La conservation des espèces menacées ne devrait pas dépendre de leur popularité
Les efforts de conservation profitent principalement aux espèces les plus emblématiques, comme les pandas et les tigres, au détriment des espèces moins charismatiques.

Les nécrophores d’Amérique adultes nourrissent leur progéniture, un comportement parental extrêmement inhabituel chez les insectes.
Les nécrophores d’Amérique adultes nourrissent leur progéniture, un comportement parental extrêmement inhabituel chez les insectes.
Équivalent du vautour chez les insectes, le nécrophore d’Amérique était autrefois présent dans 35 États américains. Aujourd’hui, ce coléoptère qui se nourrit de tous types de carcasses dans les plaines fruitières est considéré comme en danger critique par l’Union internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). À cause, entre autres, de la réduction de son habitat, de l’utilisation des pesticides et de la pollution lumineuse, il n’existe plus que quatre populations disséminées de ce recycleur naturel.
Comme le tigre, le nécrophore d’Amérique arbore des rayures orange et noires. Comme le tigre, ses effectifs diminuent. Mais le coléoptère est méconnu du grand public, alors que le tigre est un symbole immédiatement reconnaissable de la préservation des espèces.
Cette différence de traitement est un exemple de la domination des espèces emblématiques, ces animaux charismatiques utilisés notamment par les organisations à but non lucratif et les organismes gouvernementaux afin de susciter l’intérêt du grand public pour la conservation animale. La plupart d’entre eux appartiennent à seulement trois ordres de mammifères : les primates, les prédateurs et les ongulés. Pourquoi ? Parce que les Hommes sont attirés par les animaux de grande taille, dont les yeux sont situés à l’avant de la tête et qui présentent des traits « humains », des animaux auxquels ils peuvent s’identifier en somme. Comme l’explique Hugh Possingham, scientifique en chef pour l’État du Queensland, en Australie, « il est difficile de regarder une plante dans les yeux ».

Considéré comme en danger critique, le tamarau n’est désormais présent que dans une seule région montagneuse de l’île Mindoro, aux Philippines. Selon les scientifiques, ce buffle nain a le potentiel de devenir une espèce emblématique en raison de sa rareté et de son apparence unique.
Considéré comme en danger critique, le tamarau n’est désormais présent que dans une seule région montagneuse de l’île Mindoro, aux Philippines. Selon les scientifiques, ce buffle nain a le potentiel de devenir une espèce emblématique en raison de sa rareté et de son apparence unique.
En tant que rédactrice et éditrice spécialiste de la faune sauvage, mon travail a toujours porté sur les espèces de l’ombre. Pourtant, rares sont ceux qui partagent mon point de vue. La plupart des fonds des organisations à but non lucratif destinés à la protection animale servent aux espèces « vedettes », telles que les grands singes, les éléphants, les fauves, les rhinocéros et les pandas géants. Le tigre est souvent désigné comme l’animal le plus populaire auprès du public dans les sondages, et l’Inde, qui abrite la majeure partie des effectifs de l’espèce, a dépensé plus de 40 millions d’euros rien que pour la conservation du grand félin en 2019.
C’est très bien, mais dans le même temps, de nombreuses espèces de poissons, de reptiles, d’amphibiens et d’oiseaux moins connues meurent dans l’indifférence. C’est notamment le cas du crocodile des Philippines, dont il ne reste plus qu’une centaine d’individus, ou de l’ange de mer, désormais disparu dans la mer du Nord et dont l’aire de répartition englobait autrefois les eaux européennes. Dans ce concours de popularité, les plantes et les invertébrés figurent dans le bas du classement : ainsi, en Amérique du Nord, il est peut-être déjà trop tard pour une moule d’eau douce. À l’échelle mondiale, ce sont plus de 35 500 espèces végétales et animales qui sont sur le point de disparaître à tout jamais.
Nous sommes donc confrontés à un dilemme. Le financement des efforts de conservation est insuffisant : les organismes fédéraux reçoivent en moyenne moins du quart des fonds nécessaires au rétablissement des espèces menacées. Il en va de même pour la philanthropie privée : en 2019 aux États-Unis, seuls 3 % des dons ont servi à la protection des animaux et de l’environnement. Comment pouvons-nous décider des espèces à sauver avec une cagnotte limitée ? La réponse est loin d’être évidente. Elle dépend de la probabilité de survie d’un animal, de sa contribution à notre économie (pour le saumon de l’Atlantique par exemple), des préférences personnelles des décideurs et, plus souvent, de celles des hommes et des femmes politiques.

