Présidentielle 2022 : les candidats, l'environnement et la biodiversité

Décryptage des programmes des 12 candidats à la présidentielle sur la biodiversité et l’environnement.

De Margot Hinry
Publication 7 avr. 2022, 17:41 CEST

Moins de cinq jours avant le premier tour des élections présidentielles, le dernier volet du 6e rapport du GIEC a été publié. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon les experts, il reste à l'humanité trois ans pour agir avant que la planète ne subisse les très nombreux impacts qu'aura la hausse des températures globales au-delà des 1,5° C. Le président du GIEC a confirmé lors d’une conférence de presse que « les décisions que nous prenons aujourd’hui peuvent nous assurer un avenir vivable. Nous avons à disposition les outils et le savoir-faire nécessaires pour limiter le réchauffement. » 

Les programmes présidentiels des douze candidats abordent les questions environnementales, énergétiques et de biodiversité tantôt avec ambition, tantôt avec encore trop de frilosité pour atteindre les objectifs internationaux.

La transition énergétique vers la neutralité carbone, tout comme la préservation des habitats et de la biodiversité, des océans, des sols et des puits de carbone, est fixée comme une absolue priorité par les experts du GIEC. 

Aujourd’hui, National Geographic décrypte les programmes des 12 candidats à la présidentielle (présentés par ordre alphabétique) sur les sujets liés à la biodiversité et à l’environnement.
 

Affiche de campagne officielle de Nathalie Arthaud. Site officiel

PHOTOGRAPHIE DE Equipe de campagne de Nathalie Arthaud

NATHALIE ARTHAUD - LUTTE OUVRIÈRE

La candidate de Lutte Ouvrière s’adresse aux « camps des travailleurs » en indiquant que les actuels « seuls responsables de la pollution » sont « les États » refusant « d’imposer des mesures contraignantes aux capitalistes ». Nathalie Artaud dénonce un achat du droit de polluer par les plus riches pendant que les plus pauvres sont taxés par les gouvernements.

« Pour préserver l'environnement, il faut ôter le pouvoir aux capitalistes. Pour sauver la planète, il faut mettre fin à la concurrence et supprimer le gâchis capitaliste […]» prône la candidate, comme elle l’avait déjà énoncé il y a cinq ans.

Comme en 2017, le parti de la lutte ouvrière souhaite retirer aux groupes privés la direction de l’industrie et des transports en réorganisant l’économie tout en préservant l’environnement.

Aucune proposition claire n’est faite concernant la protection de la biodiversité et la préservation des fonds marins et des océans. La question de la transition énergétique n’est pas non plus abordée.

L’objectif principal est de « renverser le grand capital » qui serait entièrement responsable de la crise climatique et de redonner le pouvoir aux travailleur.euse.s. Nathalie Artaud souhaite ponctionner les entreprises pétrolières pour financer l’exonération de taxes sur le carburant et mettre définitivement fin au système capitaliste.

La question de l’agriculture est peu détaillée par le parti, bien que la candidate dise vouloir combattre l’élevage et l’abattage intensifs et mettre fin à la chasse à cours, sans plus de précision sur la méthode d’action.

Concernant les engagements pour la cause animale, Nathalie Artaud a validé 85 % des mesures de la charte d’Engagements Animaux proposée par 29 ONG pour la protection animale. Nathalie Artaud s’engage notamment à encourager l’utilisation de modèles non-animaux lors d’expérimentations, en garantissant la transparence des comités d’éthique. Elle s’engage à interdire la chasse au moins deux jours par semaine dont le dimanche et totalement interdire la chasse à courre. La candidate ne se prononce pas en faveur de l’interdiction de toutes formes de dressage, des spectacles des animaux sauvages et des mises en contact direct entre public et animaux sauvages, mais elle s’engage à lutter contre la maltraitance, notamment chez les cétacés.

