3 mètres de long et près de 90 kilos. Carnivore musclé armé de dents acérées, Varanus komodoensis se nourrit de proies aussi grandes que le cerf, le sanglier et le buffle d'eau.

Aussi redoutable que le dragon de Komodo puisse paraître, il est pourtant vulnérable. Sur sept îles indonésiennes qui sont les seuls endroits où l'espèce vit à l'état sauvage, la nature est brûlée pour défricher la terre et braconner les animaux dont le dragon de Komodo se nourrit. Même sur des terres protégées comme le parc national de Komodo, les autorités n'ont signalé que 3 013 dragons de Komodo en 2016, contre 3 222 en 2013.

Bien sûr, pour assurer sa survie et celle de son espèce, une femelle dragon de Komodo peut s'accoupler avec un mâle et pondre des œufs. Ou alors, elle peut pondre des œufs sans s'être accouplée, grâce à un processus de « création vierge » appelé parthénogenèse. (À lire : La parthénogenèse : comment des animaux se reproduisent sans s'accoupler)

En 2006, au zoo de Chester en Angleterre, une femelle dragon de Komodo nommée Flora, qui n'avait eu aucun contact avec un mâle, a pondu des œufs viables qui, les tests l'ont ensuite montré, ne contenaient que son ADN. Cet épisode a été la première observation de parthénogenèse chez les dragons captifs de Komodo ; désormais, les scientifiques sont convaincus que cela « arrive très souvent », comme l'explique Gerardo Garcia, conservateur du zoo de Chester pour les vertébrés et invertébrés inférieurs.

Alors, comment ça marche ? Chez l'homme, les mâles ont des chromosomes sexuels mâles et femelles et déterminent le sexe du bébé à naître. Chez les dragons de Komodo, ce rôle est joué par les femelles - Flora avait donc en elle le matériel génétique nécessaire au développement des embryons. Cette autofécondation donne une progéniture « absolument saine », dit Garcia - mais tous les juvéniles de la portée seront des mâles.

Être capable de se reproduire à la fois sexuellement et asexuellement donne aux dragons un avantage évolutif. Si aucun partenaire n'est en vue, une femelle peut avoir des juvéniles mâles parthénogéniques - et une fois plus âgés, ceux-ci peuvent devenir ses partenaires. « Ce n'est pas idéal » pour maintenir la diversité génétique de l'espèce, reconnaît Garcia. Mais c'est une façon pour l'espèce de perdurer.

 

VARANUS KOMODOENSIS

Habitat / aire de répartition : lisière de forêt tropicale et prairies de sept îles indonésiennes

Statut de conservation : l'UICN considère l'espèce comme vulnérable.

Pour aller plus loin : le dragon de Komodo est l'une des 80 espèces de varans connues et existe depuis environ 3,8 millions d'années, selon les fossiles mis au jour.

Lire la suite

Découvrez National Geographic

  • Animaux
  • Environnement
  • Histoire
  • Sciences
  • Voyage & Adventure
  • Photographie
  • Espace
  • Vidéos

À propos de National Geographic

S'Abonner

  • Magazines
  • Newsletter
  • Livres
  • Disney+

Nous suivre

Copyright © 1996-2015 National Geographic Society. Copyright © 2015-2017 National Geographic Partners, LLC. Tous droits réservés.