Natif de l'Éthiopie et du nord du Kenya, le zèbre de Grévy doit parcourir une distance toujours plus grande pour trouver eau et nourriture à mesure que rétrécit son habitat. Cette espèce est aujourd'hui en danger.
Natif de l'Éthiopie et du nord du Kenya, le zèbre de Grévy doit parcourir une distance toujours plus grande pour trouver eau et nourriture à mesure que rétrécit son habitat. Cette espèce est aujourd'hui en danger.

Autrefois, le gavial du Gange évoluait dans les réseaux fluviaux d'eau douce du Pakistan au Myanmar. L'aire de répartition de cette espèce en danger critique d'extinction se limite désormais à l'Inde et au Népal.
Autrefois, le gavial du Gange évoluait dans les réseaux fluviaux d'eau douce du Pakistan au Myanmar. L'aire de répartition de cette espèce en danger critique d'extinction se limite désormais à l'Inde et au Népal.

Habitant normalement les forêts sempervirentes et semi-sempervirentes du Vietnam, de la Chine et du Laos, le gibbon à favoris blancs du nord est une espèce en danger qui a presque disparu à l'état sauvage.
Habitant normalement les forêts sempervirentes et semi-sempervirentes du Vietnam, de la Chine et du Laos, le gibbon à favoris blancs du nord est une espèce en danger qui a presque disparu à l'état sauvage.

Sous-espèce native de l'île indonésienne de Sumatra, ce grand félin est le plus petit des tigres, peut-être en raison de l'habitat insulaire isolé dans lequel il a évolué.
Sous-espèce native de l'île indonésienne de Sumatra, ce grand félin est le plus petit des tigres, peut-être en raison de l'habitat insulaire isolé dans lequel il a évolué.

Malgré son statut de symbole de l'immortalité, la grue du Japon est en danger à cause du rétrécissement des zones humides qui composent son habitat. C'est la seconde espèce de grue la plus rare au monde.
Malgré son statut de symbole de l'immortalité, la grue du Japon est en danger à cause du rétrécissement des zones humides qui composent son habitat. C'est la seconde espèce de grue la plus rare au monde.

Ces fourmiliers figurent parmi les mammifères les plus menacés d'Amérique Centrale, où les prairies dans lesquelles ils évoluent sont soumises à la pression de l'activité humaine.
Ces fourmiliers figurent parmi les mammifères les plus menacés d'Amérique Centrale, où les prairies dans lesquelles ils évoluent sont soumises à la pression de l'activité humaine.

Les chirurgiens bleus vivent dans les eaux cristallines des récifs coralliens. D'après les experts, près de 250 000 d'entre eux seraient prélevés chaque année dans la nature pour le commerce des aquariums.
Les chirurgiens bleus vivent dans les eaux cristallines des récifs coralliens. D'après les experts, près de 250 000 d'entre eux seraient prélevés chaque année dans la nature pour le commerce des aquariums.

Espèce en danger critique d'extinction, l'ara canindé a été considéré éteint pendant plusieurs années avant d'être à nouveau découvert dans les savanes du nord de la Bolivie en 1992.
Espèce en danger critique d'extinction, l'ara canindé a été considéré éteint pendant plusieurs années avant d'être à nouveau découvert dans les savanes du nord de la Bolivie en 1992.

Les grizzlis occupaient autrefois une grande partie de l'ouest de l'Amérique du Nord, mais l'arrivée des colons européens et la chasse agressive dont ils ont été victimes ont fini par décimer leur population.
Les grizzlis occupaient autrefois une grande partie de l'ouest de l'Amérique du Nord, mais l'arrivée des colons européens et la chasse agressive dont ils ont été victimes ont fini par décimer leur population.

Le geai à gorge blanche est la seule espèce d'oiseau endémique de Floride. La majeure partie de son habitat a été défrichée au profit de l'agriculture et de l'aménagement du territoire, ce qui a rendu l'espèce vulnérable à l'extinction.
Le geai à gorge blanche est la seule espèce d'oiseau endémique de Floride. La majeure partie de son habitat a été défrichée au profit de l'agriculture et de l'aménagement du territoire, ce qui a rendu l'espèce vulnérable à l'extinction.

Espèce en danger, le lapin des volcans vit sur les flancs de quatre volcans, tous situés à une quarantaine de minutes de la ville de Mexico.
Espèce en danger, le lapin des volcans vit sur les flancs de quatre volcans, tous situés à une quarantaine de minutes de la ville de Mexico.

La tortue imbriquée est une espèce en danger hautement migratoire qui vit dans les eaux tropicales. Elle est chassée pour sa remarquable carapace.
La tortue imbriquée est une espèce en danger hautement migratoire qui vit dans les eaux tropicales. Elle est chassée pour sa remarquable carapace.

