Big Cat Initiative : 20 ans d'engagement pour la préservation des grands félins

National Geographic est engagé sur le terrain depuis 2009 pour la protection des grands félins, aujourd'hui menacés d'extinction.

De Romy Roynard, Rédactrice en chef Web

Les grands félins fascinent, ils ont cette présence singulière, cette nonchalance feinte, cet instinct qui distingue les redoutables chasseurs. Ils sont aussi beaux que menacés, aussi forts que redoutés.

Et bientôt, ils ne seront plus qu'un lointain souvenir, une empreinte laissée dans l'histoire de notre planète. Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature, 26 espèces de grands félins sont aujourd'hui menacées d'extinction. Nos enfants et petits-enfants pourraient ne jamais connaître de guépards asiatiques, de léopards des neiges, de lynx ibériques, de tigres de Sumatra, de léopards d'Afrique du Sud, ou même de lions d'Afrique.

 

LA MAIN DE L'HOMME

Le premier ennemi des grands félins est l'Homme, dont l'ombre semble accompagner toutes les menaces qui pèsent sur la faune. Le braconnage pour les besoins de la médecine traditionnelle et la chasse aux trophées restent, malgré les arrêtés les interdisant, la principale cause de leur disparition rapide.

La fragmentation de l'habitat des grands fauves, principalement en Amazonie, en Inde, en Afrique du Sud et au Kenya, la construction d'infrastructures ferroviaires, immobilières et touristiques sur les habitats naturels des lions, jaguars, léopards et tigres les font reculer. Les conflits violents avec les hommes prennent diverses formes mais l'issue est bien souvent fatale pour les félins.

En Afrique du Sud, malgré plusieurs lois interdisant l'abattage des léopards, la chasse perdure. Les éleveurs de bétail, eux, tirent pour défendre leurs troupeaux, et n'hésitent pas à empoisonner ces prédateurs affamés par la raréfaction des proies, voire à les abattre à vue.

Quant au jaguar, autrefois présent dans toute l’Amérique du Nord et du Sud, il perd chaque jour un peu plus de territoires. Depuis le 19siècle, l’espèce a perdu plus de la moitié de son aire de répartition et a été repoussée au fin fond des forêts tropicales, qui lui conviennent moins. La Bolivie est sans doute le pays où le péril est le plus grand pour ce fauve. L'animal y est braconné pour ses dents et son crâne. Les services postaux y ont récemment confisqué des centaines de dents de jaguar expédiées clandestinement en Chine.

Au Kenya, les résidents se retrouvent face à la faune qui les a précédés. Les lions quittent le parc national de Nairobi, effrayés par le bruit causé par la construction d’un nouveau chemin de fer et d’une autoroute en bordure du parc. Alors que les lions sont connus pour évoluer dans un territoire d’une superficie supérieure ou égale à 400 kilomètres carrés, le parc national de Nairobi ne compte que 138 kilomètres carrés. Alors ils s'échappent, traversent les zones habitées par les hommes, qui n'hésitent pas à les abattre.

En Inde, l'abattage et le braconnage des tigres condamnent l'espèce à disparaître plus vite que les scientifiques ne l'avaient anticipé. La peau, les crocs et les parties de l'animal sont très recherchés.

Peu importe aux braconniers que l'équilibre écologique de certaines régions dépende de ces grands prédateurs, situés au sommet de la chaîne alimentaire. « Le tigre par exemple joue un rôle essentiel dans le maintien de l'écosystème, »  explique Hasan Khan, biologiste bangladais. « Il régule l'équilibre de la faune terrestre et aquatique, et empêche la prolifération des animaux végétariens qui déséquilibreraient le cycle naturel des forêts de mangrove.» 

Une étude publiée en 2014 par le journal Science démontrait que les grands carnivores avaient des effets positifs sur le bon équilibre des écosystèmes. De leur disparition découlent aussi des conséquences désastreuses sur la propagation de maladies, le stockage du dioxyde de carbone, les cours d’eau et les récoltes.

 

LA BIG CAT INITIATIVE

La situation des grands félins n’est plus seulement urgente : elle est tout simplement dramatique. Chez National Geographic, nous sommes conscients de la nécessité d’agir, de créer et de concevoir tout ce qui est nécessaire pour que l’avenir des grands félins ne soit plus menacé.

C'est ainsi qu'est née la Big Cats Initiative il y a 20 ans, en 2009, pensée autour d'une idée centrale : les grands félins ont besoin de grandes actions. Une campagne qui implique non seulement de protéger, de sensibiliser, mais aussi de financer des projets de recherches visant à préserver les espèces de grands félins, dont l’avenir dépend plus que jamais de nous.

La Big Cat Initiative a pour mission d'éviter l'extinction à laquelle les grands félins semblent condamnés. En s'associant aux plus grands experts, National Geographic finance les missions de terrain, les projets de recherche et de conservation et cherche sans cesse de nouveaux moyens pour sensibiliser le grand public au sort des grands félins.

Nous réunissons des biologistes, des conservationnistes et des explorateurs pour atteindre plusieurs objectifs : 

. Comptabiliser le nombre de grands félins à l'état sauvage 
. Soutenir les efforts de conservation et les projets favorisant la coexistence hommes-animaux dans les habitats naturels de ces félidés 
. Sensibiliser le grand public au risque d'extinction qui menace toutes les espèces de grands félins

Avec votre aide, nous avons soutenu plus d'une centaine d'initiatives et protégé 7 espèces iconiques de grands félins dans 28 pays, et construit plus de 1 800 espaces protégés pour préserver ces animaux. (En savoir plus sur la Big Cat Initiative)

Une course contre la montre qui peut sembler perdue d'avance, mais qu'il est indispensable d'entreprendre pour sauver ces magnifiques créatures et préserver l'équilibre de notre planète.

Big Cat Month | Du 3 au 24 février

Du 3 au 24 février, la chaîne de télévision National Geographic Wild consacre une programmation spéciale aux grands félins.

La National Geographic Society a pour vocation de repousser les limites de l'exploration pour assurer à l'humanité et à la faune un avenir durable. Ces missions sont financées grâce aux revenus générés par les plateformes National Geographic (magazines, chaînes de télévision, sites Internet et livres National Geographic) qui toutes reversent 27 % de leurs bénéfices à la National Geographic Society pour financer la recherche et l'exploration. 

Site dédié Big Cat Month : https://www.nationalgeographic.fr/big-cat-month

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