 

Affiche de campagne officielle de Nicolas Dupont-Aignan. Site officiel

PHOTOGRAPHIE DE Equipe de campagne de Nicolas Dupont-Aignan

NICOLAS DUPONT-AIGNAN - DEBOUT LA FRANCE 

Sur les sujets d’environnement et de biodiversité, Nicolas Dupont-Aignan estime que « l’écologie est une chose bien trop sérieuse pour être confiée aux Verts sectaires ». Le candidat de la « France indépendante » souhaite quitter l’Europe et la remplacer par référendum par « une communauté des nations libres et des projets à la carte ». L’idée étant de rendre le pays « libre » et de valoriser la production française, notamment à travers des projets de renégociation des traités « de libre-échange déloyaux pour protéger notre agriculture et notre industrie » mais également des projets de voitures propres.

Il s’engage sur un objectif 0 plastique d’ici 10 ans pour nos océans. Son programme n’aborde cependant pas la question de la protection des fonds marins, menacés par les divers projets d’extractions minières.

Selon Greenpeace, le candidat ne propose pas de solution à la hauteur des enjeux de régulation des entreprises polluantes et de transformation des secteurs polluants « comme les transports et l’agriculture », bien qu’il soutienne l’agriculture biologique et souhaite lutter contre l’artificialisation des sols. Nicolas Dupont-Aignan n’apporte pas d’informations précises sur la transformation du système alimentaire dans son programme.

Le candidat de Debout la France se positionne contre l’éolien et souhaite stopper leur implantation en misant sur le nucléaire, pour passer de « l’écologie spectacle » à « l’écologie humaine ».  Le projet repose sur un axe de défense du modèle énergétique français pour obtenir « un excellent bilan carbone ». Les ONG telles que Greenpeace réfutent l’énergie nucléaire indiquant que « s’il existe des énergies qui ont de l’avenir, parce qu’elles sont propres et compétitives, ce sont bien les énergies renouvelables. Pas le nucléaire ».

Concernant la cause animale, Nicolas Dupont-Aignan a validé 70 % des mesures de la charte d’engagements animaux proposée par les 29 ONG pour la protection animale. Nicolas Dupont-Aignan s’engage notamment à encourager l’utilisation de modèles non-animaux lors d’expérimentations, en garantissant la transparence des comités d’éthique et à garantir le droit à l’objection de conscience pour la dissection durant les études. Le candidat est en faveur de la chasse et ne s’engage en aucune mesure contre celle-ci. Il signe pour l’interdiction de toutes formes de dressage, lorsque les animaux sauvages sont mis au contact direct des publics et promet de lutter contre la maltraitance animale, notamment chez les cétacés.

 

Affiche de campagne officielle d'Anne Hidalgo. Site officiel

PHOTOGRAPHIE DE Equipe de campagne d'Anne Hidalgo

ANNE HIDALGO - PARTI SOCIALISTE

« J’organiserai la grande mutation écologique, nécessaire en France comme ailleurs, et qui a pris tant de retard depuis la COP21 » annonce la candidate du Parti Socialiste. Anne Hidalgo indique vouloir faire des questions environnementales « le combat du siècle », à commencer par la réindustrialisation décarbonée française pour créer un nouveau modèle de développement « juste et respectueux de la nature ». Les enjeux de la transition industrielle sont concrètement inclus dans le programme de la socialiste, bien que les moyens qui pourraient être mis en œuvre ne soient pas précisés. Le Réseau Action Climat soulève néanmoins la non-intégration de « l’industrie lourde (ciment, chimie, acier) » au cœur de ses propositions sur la transition industrielle.

Côté agriculture, Anne Hidalgo souhaite favoriser l’agroécologie et l’agriculture biologique en luttant notamment contre l’artificialisation des sols et en sortant des engrais de synthèse. Rien en revanche il n'y a dans son programme aucune indication sur la sortie d’élevages industriels ou de l’accompagnement vers les énergies durables.

La candidate vise 100 % d’énergies renouvelables « aussi rapidement que possible » en s’opposant à l’évolution du nucléaire, mais sans proposer de feuille de route précise pour y parvenir.

Anne Hidalgo souhaite mettre en place un ISF Climat et Biodiversité pour imposer « une écologie juste et efficace ». « Ses recettes seront dédiées au financement de la transition énergétique de notre société et de mesures sociales d’accompagnement ». Elle s’engage également à punir le crime d’écocide, en promettant une écologie « accessible aux familles populaires comme aux classes moyennes ».