Autrefois, les lycaons rôdaient sur l'ensemble du continent africain mais leurs populations ont considérablement diminué en raison de la perte de leur habitat et des menaces que représentent les agriculteurs craignant pour leur bétail.
Autrefois, les lycaons rôdaient sur l'ensemble du continent africain mais leurs populations ont considérablement diminué en raison de la perte de leur habitat et des menaces que représentent les agriculteurs craignant pour leur bétail.

Ce papillon est célèbre pour sa migration saisonnière. À l'hiver, des millions de monarques quittent le nord des États-Unis et le Canada pour se réfugier plus au sud, au Mexique ou en Californie.
Ce papillon est célèbre pour sa migration saisonnière. À l'hiver, des millions de monarques quittent le nord des États-Unis et le Canada pour se réfugier plus au sud, au Mexique ou en Californie.

Le lézard crocodile de Chine est le dernier représentant de son genre et de sa famille, dont les origines remontent à plus de 100 millions d'années. L'habitat de cette espèce en danger ne cesse de rétrécir à cause de la déforestation.
Le lézard crocodile de Chine est le dernier représentant de son genre et de sa famille, dont les origines remontent à plus de 100 millions d'années. L'habitat de cette espèce en danger ne cesse de rétrécir à cause de la déforestation.

Le koala est un animal emblématique de l'Australie. Parfois appelé « ours » koala, cet animal arboricole est en fait un marsupial, un mammifère équipé d'une poche ventrale réservée à la croissance des petits.
Le koala est un animal emblématique de l'Australie. Parfois appelé « ours » koala, cet animal arboricole est en fait un marsupial, un mammifère équipé d'une poche ventrale réservée à la croissance des petits.

Les rhinocéros blancs du Sud étaient considérés comme éteints à la fin du 19e siècle jusqu'à la découverte d'une petite population en Afrique du Sud en 1895. Le braconnage pour leur corne reste une menace sérieuse pour cet animal en danger.
Les rhinocéros blancs du Sud étaient considérés comme éteints à la fin du 19e siècle jusqu'à la découverte d'une petite population en Afrique du Sud en 1895. Le braconnage pour leur corne reste une menace sérieuse pour cet animal en danger.

Les manchots de Magellan sont l'une des espèces de manchots dont la survie est sérieusement menacée, notamment par la pollution pétrolière chronique et le changement climatique.
Les manchots de Magellan sont l'une des espèces de manchots dont la survie est sérieusement menacée, notamment par la pollution pétrolière chronique et le changement climatique.

Les dendrobates à tapirer vivent dans les forêts tropicales sud-américaines où elles sont confrontées à des menaces comme la déforestation et le changement climatique.
Les dendrobates à tapirer vivent dans les forêts tropicales sud-américaines où elles sont confrontées à des menaces comme la déforestation et le changement climatique.

Habitant la partie sud de l'Afrique, les bucorves du sud sont vulnérables à l'extinction car la pollution, la déforestation et l'agriculture détruisent leur habitat.
Habitant la partie sud de l'Afrique, les bucorves du sud sont vulnérables à l'extinction car la pollution, la déforestation et l'agriculture détruisent leur habitat.

Les chauves-souris de l'espèce en danger Leptonycteris yerbabuenae sont d'importants pollinisateurs qui contribuent au maintien des écosystèmes désertiques du nord du Mexique et du sud-ouest des États-Unis.
Les chauves-souris de l'espèce en danger Leptonycteris yerbabuenae sont d'importants pollinisateurs qui contribuent au maintien des écosystèmes désertiques du nord du Mexique et du sud-ouest des États-Unis.

Le corail corne de cerf est un animal qui vit dans les eaux peu profondes des récifs coralliens, des lagunes et des côtes. Le changement climatique menace la survie de ces coraux car il perturbe leur relation symbiotique avec les algues.
Le corail corne de cerf est un animal qui vit dans les eaux peu profondes des récifs coralliens, des lagunes et des côtes. Le changement climatique menace la survie de ces coraux car il perturbe leur relation symbiotique avec les algues.

Le cobra royal est le plus long des serpents venimeux. Confrontés à diverses menaces issues de l'activité humaine, ces serpents sont vulnérables à l'extinction.
Le cobra royal est le plus long des serpents venimeux. Confrontés à diverses menaces issues de l'activité humaine, ces serpents sont vulnérables à l'extinction.

Le jaguar est le seul grand félin vivant sur le continent américain et le troisième plus imposant au monde après le tigre et le lion. Ils ressemblent beaucoup aux léopards, qui eux vivent en Afrique et en Asie, mais les taches des jaguars sont plus complexes avec un point en leur centre.
Le jaguar est le seul grand félin vivant sur le continent américain et le troisième plus imposant au monde après le tigre et le lion. Ils ressemblent beaucoup aux léopards, qui eux vivent en Afrique et en Asie, mais les taches des jaguars sont plus complexes avec un point en leur centre.

