Environnement : en 2023, des signaux d'alerte et quelques lueurs d’espoir

Le changement climatique refaçonne rapidement la vie sur Terre. Cette année cependant, nos efforts nous ont permis de franchir des étapes importantes.

De Kieran Mulvaney
Publication 18 déc. 2023, 16:17 CET
En septembre, des inondations meurtrières que l’on peut voir ici ont frappé le Brésil. Chaleurs extrêmes, ...

En septembre, des inondations meurtrières que l’on peut voir ici ont frappé le Brésil. Chaleurs extrêmes, feux de forêt, inondations… Toutes ces catastrophes naturelles ont été observées en 2023, signes d'une planète qui se réchauffe.

PHOTOGRAPHIE DE Christian Rizzi, AFP, Getty Images

Hausse des températures, fonte de la banquise Arctique, feux de forêt cataclysmiques au Canada : en 2023, les effets du changement climatique et les menaces environnementales qui pèsent sur la faune et la flore ont battu de nouveaux records.

Cependant, tout n'a pas été néfaste. Parmi les motifs d'inquiétude sont apparus quelques raisons d'espérer.

La tendance à l'abandon des combustibles fossiles au profit des énergies renouvelables se poursuit à un rythme soutenu, même si cela reste insuffisant. Si certaines espèces ont été déclarées éteintes, d'autres sont réapparues pour la première fois depuis des décennies. Le cinquantième anniversaire de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) a mis en évidence le fait que certaines espèces, qui semblaient vouées à disparaître, prospéraient aujourd'hui dans une certaine mesure.

Voici six événements environnementaux marquants, positifs et négatifs, qui se sont produits en 2023.

 

POURSUITE DE LA HAUSSE DES TEMPÉRATURES

Deux semaines avant qu’elle ne se termine, il semblerait que 2023 soit en passe de devenir l'année la plus chaude jamais enregistrée, avec des températures moyennes supérieures d'environ 1,40 degré Celsius à ce qu'elles étaient avant la révolution industrielle. Les mois de juillet, août, septembre et octobre ont été les plus chauds jamais enregistrés. Le mois de juillet détient quant à lui la palme du mois le plus chaud jamais observé avec un 4 juillet qui décroche le record de la journée la plus chaude, peut-être même l'une des plus chaudes des 125 000 dernières années.

Les émissions mondiales de carbone provenant des combustibles fossiles, principal moteur de ces hausses de température, ont également atteint un nouveau record en 2023, en augmentation de 1,1 % depuis 2022.

Cette chaleur extrême a également été alimentée par un puissant phénomène météorologique, El Niño, qui est apparu au printemps dernier dans l'hémisphère nord et s'est rapidement développé au cours de l'été. Selon l'Organisation météorologique mondiale, ce phénomène devrait entraîner des températures encore plus élevées en 2024.

 

PROPAGATION DES DÉGÂTS CAUSÉS PAR LES FEUX DE FORÊT

Cette année a été marquée par une succession d'événements météorologiques extrêmes mais peu d’entre eux ont été plus prégnants que les feux de forêt qui ont ravagé des pans entiers du Canada et pollué le ciel d'une grande partie des États-Unis. En 2023, un peu moins de 18,5 millions d'hectares ont brûlé dans tout le pays, soit près de trois fois plus que le précédent record et une superficie environ deux fois plus grande que celle du Portugal.

Selon une étude du Service Copernicus concernant le changement climatique (C3S), les feux de forêt au Canada ont émis 410 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, soit à peu près l'équivalent des émissions du Mexique en 2021. Ce chiffre n’est pas très loin des 546 millions de tonnes que le Canada a lui-même émises en 2022 du fait de l'activité humaine.

 

FONTE DES BANQUISES DE L’ARCTIQUE ET DE L'ANTARCTIQUE 

La région la plus septentrionale de la Terre continue de se réchauffer, et ce, quatre fois plus vite que le reste de la planète.

En décembre, l’Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique a publié son rapport annuel sur l'Arctique qui révèle que 2023 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée pour la région.

Puisque les ours polaires dépendent de la banquise pour chasser, certains scientifiques pensent que le réchauffement climatique est la plus grande menace qui pèse sur la perpétuation de leur espèce.
PHOTOGRAPHIE DE Ole J Liodden

Au Groenland, à la station Summit, située en altitude sur la calotte glaciaire, les températures ont, de manière temporaire, légèrement dépassé zéro degré Celsius le 26 juin, ce qui ne s'est produit que cinq fois au cours des trente-quatre dernières années.

À l'autre bout de la planète, la banquise a atteint un niveau historiquement bas. Depuis plusieurs années, la banquise l'Antarctique, qui fond presque entièrement chaque été, reste stable malgré le réchauffement de l'océan. Les chercheurs ont proposé un certain nombre d'explications quant à ce phénomène mais ont prédit qu'un jour viendrait où celle-ci commencerait à reculer. Ce moment est arrivé.