La maire de Paris souhaite faire de la crise climatique le combat du siècle, mais oublie certains enjeux majeurs. Greenpeace relève notamment le manque de positionnement sur la préservation de la biodiversité, la lutte contre la déforestation ou encore la protection des fonds marins face à la menace de l’exploitation minière.

Concernant la cause animale, Anne Hidalgo a validé 92 % des mesures de la charte d’engagements animaux proposée par les 29 ONG pour la protection animale. Anne Hidalgo s’engage à 100 % sur les questions d’expérimentations animales et encourage l’utilisation de modèles non-animaux lors d’expérimentations, en garantissant la transparence des comités d’éthique. Elle souhaite retirer les espèces menacées de la liste des animaux chassables mais ne se positionne pas contre la chasse sauf en ce qui concerne les pratiques dites « barbares » incluant la chasse à courre, en enclos, les pièges tuants ou mutilants. La candidate se positionne en faveur de la lutte contre la maltraitance animale, elle souhaite interdire la corrida et les combats de coqs mais aussi toutes formes de dressage d’animaux sauvages au contact direct des publics.

 

Affiche de campagne officielle de Yannick Jadot. Site officiel

PHOTOGRAPHIE DE Equipe de campagne de Yannick Jadot

YANNICK JADOT - EUROPE ÉCOLOGIE LES VERTS

« Les énergies renouvelables sont les seules énergies de paix et de sécurité́ ». Faire face, c’est le mot d’ordre de la campagne de Yannick Jadot qui souhaite proposer « une république écologique » en réponse à la crise climatique.  

« Le quinquennat qui s’achève a été celui de l’inaction climatique. Il a aggravé les inégalités et la situation de notre jeunesse. Canicules, inondations, sécheresses, mégafeux, pollution de l’air, malbouffe, extinction des espèces, souffrance animale [...]. » Le candidat écologiste ne souhaite plus dépenser d’argent contre le climat et propose, comme Anne Hidalgo, un ISF Climatique, « payé par les 1 % les plus riches » qui sera modulé selon l’impact sur l’environnement de leurs investissements, ainsi qu’une reconnaissance des crimes « écocides ».

Yannick Jadot propose également d’investir massivement dans l’isolation des logements afin de répondre à la crise énergétique, tout en misant sur « les transports collectifs, le vélo et le co-voiturage, en augmentant le chèque énergie à 400 euros, l’écologie devient la meilleure alliée du pouvoir d’achat et de la création d’emplois ». Le candidat envisage un cap vers les énergies renouvelables à 100 % d’ici à 2050 en impliquant les collectivités, les acteurs locaux et les citoyen.ne.s. Afin de sortir du nucléaire, il souhaite fermer progressivement les centrales actuelles.

Sur le volet agricole, le candidat d'Europe Écologie les Verts souhaite interdire de manière immédiate le glyphosate, les perturbateurs endocriniens et les substances cancérogènes connus. Il promet une TVA à 0 % sur l’alimentation biologique et s’engage à accélérer la transition vers l’agroécologie. « D’ici 2025, nous aurons mis fin à l’élevage en cage » ; Yannick Jadot s’engage également à mettre fin à l’élevage industriel.

« Nous interdirons les lignes aériennes lorsque le trajet en train dure moins de 4 heures, le climat l’exige ! » affirme le candidat des Verts, en réponse à l’objectif de la neutralité carbone.

Concernant la cause animale, Yannick Jadot a validé 98 % des mesures de la charte d’engagements animaux proposée par les 29 ONG pour la protection animale. Yannick Jadot s’engage à 100 % sur les questions d’expérimentations animales et encourage l’utilisation de modèles non-animaux lors d’expérimentations, en garantissant la transparence des comités d’éthique et le droit à l’objection de conscience pour la dissection durant les études. Le candidat des Verts s’engage à interdire la chasse deux jours par semaine minimum, dont le dimanche, les vacances scolaires et les jours fériés. Il souhaite supprimer la liste des espèces nuisibles et retirer les espèces menacées de la liste des animaux chassables. Il se positionne également sur les pratiques dites « barbares » incluant la chasse à courre, en enclos, les pièges tuants ou mutilants qu’il s’engage à interdite.