Le poisson-scie septentrional nageait autrefois dans les eaux chaudes du monde entier. La surpêche des poissons-scies et leur tendance à s'emmêler dans les filets de pêche destinés à la capture d'autres espèces sont parmi les plus grandes menaces qui pèsent sur ces poissons.
Le poisson-scie septentrional nageait autrefois dans les eaux chaudes du monde entier. La surpêche des poissons-scies et leur tendance à s'emmêler dans les filets de pêche destinés à la capture d'autres espèces sont parmi les plus grandes menaces qui pèsent sur ces poissons.

Les okapis vivent dans les forêts pluviales du Congo. Les chercheurs estiment que les populations de ces animaux en danger auraient été divisées par deux au cours des vingt dernières années.
Les okapis vivent dans les forêts pluviales du Congo. Les chercheurs estiment que les populations de ces animaux en danger auraient été divisées par deux au cours des vingt dernières années.

La grenouille glissante du Togo, Conraua derooi, est une espèce en danger critique d'extinction qui peuple les cascades et les ruisseaux le long de la frontière entre le Ghana et le Togo. Les activités humaines, comme la déforestation et la pêche, sont en train de détruire leur habitat.
La grenouille glissante du Togo, Conraua derooi, est une espèce en danger critique d'extinction qui peuple les cascades et les ruisseaux le long de la frontière entre le Ghana et le Togo. Les activités humaines, comme la déforestation et la pêche, sont en train de détruire leur habitat.

Espèce en danger critique d'extinction, l'iguane de Jamaïque est le plus grand animal natif de ce pays. Il est confronté à des menaces multiples, notamment les espèces invasives et la perte de son habitat.
Espèce en danger critique d'extinction, l'iguane de Jamaïque est le plus grand animal natif de ce pays. Il est confronté à des menaces multiples, notamment les espèces invasives et la perte de son habitat.

Célèbres pour leur migration de tous les records (la plus longue du monde animal), les sternes arctiques devraient essuyer une perte de 20 à 50 % de leur habitat en raison du changement climatique selon les estimations.
Célèbres pour leur migration de tous les records (la plus longue du monde animal), les sternes arctiques devraient essuyer une perte de 20 à 50 % de leur habitat en raison du changement climatique selon les estimations.

Le lion d'Afrique est un animal glorifié dans le monde entier mais sa population a diminué de moitié au cours des 25 dernières années. Les conflits avec les humains sont l'une des principales menaces qui pèsent sur leur survie.
Le lion d'Afrique est un animal glorifié dans le monde entier mais sa population a diminué de moitié au cours des 25 dernières années. Les conflits avec les humains sont l'une des principales menaces qui pèsent sur leur survie.

Évoluant dans le sud-est des États-Unis, la tortue gaufrée est essentielle au maintien de son écosystème. L'urbanisation et d'autres menaces ont toutefois rendu cette espèce vulnérable à l'extinction.
Évoluant dans le sud-est des États-Unis, la tortue gaufrée est essentielle au maintien de son écosystème. L'urbanisation et d'autres menaces ont toutefois rendu cette espèce vulnérable à l'extinction.

Le phoque moine d'Hawaï est une espèce en danger qui vit sur les îles hawaïennes du Nord-Ouest. La hausse du niveau des mers entraînée par le changement climatique met en danger son habitat et sa source de nourriture.
Le phoque moine d'Hawaï est une espèce en danger qui vit sur les îles hawaïennes du Nord-Ouest. La hausse du niveau des mers entraînée par le changement climatique met en danger son habitat et sa source de nourriture.

Le rhinocéros à deux cornes de Sumatra partage le sombre titre de rhinocéros le plus menacé de la planète avec son cousin régional, le rhinocéros de Java, tous deux considérés en danger critique d'extinction.
Le rhinocéros à deux cornes de Sumatra partage le sombre titre de rhinocéros le plus menacé de la planète avec son cousin régional, le rhinocéros de Java, tous deux considérés en danger critique d'extinction.

Avec les bonobos, les chimpanzés sont nos plus proches parents vivants. Nous partageons avec eux 98,7 % de notre patrimoine génétique. Les humains et les chimpanzés auraient également un ancêtre commun qui vivait il y a 7 à 13 millions d'années.
Avec les bonobos, les chimpanzés sont nos plus proches parents vivants. Nous partageons avec eux 98,7 % de notre patrimoine génétique. Les humains et les chimpanzés auraient également un ancêtre commun qui vivait il y a 7 à 13 millions d'années.

