Mythologie : les fières Amazones ont bel et bien existé

Les véritables Amazones étaient de redoutables guerrières scythes montées à cheval, armées de lances et vêtues de pantalons. Les archéologues multiplient les découvertes attestant de l'existence de ces femmes guerrières dans l'Antiquité.

Wednesday, June 24, 2020,
De Adrienne Mayor
Illustration d'une scène de combat entre Amazones et Grecs sur un lécythe (récipient à huile) en ...

Illustration d'une scène de combat entre Amazones et Grecs sur un lécythe (récipient à huile) en terre cuite datant du 5e siècle avant notre ère. Connues sous le nom d'Amazonomachie, ces scènes étaient très populaires dans l'art grec. Metropolitan Museum of Art, New York.

Photographie de MET/SCALA, FLORENCE

Dans la mythologie grecque, les Amazones étaient des guerrières légendaires qui occupaient le pourtour de la mer Noire et les terres plus à l'est. Les plus grands héros grecs ont prouvé leur bravoure en affrontant d'illustres Amazones dans plusieurs mythes célèbres. Par exemple, le légendaire fondateur d'Athènes, Thésée, est sorti triomphant d'un duel contre l'Amazone Antiope. Pour accomplir le neuvième de ses douze travaux, Hercule a dû rapporter la ceinture dorée d'Hippolyte, reine des Amazones. La mythique guerre de Troie a vu s'affronter au corps-à-corps le champion grec Achille et la valeureuse Amazone Penthésilée.

Les Grecs considéraient les Amazones comme étant les « égales des hommes », aussi courageuses et qualifiées au combat que leurs homologues masculins. Dans l'art et la littérature de la Grèce antique, les Amazones étaient présentées comme de belles et vaillantes guerrières, toujours armées et dangereuses. Avant même que L'Iliade ne soit écrite par Homère (vers 700 avant notre ère), chaque homme, femme ou enfant du pays connaissait l'histoire fascinante des Amazones.

Toute d'or vêtue, une reine scythe et son époux surveillent leur troupeau dans cette peinture réalisée par l'artiste américain Donato Giancola.

Photographie de DONATO GIANCOLA/NATIONAL GEOGRAPHIC IMAGE COLLECTION

Sur les innombrables représentations des artistes grecs, les Amazones portaient le pantalon, montaient à cheval, tiraient à l'arc, maniaient la lance et la hache de guerre, se battaient et mouraient en héroïnes. Les Amazones étaient des sujets populaires sur les poteries destinées à un usage privé mais également sur les sculptures publiques. Temples et monuments étaient décorés de scènes vibrantes mettant en scène les illustres combattantes. Pour l'amoureux des mythes de la Grèce antique, les Amazones sont comme figées dans l'imaginaire aux côtés de créatures légendaires comme l'Hydre de Lerne ou le cheval divin Pégase, mais les archéologues multiplient les découvertes de preuves solides qui attestent de l'existence d'un peuple de femmes guerrières dans l'Antiquité.

 

ORIGINES ORIENTALES

Les découvertes archéologiques récentes de sépultures datant du 5e siècle avant notre ère suggèrent que les Amazones de la mythologie grecque auraient été inspirées d'un authentique peuple de cavaliers nomades vivant en Eurasie. D'après les mythes grecs, les Amazones menaient une vie trépidante : elles passaient le plus clair de leur temps en plein air sur les terrains de chasse ou les champs de bataille et jouissaient d'une entière liberté sexuelle. Ces caractéristiques se retrouvent notamment chez les peuples qui sillonnaient la Scythie, le nom donné par les citoyens de la Grèce antique à un vaste territoire s'étalant de la mer Noire à la Mongolie.

Les Scythes qui occupaient ces terres étaient des nomades dont il est fait mention dans la littérature dès le 9e siècle avant notre ère. Leur culture, articulée principalement autour de l'équitation et de l'archerie, s'est propagée à travers l'ensemble du continent asiatique, de l'Ukraine à la Sibérie. La première rencontre entre Grecs et Scythes a lieu au 7e siècle avant notre ère lorsque les Grecs commencent à établir des colonies sur les rives de la mer Noire.

À mesure que les Grecs gagnaient en connaissances sur la Scythie, les descriptions et les illustrations des Amazones dans l'art et la littérature gagnaient en réalisme et laissaient transparaître les authentiques coutumes et tenues associées à ce peuple nomade des steppes, y compris leurs chevaux et leurs armes. Au 5e siècle avant notre ère, Hérodote et d'autres écrivains évoquaient ces femmes de Scythie qui se battaient à cheval aux côtés des hommes, tout comme les Amazones de la mythologie. Les historiens de l'Empire romain et de la Grèce antique affirmaient que Cyrus de Perse, Alexandre le Grand et le général Pompée de Rome avaient tous fait la rencontre en Orient de femmes ressemblant à des Amazones.

