Peut-on vraiment parler de réchauffement climatique ?
Le consensus scientifique est écrasant : oui, la planète se réchauffe et oui, l'activité humaine est la principale cause de ce réchauffement.

Le lac Urmia, en Iran, est un habitat essentiel pour les oiseaux et était autrefois une destination touristique populaire. Il s'assèche à cause du changement climatique et des problèmes de gestion.
Le lac Urmia, en Iran, est un habitat essentiel pour les oiseaux et était autrefois une destination touristique populaire. Il s'assèche à cause du changement climatique et des problèmes de gestion.
Ces dernières années, le réchauffement planétaire et le changement climatique ont fait l'objet de nombreuses controverses politiques, en particulier aux États-Unis. Mais à mesure que les connaissances scientifiques deviennent plus précises et que le consensus devient impossible à ignorer, le débat s'éloigne de la question de savoir si l'Homme est à l'origine de ce réchauffement pour s'orienter vers des questions sur la meilleure façon de réagir.
DES TEMPÉRATURES EN HAUSSE

INDICE MONDIAL DE TEMPÉRATURE TERRE-OCÉAN
INDICE MONDIAL DE TEMPÉRATURE TERRE-OCÉAN
Les preuves de la hausse des températures sont omniprésentes et frappantes : les relevés de thermomètres conservés au cours du dernier siècle et demi montrent que la température moyenne de la Terre a augmenté de plus de 0,9 degré Celsius, et environ du double dans certaines parties de l'Arctique.
Cela ne signifie pas que les températures n'ont pas fluctué entre les régions du globe ou entre les saisons et les heures de la journée. Mais en analysant les températures moyennes partout dans le monde, les scientifiques ont démontré une tendance à la hausse indubitable.
Cette tendance fait partie du changement climatique, que beaucoup de gens considèrent comme synonyme de réchauffement climatique. Les scientifiques préfèrent utiliser le terme « changement climatique » pour décrire les changements complexes qui affectent actuellement les systèmes météorologiques et climatiques de notre planète. Le changement climatique englobe non seulement la hausse des températures moyennes, mais aussi les événements météorologiques extrêmes, le déplacement des populations et des habitats fauniques, la montée des mers et une série d'autres conséquences.
Tous ces changements apparaissent alors que les humains continuent d'émettre des gaz à effet de serre qui piègent la chaleur dans l'atmosphère.
COMMENT LE CHANGEMENT CLIMATIQUE EST-IL MESURÉ ?
Bien qu'il soit impossible d'examiner des mesures de températures remontant à des milliers d'années, nous disposons d'autres données qui nous aident à déterminer quelles étaient les températures dans un passé lointain. Par exemple, les arbres stockent des informations sur le climat de l'endroit où ils sont enracinés. Chaque année, les arbres forment de nouvelles cellules qui se disposent en cercles concentriques. Dans les années plus chaudes et plus humides, les cercles sont plus épais. Les vieux arbres peuvent ainsi nous renseigner sur les conditions qui prévalaient il y a des centaines, voire des milliers d'années.
Des fenêtres sur le passé sont également enfouies dans les lacs et les océans. Le pollen, les particules et les créatures mortes tombent chaque année au fond des océans et des lacs, formant des sédiments. Les sédiments contiennent une mine d'informations sur ce qu'il y avait dans l'air et dans l'eau lorsqu'ils sont tombés. Les scientifiques révèlent ces archives en insérant des tubes creux dans la boue pour recueillir des couches de sédiments remontant à des millions d'années.

Un iceberg fond dans les eaux au large de l'Antarctique. Le changement climatique a accéléré le taux de perte de glace à travers le continent.
Un iceberg fond dans les eaux au large de l'Antarctique. Le changement climatique a accéléré le taux de perte de glace à travers le continent.

À mesure que le niveau de la mer monte, les eaux salées de l'océan empiètent sur les Everglades de Floride. Les plantes et les animaux indigènes ont du mal à s'adapter aux conditions changeantes.
À mesure que le niveau de la mer monte, les eaux salées de l'océan empiètent sur les Everglades de Floride. Les plantes et les animaux indigènes ont du mal à s'adapter aux conditions changeantes.

L'ouest des États-Unis est en proie à une sécheresse depuis des années. Le temps sec et chaud a accru l'intensité et le caractère destructeur des incendies de forêt.
L'ouest des États-Unis est en proie à une sécheresse depuis des années. Le temps sec et chaud a accru l'intensité et le caractère destructeur des incendies de forêt.

Les grappes de fruits du palmier à huile sont récoltées à la main puis transportées par camion jusqu'à un moulin en Malaisie continentale, où elles sont transformées. Les forêts anciennes des régions tropicales sont abattues pour faire place aux plantations d'huile de palme. Lorsque ces forêts disparaissent, le carbone qu'elles retenaient enfermé dans leurs tissus est libéré dans l'atmosphère, contribuant ainsi au réchauffement climatique.
Les grappes de fruits du palmier à huile sont récoltées à la main puis transportées par camion jusqu'à un moulin en Malaisie continentale, où elles sont transformées. Les forêts anciennes des régions tropicales sont abattues pour faire place aux plantations d'huile de palme. Lorsque ces forêts disparaissent, le carbone qu'elles retenaient enfermé dans leurs tissus est libéré dans l'atmosphère, contribuant ainsi au réchauffement climatique.