Le pangolin javanais est une espèce en danger critique d'extinction. Comme les autres espèces de pangolins vivant en Asie et en Afrique, le braconnage dont il est victime pour sa viande et ses écailles le pousse peu à peu vers l'extinction. Même s'il n'existe aucune preuve scientifique de leur efficacité, les écailles du pangolin sont un ingrédient prisé de la médecine traditionnelle chinoise.
Le pangolin javanais est une espèce en danger critique d'extinction. Comme les autres espèces de pangolins vivant en Asie et en Afrique, le braconnage dont il est victime pour sa viande et ses écailles le pousse peu à peu vers l'extinction. Même s'il n'existe aucune preuve scientifique de leur efficacité, les écailles du pangolin sont un ingrédient prisé de la médecine traditionnelle chinoise.

Au 19e siècle, les efforts visant à éradiquer le diable de Tasmanie alors considéré comme un nuisible tueur de bétail ont presque porté leurs fruits. En 1941, le gouvernement en a fait une espèce protégée et depuis leur nombre est en constante augmentation.
Au 19e siècle, les efforts visant à éradiquer le diable de Tasmanie alors considéré comme un nuisible tueur de bétail ont presque porté leurs fruits. En 1941, le gouvernement en a fait une espèce protégée et depuis leur nombre est en constante augmentation.

Les crapauds de l'espèce Peltophryne lemur ont été considérés éteints de 1931 à 1967, date à laquelle une population a été découverte dans le nord de Porto Rico. Selon les scientifiques, il ne resterait à l'état sauvage que 1 000 à 3 000 représentants adultes de cette espèce.
Les crapauds de l'espèce Peltophryne lemur ont été considérés éteints de 1931 à 1967, date à laquelle une population a été découverte dans le nord de Porto Rico. Selon les scientifiques, il ne resterait à l'état sauvage que 1 000 à 3 000 représentants adultes de cette espèce.

D'après certaines estimations, les populations d'anguilles d'Europe atteindraient aujourd'hui moins d'un pour cent de leurs niveaux historiques. Cet animal figure désormais sur la liste des espèces en danger critique d'extinction dressée par l'Union internationale pour la conservation de la nature.
D'après certaines estimations, les populations d'anguilles d'Europe atteindraient aujourd'hui moins d'un pour cent de leurs niveaux historiques. Cet animal figure désormais sur la liste des espèces en danger critique d'extinction dressée par l'Union internationale pour la conservation de la nature.

En 1980, les groupes de conservation ont tenté par tous les moyens d'empêcher l'extinction du condor de Californie. Alors qu'il ne restait que 10 d'entre eux dans la nature, la décision a été prise de les rassembler pour un élevage en captivité. En 1987, alors que le dernier oiseau sauvage entrait en captivité, il n'y avait plus que 27 condors dans le monde.
En 1980, les groupes de conservation ont tenté par tous les moyens d'empêcher l'extinction du condor de Californie. Alors qu'il ne restait que 10 d'entre eux dans la nature, la décision a été prise de les rassembler pour un élevage en captivité. En 1987, alors que le dernier oiseau sauvage entrait en captivité, il n'y avait plus que 27 condors dans le monde.

Avec son éclatante couronne de plumes dorées, la grue royale est principalement menacée par l'Homme qui voit en cet oiseau un symbole de statut social, ce qui entraîne un braconnage et un trafic à grande échelle.
Avec son éclatante couronne de plumes dorées, la grue royale est principalement menacée par l'Homme qui voit en cet oiseau un symbole de statut social, ce qui entraîne un braconnage et un trafic à grande échelle.

Aujourd'hui, presque tous les escargots Partula vivent en captivité. Après sa disparition à l'état sauvage, le zoo de Détroit était le seul lieu de résidence connu au monde de cet animal.
Aujourd'hui, presque tous les escargots Partula vivent en captivité. Après sa disparition à l'état sauvage, le zoo de Détroit était le seul lieu de résidence connu au monde de cet animal.

L'expansion des établissements humains, notamment pour le pâturage du bétail, a entraîné une augmentation du nombre de conflits avec ce grand félin. Les bergers tuent parfois les panthères des neiges pour empêcher leur prédation sur les animaux domestiques ou se venger.
L'expansion des établissements humains, notamment pour le pâturage du bétail, a entraîné une augmentation du nombre de conflits avec ce grand félin. Les bergers tuent parfois les panthères des neiges pour empêcher leur prédation sur les animaux domestiques ou se venger.