 

Affiche de campagne officielle de Jean Lassalle. Site officiel

PHOTOGRAPHIE DE Equipe de campagne de Jean Lassalle

JEAN LASSALLE - RÉSISTONS !

Afin de répondre aux enjeux climatiques actuels, Jean Lassalle mise sur la recherche et le développement. Il souhaite notamment investir sur les énergies renouvelables en développant l’énergie solaire, géothermique et l’énergie de la mer, mais en freinant l’éolien. Le candidat souhaite rénover et prolonger de 25 ans les centrales nucléaires en fin de vie, tout en basculant vers le nucléaire de quatrième génération avec des centrales « plus sûres et moins chères ». Selon Greenpeace, le candidat, « rate le coche de la transition énergétique » notamment parce qu'il n'aborde pas le sujet des économies d’énergies.

Le climat et le vivant sont globalement peu présents dans le programme du candidat, bien que Jean Lassalle affirme sa volonté d'exploiter « l’atout précieux que constitue notre façade maritime. La puissance de la houle représente cinq fois l’énergie produite par l’Homme » affirme-t-il.

Concernant le milieu agricole, le candidat n’aborde pas le sujet de l’agroécologie ou de l’agriculture biologique, mais propose la mise en place d’un « ticket paysan » pour soutenir les circuits courts, à l’image des tickets-restaurant.

Toujours dans la dynamique du développement de la recherche, Jean Lassalle souhaite « libérer les industries pharmaceutiques des lobbies ».

Concernant les engagements pour la cause animale, Jean Lassalle n’a pas répondu aux ONG l'ayant sollicité concernant les mesures de la charte d’engagements. Cependant, il se positionne sur la redistribution de la Politique agricole commune (PAC) pour que ces aides aillent « aux paysans qui respectent leur terre et leurs bêtes ». Le candidat apporte son soutien à la chasse et à la pèche traditionnelle « qui font partie du patrimoine national ». Il propose de quitter la Convention de Berne et les directives européennes « Habitats » et « Oiseaux » pour valoriser la « gestion en bien commun » des terres. La fondation Droit animal, éthique et sciences considère ces mesures comme « des mesures allant à l’encontre de l’intérêt des animaux ».

 

Affiche de campagne officielle de Marine Le Pen. Site officiel

PHOTOGRAPHIE DE Equipe de campagne de Marine Le Pen

MARINE LE PEN -RASSEMBLEMENT NATIONAL

« Je baisserai massivement les taxes sur le gazole, l'essence, le gaz, le fioul, l’électricité » promet la candidate du rassemblement national, en annonçant un taux de 20 % à 5,5 %. « Pourquoi punir les Français ? Ce n’est pas aux Français de payer pour les fautes des autres ! ». Marine Le Pen souhaite atteindre les objectifs des accords de Paris en se libérant des « engagements irraisonnés » déjà en place.

La candidate ne place pas l’urgence à la crise climatique actuelle, elle se cantonne à « l’urgence » de rompre avec « une écologie dévoyée par un terrorisme climatique qui met en danger la planète, l’indépendance nationale et plus encore, le niveau de vie des Français ».

La candidate du Rassemblement National propose un programme radicalement contre les énergies éoliennes et solaires. Elle propose d’ailleurs un moratoire pour « démanteler progressivement les parcs éoliens existants ». Marine Le Pen mise sur une relance de la filière nucléaire qu’elle qualifie de « priorité absolue » pour garantir l’indépendance énergétique, tout en misant sur l’hydroélectrique et la filière hydrogène. Elle promet le lancement de six réacteurs de nouvelle génération, de type EPR.

La candidate RN compare l’importance du charbon et du pétrole de l’ère industrielle à l’innovation technologique sociale et territoriale actuelle.

Côté agricole, Marine Le Pen prône une « politique de patriotisme » en soutenant les circuits courts et protégeant les agriculteurs et les industries de la concurrence déloyale. Cependant, ces notions ne sont jamais reliées aux enjeux environnementaux. Le programme ne vise aucune mesure concernant la décarbonation de l’industrie afin de pouvoir réellement réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La candidate ne se positionne pas sur la question des financements des collectivités territoriales, pour porter la transition écologique. Contrairement à 2017, Marine Le Pen n’aborde pas non plus le sujet sous un volet européen, sauf pour contredire le « Green Deal imposé par l’Union européenne ».  