Dans les hautes plaines de Bolivie, un homme examine les restes calcinés de ce qui était le deuxième plus grand lac du pays, le lac Poopó. La sécheresse et les problèmes de gestion ont entraîné l'assèchement du lac.
Dans les hautes plaines de Bolivie, un homme examine les restes calcinés de ce qui était le deuxième plus grand lac du pays, le lac Poopó. La sécheresse et les problèmes de gestion ont entraîné l'assèchement du lac.

Le changement climatique a un impact sur la flore et la faune de l'Arctique. Bien que les scientifiques ne sachent pas précisément ce qui a tué cet ours polaire, les experts préviennent que de nombreux ours ont des difficultés à trouver de la nourriture, car la glace de mer dont ils dépendaient historiquement s'amincit et fond plus tôt.
Le changement climatique a un impact sur la flore et la faune de l'Arctique. Bien que les scientifiques ne sachent pas précisément ce qui a tué cet ours polaire, les experts préviennent que de nombreux ours ont des difficultés à trouver de la nourriture, car la glace de mer dont ils dépendaient historiquement s'amincit et fond plus tôt.

Le lac Urmia, en Iran, est un habitat essentiel pour les oiseaux et était autrefois une destination touristique populaire. Il s'assèche à cause du changement climatique et des problèmes de gestion.
Le lac Urmia, en Iran, est un habitat essentiel pour les oiseaux et était autrefois une destination touristique populaire. Il s'assèche à cause du changement climatique et des problèmes de gestion.

La centrale de Scherer à Juliet, en Géorgie, est la plus grande centrale au charbon des États-Unis. Elle brûle 34 000 tonnes de charbon par jour, rejetant plus de 25 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère chaque année.
La centrale de Scherer à Juliet, en Géorgie, est la plus grande centrale au charbon des États-Unis. Elle brûle 34 000 tonnes de charbon par jour, rejetant plus de 25 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère chaque année.

La glace fond sur un lac de montagne. Les lacs du monde entier gèlent de moins en moins au fil du temps, et dans quelques décennies, des milliers de lacs dans le monde pourraient perdre complètement leur couverture de glace hivernale.
La glace fond sur un lac de montagne. Les lacs du monde entier gèlent de moins en moins au fil du temps, et dans quelques décennies, des milliers de lacs dans le monde pourraient perdre complètement leur couverture de glace hivernale.

L'Amazonie perd chaque année l'équivalent de près d'un million de terrains de football de couverture forestière, dont une grande partie est abattue pour faire place à l'agriculture. Lorsque la forêt est perdue, le carbone qu'elle a séquestré se retrouve dans l'atmosphère, accélérant le changement climatique.
L'Amazonie perd chaque année l'équivalent de près d'un million de terrains de football de couverture forestière, dont une grande partie est abattue pour faire place à l'agriculture. Lorsque la forêt est perdue, le carbone qu'elle a séquestré se retrouve dans l'atmosphère, accélérant le changement climatique.

Dans le parc national des Glaciers, les forêts subissent les effets de la fonte précoce des neiges et des étés longs et secs. Les pressions exercées sur la flore du parc sont exacerbées par le changement climatique.
Dans le parc national des Glaciers, les forêts subissent les effets de la fonte précoce des neiges et des étés longs et secs. Les pressions exercées sur la flore du parc sont exacerbées par le changement climatique.
Pour un regard direct sur l'atmosphère du passé, les scientifiques forent des carottes à travers les calottes glaciaires polaires de la Terre. De minuscules bulles emprisonnées dans la glace sont en fait des échantillons de l'atmosphère passée de la Terre, figés dans le temps. C'est ainsi que nous savons que les concentrations de gaz à effet de serre depuis la révolution industrielle sont plus élevées qu'elles ne l'ont été depuis des centaines de milliers d'années.
Les modèles informatiques aident les scientifiques à comprendre le climat de la Terre, ou les schémas météorologiques à long terme. Les modèles permettent également aux scientifiques de faire des prédictions sur le climat futur en simulant la façon dont l'atmosphère et les océans absorbent l'énergie du soleil et la transportent autour du globe.
NOUS SOMMES RESPONSABLES
Plusieurs facteurs influencent la quantité d'énergie solaire qui atteint la surface de la Terre et la quantité de cette énergie qui est absorbée. Plusieurs facteurs affectent la quantité d'énergie solaire qui atteint la surface de la Terre et la quantité d'énergie absorbée. Il s'agit notamment des gaz à effet de serre, des particules présentes dans l'atmosphère (provenant des éruptions volcaniques, par exemple) et des modifications de l'énergie provenant du soleil lui-même.
Les modèles climatiques sont conçus pour tenir compte de ces facteurs. Par exemple, les modèles ont montré que les changements dans l'irradiation solaire et les aérosols volcaniques n'ont contribué qu'à environ 2 % de l'effet de réchauffement récent sur 250 ans. Le solde provient des gaz à effet de serre et d'autres facteurs d'origine humaine, tels que les changements d'affectation des sols.
La vitesse et la durée de ce réchauffement récent sont également remarquables. Les éruptions volcaniques, par exemple, émettent des particules qui refroidissent temporairement la surface de la Terre. Mais ils n'ont pas d'effet durable au-delà de quelques années. Des événements comme El Niño fonctionnent également sur des cycles assez courts et prévisibles. D'autre part, les types de fluctuations de la température mondiale qui ont contribué aux périodes glaciaires se produisent sur des cycles de centaines de milliers d'années.
La réponse à la question « Le réchauffement climatique est-il une réalité ? » est oui : rien d'autre que l'augmentation rapide des émissions de gaz à effet de serre dues à l'activité humaine ne peut expliquer entièrement la hausse spectaculaire et relativement récente des températures moyennes mondiales.
Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.