L'étude archéologique des sépultures scythes révèle un niveau d'égalité des sexes qui aurait fait pâlir les Grecs. En Grèce, les femmes devaient généralement rester au domicile familial où elles se limitaient à des activités comme le tissage ou la garde d'enfants. À l'inverse, quel que soit leur sexe, les nomades menaient une vie difficile dans un environnement hostile. Les tribus se déplaçaient constamment pour trouver de nouveaux pâturages pouvant accueillir leurs chevaux, chasser, piller ou se battre contre des tribus adverses. Chaque membre, homme ou femme, adulte ou enfant, contribuait à défendre le groupe et garantir sa pérennité. Il était non seulement logique mais également indispensable de former les jeunes filles autant que les jeunes garçons à monter à cheval, tirer à l'arc, chasser et combattre. Leur mode de vie encourageait l'égalité. Chez les nomades, cette égalité entre hommes et femmes était principalement rendue possible par l'association entre chevaux et tir à l'arc. Montée sur un cheval rapide, une femme armée d'un arc est aussi meurtrière qu'un homme.

Le mode de vie égalitaire des Scythes était en tout point différent de celui des Grecs, sédentaire et axé sur l'agriculture. L'idée que les femmes puissent être mises sur un pied d'égalité avec les hommes faisait naître une certaine ambivalence, un sentiment mêlant crainte et admiration qui allait inspirer une myriade d'histoires palpitantes au sujet de femmes barbares aussi vaillantes et douées que les hommes sur les champs de bataille. À travers leurs mythes sur les intrépides Amazones, il semblerait que les Grecs se soient aménagé un espace pour explorer le concept de parité entre les sexes, un rêve inaccessible au sein de leur propre société paternaliste où les hommes dominaient et contrôlaient les femmes.

 

OSSEMENTS ET SÉPULTURES

Grâce aux progrès réalisés dans l'étude scientifique des restes humains, les recherches sur les Scythes ont pu être approfondies et aboutir à un portrait nettement plus nuancé de leur culture et de leurs pratiques funéraires. Dans les années 1940, les premières exhumations de kourganes, les tertres funéraires scythes, ont révélé des squelettes enterrés avec des lances, des flèches, des haches et des chevaux. Dans un premier temps présumés de sexe masculin, ce n'est que plusieurs dizaines d'années plus tard avec l'avènement des tests ADN que les chercheurs ont pu déterminer que les ossements n'appartenaient pas tous à des hommes. Bon nombre d'entre eux étaient des femmes.

À l'image des archers montés scythes, les Amazones étaient fréquemment représentées tirant à l'arc à cheval. L'Amazone de ce bronze étrusque datant du 5e siècle avant notre ère exécute un tir parthe, le nom donné au fait de se retourner pour décocher une flèche à son assaillant. British Museum, Londres.

Photographie de BRITISH MUSEUM/SCALA, FLORENCE

À ce jour, environ un tiers des femmes scythes exhumées ont été découvertes avec des armes. Leurs os portaient les traces de blessures infligées au combat : côtes tailladées, crânes fracturés et bras cassés. En 2017, des archéologues ont mis au jour un squelette de femme en Arménie avec une pointe de flèche plantée dans le fémur et d'autres séquelles caractéristiques des champs de bataille.

Plus récemment, d'autres découvertes sont venues soutenir la théorie selon laquelle les guerrières des Scythes et d'autres peuples des steppes auraient joué un rôle dans la construction du mythe des Amazones. Fin 2019, les fouilles menées par des archéologues dans la province russe de Voronej ont abouti à la découverte d'une sépulture contenant les dépouilles de quatre femmes. La plus jeune était une adolescente et la plus âgée une quarantenaire. Cette dernière était enterrée avec des armes et une coiffe élaborée. Une autre femme, âgée d'une vingtaine d'années, était enterrée en position de cavalier. Les analyses suggèrent que les femmes auxquelles appartenaient ces ossements auraient vécu au 4e siècle avant notre ère. De plus, le site de leur exhumation en Russie occidentale s'inscrit dans le territoire où les Grecs auraient pu rencontrer les Scythes.

Ces découvertes remettent en question les anciennes théories relatives à l'apparition des Amazones dans la culture grecque. D'après l'une d'entre elles, seule l'imagination avait fait naître ces guerrières dans le but de mettre en scène leur défaite face aux héros grecs. D'autres soutenaient que ces mythes faisaient montre de la haine et de la crainte des femmes qui devaient à tout prix être écrasées par les hommes. À en croire ces théories dépassées, les Amazones n'existaient dans les mythes que pour être vaincues et les femmes ne pouvaient en aucun cas accéder au statut de héros.