Greenpeace dénonce une campagne s’apparentant à « du greenwashing » en précisant que la candidate ne s’attaque pas « aux causes structurelles de la crise écologique et climatique ». Selon l’ONG, la représentant du RN ne propose pas de solutions à la hauteur des enjeux « de régulation des entreprises polluantes et de transformation des secteurs polluants comme l’agriculture et les transports ». La candidate ne se positionne pas sur la préservation de la biodiversité et des fonds marins ou sur la lutte contre la déforestation.

En ce qui concerne la cause animale, Marine Le Pen valide 58 % des mesures de la charte d’engagements animaux proposée par les 29 ONG pour la protection animale. Marine Le Pen s’engage notamment à encourager l’utilisation de modèles non-animaux lors d’expérimentations, en garantissant la transparence des comités d’éthique mais ne souhaite pas garantir le droit à l’objection de conscience pour la dissection durant les études. Elle s’engage contre la maltraitance des animaux et notamment celle des cétacés mais ne souhaite pas interdire la corrida ou les combats de coqs, ni les formes de dressage d’animaux sauvages face à des publics. Marine Le Pen ne s’oppose en aucune mesure à la chasse mais souhaite retirer les espèces menacées de la liste des animaux chassables et réformer la liste des animaux dits nuisibles.

 

Affiche de campagne officielle d'Emmanuel Macron. Site officiel

PHOTOGRAPHIE DE Equipe de campagne d'Emmanuel Macron

EMMANUEL MACRON - EN MARCHE !  

Le président sortant dit vouloir investir pour être le premier « grand pays à sortir du pétrole, du gaz, du charbon ». Pour cette transition énergétique, le candidat mise sur le nucléaire par la  création de six nouvelles centrales nucléaires nouvelle génération et souhaite investir dans le solaire et l’éolien en mer. Il promet la construction de 50 parcs éoliens en mer d’ici à 2050.

Il propose la rénovation de « 700 000 logements chaque année et une offre abordable de voitures électriques pour tous grâce à une filière 100% française ». Bien que le candidat s’engage, le Réseau Action Climat relève l’absence de la mention des « passoires énergétiques » qui représenteraient pourtant « plus de 7 millions de logements en France ».

Le candidat Macron s’est également positionné sur les conditions de rémunération des grands patrons selon la performance écologique de leurs entreprises. Les objectifs restent cependant très peu détaillés et les facteurs de corrélation ne sont pas expliqués.

Emmanuel Macron mise sur la technologie en souhaitant développer des filières de recyclage, ainsi que la réindustrialisation. Les objectifs et les mesures fixés sont imprécis concernant le développement de filière de recyclage ou de réindustrialisation et la décarbonation industrielle n’est que sous-entendue. Rappelons que selon les rapports du Haut Conseil pour le Climat, la France est très en retard sur ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Côté agricole, le candidat d’En Marche n’aborde ni le sujet de l’agroécologie, ni de l’agriculture biologique et ne se positionne pas sur la sortie de l’élevage intensif et industriel ou sur la réduction de la consommation de viande. Son soutien aux « clauses miroirs » pourrait permettre de renforcer les normes exigées sur les produits étrangers et favoriser le commerce français.

Le président sortant soutient l’exploration minière des fonds marins, malgré toutes les menaces énoncées par les ONG pour le climat et la biodiversité marine. Pourtant, depuis son élection en 2017, Emmanuel Macron dit défendre « une action maritime cohérente » en insistant sur la préservation des océans et littoraux, « grâce notamment à la dépollution des décharges littorales les plus à risque, et en luttant contre l’utilisation du plastique ».

Concernant la cause animale, Emmanuel Macron n’a pas répondu au questionnaire de la charte d’engagements animaux proposée par les 29 ONG pour la protection animale. Son programme indique une volonté de « mieux assurer le recueil des animaux de compagnie abandonnés », sans plus d’informations concrètes. Le président sortant s’engage à l’arrêt d’ici 2027 de la captivité de cétacés à des fins de spectacles. Il ne se positionne contre aucune pratique de chasse mais s’engage formellement contre toute les maltraitances envers les animaux domestiques.