En tant que plus grand mammifère de son écosystème, le tapir de Baird représente une source non négligeable de nourriture pour les locaux. Cependant, une chasse trop importante pourrait provoquer le déclin des populations au-delà du point de non-retour, en particulier pour cette espèce au taux de reproduction relativement bas.
En tant que plus grand mammifère de son écosystème, le tapir de Baird représente une source non négligeable de nourriture pour les locaux. Cependant, une chasse trop importante pourrait provoquer le déclin des populations au-delà du point de non-retour, en particulier pour cette espèce au taux de reproduction relativement bas.

L'une des plus grandes menaces qui pèsent sur le vautour africain est l'empoisonnement, qui peut se produire de différentes façons. Bon nombre d'éleveurs administrent à leurs animaux un anti-inflammatoire mortel pour les vautours s'ils l'ingèrent en s'alimentant sur une carcasse. Il arrive également que les éleveurs enduisent de poison les carcasses pour tuer les grands félins en représailles de leurs attaques. Les pesticides sont un autre problème, tout comme les balles, non pas qu'elles soient tirées directement sur les vautours mais ces derniers se nourrissent parfois de la viande d'animaux touchés par les balles des chasseurs et morts à petit feu d'un empoisonnement au plomb.
L'une des plus grandes menaces qui pèsent sur le vautour africain est l'empoisonnement, qui peut se produire de différentes façons. Bon nombre d'éleveurs administrent à leurs animaux un anti-inflammatoire mortel pour les vautours s'ils l'ingèrent en s'alimentant sur une carcasse. Il arrive également que les éleveurs enduisent de poison les carcasses pour tuer les grands félins en représailles de leurs attaques. Les pesticides sont un autre problème, tout comme les balles, non pas qu'elles soient tirées directement sur les vautours mais ces derniers se nourrissent parfois de la viande d'animaux touchés par les balles des chasseurs et morts à petit feu d'un empoisonnement au plomb.

Le braconnage pour le trafic d'ivoire est la plus grande menace qui pèse sur les éléphants d'Afrique. Avant la colonisation de l'Afrique par les Européens, il y avait peut-être 26 millions d'éléphants. En 1970, ils n'étaient plus que 1,3 million.
Le braconnage pour le trafic d'ivoire est la plus grande menace qui pèse sur les éléphants d'Afrique. Avant la colonisation de l'Afrique par les Européens, il y avait peut-être 26 millions d'éléphants. En 1970, ils n'étaient plus que 1,3 million.

En 1980, l'Indonésie a créé le parc national de Komodo afin de protéger le dragon de Komodo et son habitat. Ce refuge de 1 800 km² est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le parc collabore avec les communautés locales pour sensibiliser le public à cette espèce et à l'importance de sa protection.
En 1980, l'Indonésie a créé le parc national de Komodo afin de protéger le dragon de Komodo et son habitat. Ce refuge de 1 800 km² est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Le parc collabore avec les communautés locales pour sensibiliser le public à cette espèce et à l'importance de sa protection.

L'agriculture, le pâturage et l'extension des établissements humains empiètent de plus en plus sur les zones humides occupées par ces gorilles. Le changement climatique menace également leur habitat avec le réchauffement des températures qui assèche la région, ce qui la rend encore plus vulnérable aux incendies et au recul de la forêt.
L'agriculture, le pâturage et l'extension des établissements humains empiètent de plus en plus sur les zones humides occupées par ces gorilles. Le changement climatique menace également leur habitat avec le réchauffement des températures qui assèche la région, ce qui la rend encore plus vulnérable aux incendies et au recul de la forêt.

Évoluant dans les eaux côtières des Caraïbes et du golfe du Mexique, le lamantin des Caraïbes est confronté aux menaces grandissantes que sont la pollution, la pêche et les collisions avec les bateaux.
Évoluant dans les eaux côtières des Caraïbes et du golfe du Mexique, le lamantin des Caraïbes est confronté aux menaces grandissantes que sont la pollution, la pêche et les collisions avec les bateaux.

Le pinché à crête blanche est une espèce en danger d'extinction qui vit dans une petite zone au nord-est de la Colombie, actuellement menacée par la déforestation.
Le pinché à crête blanche est une espèce en danger d'extinction qui vit dans une petite zone au nord-est de la Colombie, actuellement menacée par la déforestation.