La surface maximale de la banquise de l’Antarctique pour l'année a été la plus faible jamais enregistrée : un peu moins de dix-sept millions de kilomètres carrés, soit près d’un million de kilomètres carrés de moins que le niveau le plus bas jamais atteint. Ceci est préoccupant pour la faune de l’Antarctique, notamment les manchots et les phoques dont elle constitue le domaine vital.

 

AUGMENTATION DES CAPACITÉS D’ÉNERGIES RENOUVELABLES

La COP28, Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, s'est achevée en décembre sur l'engagement suivant : tripler la capacité mondiale d'énergies renouvelables d'ici à 2030.

Cela nécessiterait très certainement davantage d'investissements dans le secteur mais il y a des raisons de croire que ces derniers sont possibles. L'utilisation des énergies renouvelables a déjà atteint de nouveaux records en 2023.

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a déclaré en juillet que la capacité mondiale en matière d'énergies renouvelables augmentera de 440 gigawatts au cours de l'année 2023, soit 107 gigawatts de plus que l’augmentation de 2022. Les deux tiers de cet accroissement sont dus à la croissance de la capacité d'énergie solaire photovoltaïque, a ajouté l'AIE.

Selon un rapport publié en début d'année par Ember, groupe de réflexion sur l'énergie, l'éolien et le solaire ont fourni ensemble 14,3 % de l'électricité mondiale au cours du premier semestre 2023, contre 12,8 % en 2022. Cinquante pays ont établi des records mensuels de production solaire au cours de cette même période. La production d’énergie provenant de l’hydroélectricité a quant à elle légèrement diminué, en grande partie à cause des sécheresses en Chine.

 

PRISE D’AMPLEUR DES VÉHICULES ÉLECTRIQUES

La révolution des énergies propres s'étend aux transports individuels. Bien que les ventes aient été inférieures à ce qu'espéraient les constructeurs automobiles, le nombre de véhicules électriques en circulation a connu une augmentation significative.

Selon une étude, les ventes mondiales des véhicules électriques les plus courants ont augmenté de 20 % cette année. Elles se sont accrues de 43 % aux États-Unis et au Canada, ainsi que de 25 % en Chine.

Selon le Zero Emission Vehicles Factbook de BloombergNEF, rapport annuel sur les véhicules zéro émission, les prévisions concernant le nombre de véhicules 100 % électriques sur les routes d'ici 2030 ont augmenté de 26 % par rapport à 2022. Il est également estimé que tous les véhicules zéro émission combinés représenteront jusqu'à 75 % des ventes mondiales de véhicules de tourisme en 2040.

Cette augmentation est principalement due à la Chine où plus de 25 % des nouveaux véhicules de tourisme vendus sont électriques.

 

DISPARITION ET REDÉCOUVERTES D’ESPÈCES

En mai, une étude portant sur 71 000 espèces animales a révélé que 48 % d'entre elles étaient en déclin, 49 % restaient stables et seulement 3 % voyaient leur population augmenter. Cette même étude a conclu qu'un tiers des espèces animales qui n’étaient pas actuellement considérées comme étant en danger connaissaient néanmoins un déclin qui menaçait leur survie à long terme.

Le gouvernement américain a retiré vingt-et-une espèces de la Liste rouge des espèces menacées car celles-ci sont désormais considérées comme éteintes, notamment la roussette de Guam (Pteropus tokudae), la paruline de Bachman (Vermivora bachmanii) et plusieurs espèces d'oiseaux, de moules et de poissons. Toutefois, à l'occasion du cinquantième anniversaire de la CITES, la survie de plusieurs autres espèces, dont le pygargue à tête blanche (Haliaeetus leucocephalus), le faucon pèlerin (Falco peregrinus) et l'alligator d’Amérique (Alligator mississippiensis), témoigne de ce qu'il est possible d'accomplir lorsque des mesures de protection sont prises.

Certaines espèces, considérées comme éteintes, ont été redécouvertes en 2023, notamment la taupe dorée de De Winton (Cryptochloris wintoni), observée pour la dernière fois en 1937, ainsi que l’échidné à long bec d'Attenborough (Zaglossus attenboroughi), une espèce d'échidné nommé d’après Sir David Attenborough et décrite comme ayant « les épines d'un hérisson, le museau d'un fourmilier et les pattes d'une taupe ». Celle-ci a refait surface en Indonésie après plus de soixante ans.

Autre exemple d'efforts de conservation ayant porté leurs fruits : il y a moins de dix ans, plus de la moitié des antilopes saïgas du monde sont décédées d’une mystérieuse maladie. Leur retour est un phénomène rare de réussite de conservation. L'espèce, partiellement rétablie, est passée du statut de « en danger critique d'extinction » à « quasi menacée » dans la liste rouge de l'IUCN.

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    Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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