 

Affiche de campagne officielle de Jean-Luc Mélenchon. Site officiel

PHOTOGRAPHIE DE Equipe de campagne de Jean-Luc Mélenchon

JEAN-LUC MÉLENCHON - LA FRANCE INSOUMISE

« Prendre soin du monde vivant, c’est considérer que ni les humains ni les animaux ne sont des choses ! ». Au sein du programme de la France insoumise, les questions environnementales sont fortement mises en avant. Le projet général est de « construire une société d’entraide ayant pour but l’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature ». 

Comme en 2017, Jean-Luc Mélenchon souhaite mettre en place « la règle verte » en proposant une « planification écologique » afin d’emprunter le virage des 100 % d’énergies renouvelables dès 2050. Le candidat souhaite sortir du nucléaire en organisant le démantèlement des différents sites nucléaires grâce à « la réhabilitation et la reconversion des sites nucléaires et de l’ensemble de leur bassin de vie ».

Le candidat promet la rénovation totale de 700 000 logements par an et souhaite bloquer et baisser le prix des produits de première nécessité, « carburant, nourriture, énergie ».

Côté agricole, Jean-Luc Mélenchon souhaite interdire le glyphosate comme le promet également Yannick Jadot, ainsi que la fermeture des fermes usines. Le candidat valorise une agriculture durable et propose plusieurs mesures pour sortir des élevages industriels, notamment par l’accompagnement des agriculteurs vers une agriculture paysanne et écologique. Le candidat s’engage à mettre fin à l’élevage intensif, à la maltraitance animale, à la fin des OGM et à l’interdiction des pesticides notamment par le biais de taxations. Il souhaite imposer une agriculture 100 % biologique d’ici 2050.

Le représentant de l’Union Populaire s’impose en faveur de l’ISF Climatique comme Anne Hidalgo et Yannick Jadot et s’engage à préserver les fonds marins des explorations minières.

Concernant les engagements pour la cause animale, Jean-Luc Mélenchon a validé 98 % des mesures de la charte d’engagements animaux proposée par les 29 ONG pour la protection animale. Jean-Luc Mélenchon s’engage à 100 % sur les questions d’expérimentations animales et encourage l’utilisation de modèles non-animaux lors d’expérimentations, en garantissant la transparence des comités d’éthique. Il s’engage dans la lutte contre la maltraitance animale, notamment envers les cétacés. Il souhaite interdire la corrida et les combats de coqs mais aussi toute forme de dressage des animaux sauvages ayant un contact direct des publics. Le candidat s'engage à 100 % sur les questions liées aux limitations de la chasse et à l’interdiction de la chasse à courre.

 

Affiche de campagne officielle de Valérie Pécresse. Site officiel

PHOTOGRAPHIE DE Equipe de campagne de Valérie Pécresse

VALÉRIE PÉCRESSE - LES RÉPUBLICAINS

La candidate Valérie Pécresse dénonce « l’écologie punitive » et annonce vouloir « enfin » faire respecter l’objectif du 0 carbone d’ici 2050 « grâce à une nouvelle ambition énergétique, nucléaire et renouvelable ». Bien que l’environnement et la biodiversité ne soient pas beaucoup mis en avant dans son programme, la candidate propose « un livret vert » pour remplacer le Livret A et diriger cette épargne en faveur de la transition écologique, et « 120 milliards d’euros pour la transition écologique, l’investissement dans tous les transports et la rénovation énergétique ».

Comme Emmanuel Macron, Valérie Pécresse souhaite imposer une « vraie » taxe carbone aux frontières de l’Europe. Elle valorise la protection des paysages, en refusant l’implantation d’éoliennes sans l’accord des populations riveraines. Elle souhaite moderniser les centrales nucléaires existantes et en construire de nouvelles.

La candidate s’engage en faveur de la modernisation du réseau ferroviaire et souhaite mettre fin à la vente de véhicules thermiques en 2035 pour prioriser les hybrides rechargeables dès 2040.

Côté agricole, le programme ne propose ni changement pour l’élevage, ni engagement pour accélérer la transition écologique. Elle mise sur le développement de la technologie pour valoriser la durabilité de l’agriculture française, notamment à travers les biocarburants.