La caouanne est l'espèce la plus commune de tortues marines vivant dans les eaux territoriales des États-Unis. Cependant, le déclin persistant de la population en raison de la pollution, de la pêche à la crevette au chalut et de l'aménagement de leurs zones de reproduction, entre autres facteurs, a poussé les autorités à maintenir ces animaux sur la liste des espèces en danger d'extinction dans le cadre de l'Endangered Species des Act des États-Unis depuis 1978.
La caouanne est l'espèce la plus commune de tortues marines vivant dans les eaux territoriales des États-Unis. Cependant, le déclin persistant de la population en raison de la pollution, de la pêche à la crevette au chalut et de l'aménagement de leurs zones de reproduction, entre autres facteurs, a poussé les autorités à maintenir ces animaux sur la liste des espèces en danger d'extinction dans le cadre de l'Endangered Species des Act des États-Unis depuis 1978.
Le tri, bien que controversé, constitue une solution potentielle à ce problème. Il consiste à déterminer rapidement quelles espèces peuvent être sauvées ou non. Lorsque le nombre de condors de Californie, des charognards qui assurent la bonne santé de leur habitat, avait chuté pour atteindre 22 individus à l’état sauvage dans les années 1980, on a débattu de la nécessité d’investir de manière accrue dans la reproduction en captivité de l’espèce ou de ne rien faire. La proposition de la reproduction l’emporta finalement et plus de 500 condors de Californie sauvages vivent désormais en Californie, dans l’Utah, en Arizona et dans le nord du Mexique. Cette décision est souvent saluée comme intelligente.
Dans d’autres cas, les décisions de conservation non éclairées ou ponctuelles peuvent aboutir à une mauvaise utilisation des fonds, estime Leah Gerber, scientifique de la conservation à l’université d’État de l’Arizona.
L’U.S. Fish and Wildlife Service a ainsi dépensé plus de quatre millions de dollars (environ 3,3 millions d’euros) par an pour accroître la population de la chouette tachetée du Nord, une espèce endémique des forêts primaires du nord-ouest de la côte Pacifique. Malgré l’investissement, Leah Gerber indique que le nombre d’individus n’augmente pas et que cet effort est considéré comme un « échec onéreux ». À l’inverse, le gouvernement a alloué environ 140 000 dollars (117 000 euros) par an à la conservation du coryphantha ramillosa, une espèce menacée de cactus endémique du Texas. Malgré ces fonds plutôt modestes, la scientifique indique que le rétablissement du cactus ne nécessite plus que quelques dizaines de milliers de dollars d’investissement supplémentaires.
Afin de mieux identifier les espèces pouvant être sauvées sans être influencés, Leah Gerber et d’autres conservateurs ont mis au point plusieurs outils analytiques. Ils utilisent la méthode du sac à dos pour en « avoir le plus pour leur argent » en matière de sauvegarde d’espèces, indique la scientifique. Celle-ci s’inspire de la nécessité, pour un randonneur, de n’emporter avec lui que les objets les plus importants. L’algorithme employé par cette méthode identifie les stratégies de conservation les plus efficaces en s’appuyant sur plusieurs facteurs, comme les fonds nécessaires au rétablissement d’une espèce et la probabilité qu’elle disparaisse.

Cousin du tigre de Tasmanie avec des airs d’écureuil, le numbat, ou myrmécobie à bandes, est le dernier marsupial carnivore sur Terre. Il a disparu de plus de 99 % de son aire de répartition.
Cousin du tigre de Tasmanie avec des airs d’écureuil, le numbat, ou myrmécobie à bandes, est le dernier marsupial carnivore sur Terre. Il a disparu de plus de 99 % de son aire de répartition.
Hugh Possingham a mis au point un modèle similaire, un protocole de priorisation des projets, qui est utilisé par les gouvernements australien et néozélandais. Celui-ci atténue la pression et la controverse entourant le choix des espèces à sauver en se concentrant sur le rapport coût-efficacité. « La méthodologie employée correspond exactement à celle que vous utilisez lorsque vous achetez des pommes de terre, du riz et de la viande. C’est juste du bon sens », explique le scientifique.
Une autre approche consiste à classer par ordre de priorité les espèces menacées en fonction de leur singularité. Le programme EDGE (Evolutionarily Distinct and Globally Endangered species, ou espèces à l'évolution distincte et menacées de disparition en français) concerne ainsi les plantes et les animaux dont les proches parents sont peu nombreux et qui sont susceptibles de représenter une branche entière de l’histoire de l’évolution à eux seuls. La disparition d’espèces EDGE comme l’aye-aye de Madagascar, le numbat d’Australie, le Bec-en-sabot du Nil d’Afrique ou encore la salamandre géante de Chine pourrait provoquer la suppression « d’une foule de bénéfices dans l’arbre de vie que nous n’avons pas encore étudiés », indique Nisha Owen, membre de l’organisation britannique à but non lucratif On the EDGE Conservation. Elle donne l’exemple de l’axolotl, une salamandre endémique du Mexique en danger critique d’extinction, dont les propriétés régénératrices pourraient faire avancer la médecine humaine.
Selon Nisha Owen, le modèle du triage permet de savoir quelles sont les espèces que nous allons « abandonner », tandis que le modèle EDGE identifie celles sur lesquelles il faut concentrer nos efforts. En notant les espèces en fonction de leur singularité évolutive et du niveau de menace qui pèse sur elles, le modèle EDGE donne la priorité aux animaux ayant les notes les plus élevées. La conservatrice estime que 90 des 100 espèces dont la sauvegarde est une priorité absolue doivent faire l’objet d’efforts de conservation plus importants.