Les propositions concernant la réduction des gaz à effet de serre, la gestion des déchets plastiques, la préservation de la biodiversité ou des océans sont jugées insuffisantes et peu ambitieuses par les ONG, compte tenu des échéances climatiques rappelées par le dernier rapport du GIEC.

Concernant les engagements pour la cause animale, à ce jour Valérie Pécresse n’a pas répondu aux mesures de la charte proposée par les 29 ONG pour la protection animale. La candidate est essentiellement tournée vers le bien-être des animaux de compagnie et prévoit de lancer des campagnes de lutte contre les abandons et des fichiers de personnes condamnées pour maltraitance animale. Elle souhaite également, sans préciser comment, s’engager contre le trafic d’animaux sauvages. Valérie Pécresse s'est prononcée pour la chasse et ne souhaite pas imposer de restrictions contre ces pratiques, y compris envers la chasse à courre. La candidate ne s’est pas exprimée sur les questions d’expérimentations animales mais s’engage à interdire le financement de cirques détenant des animaux sauvages.

 

Affiche de campagne officielle de Philippe Poutou. Site officiel

PHOTOGRAPHIE DE EQUIPE DE CAMPAGNE de Philippe Poutou

PHILIPPE POUTOU - NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE

L’ensemble de la campagne de Philippe Poutou est rythmé par une volonté de sortie totale du système capitaliste. Pour cela, le candidat propose une destruction de l’arme nucléaire française pour démilitariser le pays et indique également vouloir une sortie totale du nucléaire d’ici 10 ans.

Afin d’engager le pays dans une transition énergétique en accord avec les engagements des Accords de Paris, le candidat propose un démantèlement et une expropriation des groupes pétroliers et des banques qui participent aux extractions de pétrole et de gaz. Philippe Poutou souhaite se diriger vers 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2050 et propose un plan d’isolation thermique de tous les logements, sans grands détails.

Afin de développer les lignes et l’accès aux transports en commun, le candidat anticapitaliste annonce une gratuité pour tous, sans chiffrer la mesure. Il souhaite également interdire les vols courts pour le trafic aérien, sans apporter de détails.

Côté agriculture, le candidat s’engage à mettre fin à l’élevage industriel, à valoriser le rétablissement de circuits courts et vise un objectif 100 % bio sans en indiquer d'échéance précise.

Le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste fait l'impasse sur plusieurs enjeux écologiques importants puisqu’il n’aborde que très peu, voire pas du tout, la question de la préservation de la biodiversité et des océans.

Concernant les engagements pour la cause animale, Philippe Poutou a validé 77 % des mesures de la charte d’engagements animaux proposée par les 29 ONG pour la protection animale. Philippe Poutou souhaite la fin de l’utilisation de modèles non-animaux lors d’expérimentations, souhaite garantir la transparence des comités d’éthique. Il s’engage dans la lutte contre la maltraitance animale, notamment envers les cétacés. Il souhaite interdire la corrida et les combats de coqs mais aussi toutes formes de dressage des animaux sauvages ayant un contact direct avec des publics. Le candidat s'engage à 100 % sur les questions liées aux limitations de la chasse et à l’interdiction de la chasse à courre.

 

Affiche de campagne officielle de Fabien Roussel. Site officiel

PHOTOGRAPHIE DE Equipe de campagne de Fabien Roussel

FABIEN ROUSSEL - PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS

Le candidat communiste opte pour un mix d’énergies nucléaire et renouvelables afin de répondre aux enjeux climatiques. Il propose la construction de 6 à 8 réacteurs nucléaires nouvelles générations. Il valorise également le développement d’énergies renouvelables telles que l’éolien et le solaire.

Fabien Roussel propose un plan de « relocalisation de la production industrielle et de développement de l’agriculture française » que le Réseau Action Climat qualifie de claire : il « intègre les enjeux de réindustrialisation écologique et climatique, bien que ceux-ci mériteraient d’être davantage développés ». Il propose une loi d’orientation et de programmation en intégrant notamment l’économie circulaire et les biomatériaux.

Le candidat propose la rénovation thermique de 700 000 logements, mais reste flou sur l’accompagnement des ménages vers la transition énergétique.