Plus grand oiseau terrestre d’Amérique du Nord avec ses 2,90 m d’envergure, le condor de Californie est toujours en danger critique d’extinction. Pour accroître les effectifs de l’espèce, les scientifiques ont relâché en Californie, dans l’Utah et en Arizona, des condors nés en captivité.
Plus grand oiseau terrestre d’Amérique du Nord avec ses 2,90 m d’envergure, le condor de Californie est toujours en danger critique d’extinction. Pour accroître les effectifs de l’espèce, les scientifiques ont relâché en Californie, dans l’Utah et en Arizona, des condors nés en captivité.
D'aucuns estiment que les efforts de conservation doivent porter sur les écosystèmes dans leur globalité et non pas sur des espèces individuelles. D’autres défendent la méthode du parapluie, selon laquelle les plus petits animaux vivant au sein de l’habitat d’une espèce emblématique bénéficient de la protection de cette dernière.
Mais cela ne fonctionne pas toujours. Prenez le très apprécié panda géant : les nombreux efforts fournis par la Chine pour sauver son icône nationale lui ont partiellement permis de protéger la plupart des oiseaux et mammifères endémiques des forêts où vit l’ursidé blanc et noir, comme le faisan de Lady Armherst et le rhinopithèque de Roxellane, précise Stuart Pimm, conservateur à l’université Duke.
À l’inverse, la grenouille violette, une espèce menacée que l’on ne trouve que dans l’aire de répartition des tigres du Bengale dans les Ghats occidentaux, en Inde, n’a pas bénéficié des investissements massifs réalisés dans l’habitat des félins, poursuit le conservateur. Cela s’explique par les besoins très différents de l’amphibien et du tigre : pour prospérer, le premier nécessite un territoire parsemé de ruisseaux rapides et exempt de routes.
Stuart Pimm met toutefois en garde contre l’utilisation des failles éventuellement présentes dans les méthodes de conservation les plus élaborées et les plus rationnelles comme « excuse pour ne pas avoir à prendre de décisions difficiles ». Il estime que les données ne doivent pas être utilisées seules, au risque de donner aux organismes gouvernementaux le feu vert pour laisser des espèces disparaître, et même de fournir une raison scientifique à une décision politique.
Je pense que la plupart de ceux qui se soucient des animaux sont d’accord pour dire que le charisme est une question de perception. Mais, alors, ne pourrions-nous pas allonger la liste des animaux intéressants, voire beaux ? Selon Bob Smith, conservateur à l’université du Kent, c’est tout à fait possible. Il existe même un nom pour ces espèces : les espèces Cendrillon. Ces dernières sont principalement des animaux menacés très appréciés du grand public mais dont le potentiel d’espèces emblématiques est ignoré. C’est notamment le cas du tamarau, de l’âne sauvage d’Afrique et du raton laveur pygmée. Le conservateur en est convaincu, « les espèces moins connues et qui paraissent moins intéressantes peuvent faire de bons animaux emblématiques si l’on redouble les efforts marketing ».
Récemment, Bob Smith a enterré un autre mythe sur les espèces emblématiques dans une étude : celles-ci n’aident pas à faire connaître les régions les plus menacées et les plus riches d’un point de vue biodiversité. Grâce au modèle de priorisation qu’il a créé, le conservateur a démontré que les zones de conservation les plus importantes au monde abritent plus de 500 espèces emblématiques et espèces Cendrillon, d’oiseaux et de reptiles. En outre, attirer davantage l’attention sur celles-ci peut accroître les financements et favoriser les campagnes publiques de protection des habitats naturels.
Ne vous y trompez pas, sauver les pandas et les tigres reste admirable. « J’ai choisi la conservation parce que j’aimais ces espèces », reconnaît ainsi Bob Smith. « C’est très bien, mais en tant que conservateurs, notre travail consiste à faire aimer les autres espèces au public ».
Explorateur National Geographic et photographe, Joel Sartore est le fondateur de la National Geographic Photo Ark, un projet photographique pluriannuel dont l’objectif est d’encourager le grand public à s’investir dans la sauvegarde des espèces menacées avant qu’il ne soit trop tard. Photo Ark bénéficie du soutien de la National Geographic Society depuis 2012.
Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.