Sur le plan agricole, Fabien Roussel propose des mesures pour assurer la transition vers l’agroécologie en déployant un fonds de 10 milliards d’euros. En dépit de ses nombreuses déclarations publiques sur la question de la consommation de viande, il valorise dans son programme l’alimentation bio et moins riche en viande dans les restaurations collectives. Il souhaite limiter l’agriculture industrielle et soutient des modèles durables comme la polyculture-élevage.

Fabien Roussel souhaite engager une politique de protection du domaine de la mer afin « d’encourager la recherche en vue de développer l’utilisation des algues afin de remplacer les matériaux issus des industries carbonées, tel le plastique. Elle favorisera une algoculture écologique qui ouvrira de vastes débouchés pour l’alimentation et la médecine ».

Son programme fait par ailleurs état de mesures sur la biodiversité et s’engage en faveur du moratoire sur l’exploitation et l’exploration minière des fonds marins mais reste évasif sur de nombreuses propositions.

Il est l’un des seuls candidats à proposer de ne plus importer de produits responsables de la déforestation tels que l’huile de palme ou le soja brésilien.

Concernant les engagements pour la cause animale, à ce jour Fabien Roussel n’a pas répondu à la charte d’engagements animaux proposée par les 29 ONG pour la protection animale. Il s'est prononcé pour la pratique de la chasse. Le candidat ne se prononce pas sur l'expérimentation animale, mais s'engage à l'application de la réglementation sur la protection des espèces.

 

Affiche de campagne officielle d'Éric Zemmour. Site officiel

PHOTOGRAPHIE DE Equipe de campagne d'Eric Zemmour

ÉRIC ZEMMOUR - RECONQUÊTE !

Ayant pour principal objectif la « reconquête de la France », Éric Zemmour ne propose pas de feuille de route précise pour emprunter le chemin de la transition énergétique. Il se positionne contre l’éolien et souhaite interdire tout nouveau projet de ce type, qu’il soit terrestre ou marin. Il promet l’ouverture d’au moins 14 réacteurs nucléaires de nouvelle génération, de type EPR, d’ici 2050. Éric Zemmour mise sur le développement de l’électricité, de l’hydrogène, des biocarburants, mais aussi des carburants de synthèse et envisage un transport aérien fonctionnant à 100 % de bio-kérosène avant 2030.

Le candidat n’aborde que très peu les questions de la biodiversité et de l’environnement. Il exprime sa volonté de « sanctuariser la pratique de la chasse et de la pêche comme des éléments constitutifs de notre patrimoine culturel ».

Le projet de décarbonation de l’industrie reste peu concret. Il propose le développement d’une filière industrielle de recyclage des plastiques et s’engage à augmenter les sanctions contre les décharges sauvages.

Concernant la réduction des gaz à effet de serre, le candidat fait machine arrière en proposant de mettre fin aux zones de faibles émissions (ZFE) et en mettant fin aux zones limitées à 30km/h, et en restaurant la limitation de vitesse à 90 km/h sur les routes nationales (contre 80 km/h aujourd'hui). Le Réseau Action Climat alerte sur cette proposition qui pourrait être néfaste pour l’environnement. Les zones 30 auraient des effets positifs sur l’apaisement de la circulation, « incitant ainsi à l’utilisation d’autres modes de transport tels que le vélo ».

Pour l’agriculture, le candidat Zemmour encourage l’innovation technologique auprès des agriculteurs et n’envisage pas de transition vers l’agroécologie. Greenpeace réagit à cette proposition du « tout technologique » en précisant que cela « contribue à l’érosion du nombre d’exploitations et d’agriculteurs, à une intensification des exploitations et une érosion de la biodiversité, et à une dépendance des agriculteurs aux intrants, aux énergies fossiles, aux matériaux et terres rares […] ».

Concernant les engagements pour la cause animale, à ce jour Éric Zemmour n’a pas répondu à la charte d’engagements animaux proposée par les 29 ONG pour la protection animale, mais il promet de s’engager contre le trafic d’animaux de compagnie. Le candidat ne se prononce pas sur l'expérimentation animale, ni sur le traitement des animaux de cirques ou de zoos.

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