Il est vrai que dans la mythologie, les Amazones étaient toujours battues par les héros grecs. Après tout, les seules histoires que les Grecs voulaient bien entendre étaient celles qui présentaient leurs champions comme ultimes vainqueurs. Cela dit, dans chaque mythe les Amazones étaient aussi braves et talentueuses que les héros eux-mêmes qui, déterminés à prouver leur bravoure, se devaient d'affronter des adversaires à leur taille. Pour reprendre l'expression d'un célèbre dramaturge français, à vaincre sans péril, ils auraient triomphé sans gloire. D'ailleurs, les poteries grecques représentant les batailles contre les Amazones sont pleines de suspense ; elles se battent avec courage, meurent avec héroïsme et certaines vont même jusqu'à tuer des guerriers grecs.

 

RÉALITÉ ET FICTION

Tout comme l'archéologie a montré que les Amazones ne relevaient pas de la pure fantaisie, elle a également permis de rejeter certaines fausses idées à leur sujet. D'après l'une d'entre elles, transmise depuis plus de 2 500 ans, les Amazones auraient eu pour « tradition » de se couper un sein afin de mieux armer leur arc.

Cette allégation apparaît pour la première fois en 490 avant notre ère avec la tentative de l'historien grec Hellanicos de traduire dans sa langue le terme étranger Amazone. « Amazone » n'était pas un terme grec mais « mazone » ressemblait phonétiquement au mot « sein » et le préfixe « a » signifiait « sans ». Pour Hellanicos, ce terme signifiait donc que les Amazones sectionnaient leur sein dans le but d'armer leur arc. Son hypothèse fut rejetée par ses contemporains et jamais un artiste de l'antiquité ne l'intégra à ses travaux : toutes les Amazones représentées dans l'art grec et romain l'étaient avec leurs deux seins intacts. En outre, les archères n'étaient en aucun cas gênées par leur poitrine.

Illustration d'un duel entre une Amazone et un guerrier grec sculptée sur un sarcophage romain datant du 2e siècle. Musée du Louvre, Paris.

Photographie de DEA/ALBUM

Selon une autre croyance à la peau dure diffusée par les Grecs de l'antiquité, les Amazones étaient une tribu de femmes dominatrices qui méprisaient les hommes, les asservissaient, les mutilaient, les tuaient et allaient même jusqu'à renier les bébés garçons. Cette idée provient probablement du fait que les Grecs eux-mêmes opprimaient leurs femmes. En suivant leur propre logique, si les femmes étaient fortes et indépendantes, les hommes étaient forcément des lâches soumis à leur autorité. Néanmoins, certaines sources n'hésitaient pas à faire les louanges des Amazones : Homère utilisait par exemple un terme pour qualifier les Amazones que l'on pourrait traduire par « les égales des hommes » et bon nombre de poètes grecs les décrivaient comme étant « éprises des hommes. »

Aujourd'hui, certains spécialistes suggèrent que les Amazones choisissaient le champ de bataille au détriment de leur rôle de mères. Cette hypothèse est discréditée par les registres grecs des générations d'Amazones où le système de filiation est clairement matrilinéaire. Qui plus est, dans les récits grecs il est souvent question de guerrières amazones nourrissant leurs enfants au lait de jument. L'archéologie apporte également son lot de preuves réfutant l'absence de responsabilité maternelle chez les Amazones avec la découverte des sépultures d’archères montées nomades dont l'existence aurait inspiré les Amazones de la mythologie grecque il y a 2 500 ans. À côté des squelettes de guerrières enterrées avec leurs armes, les archéologues ont également mis au jour des nourrissons et des enfants. Les combattantes étaient également des mères, cela ne fait aucun doute.

La plupart des spécialistes reconnaissent aujourd'hui que les Amazones n'étaient que le fruit de l'imagination du peuple grec. Cependant, plusieurs études ont montré que les guerrières des vastes steppes de l'Asie Centrale ont également influencé d'autres civilisations entrées en contact avec les peuples nomades de Scythie. Les récits d'aventures et témoignages historiques au sujet de combattantes rappelant les Amazones apparaissent en Égypte, en Perse, au Caucase, en Asie Centrale, en Inde et même en Chine.

 

DES IDÉAUX ÉGALITAIRES

L'étude de la littérature grecque de la période classique soutient également l'idée que le mythe des Amazones était en partie fondée sur un peuple ayant réellement existé. L'historien du 5e siècle avant notre ère Hérodote, le géographe du 1er siècle avant notre ère Strabo et bien d'autres étaient convaincus de l'existence de femmes semblables aux Amazones et les associaient aux guerrières en chair en os de Scythie. Dans ses Histoires, Hérodote explique comment un groupe d'Amazones ayant fait naufrage s'éprennent d'amour pour les Scythes venus à leur rencontre. Ces derniers proposent aux Amazones de devenir leurs femmes et de regagner avec eux la terre de leurs ancêtres, ce à quoi elles répondent :

« Nous ne pourrions pas, répondirent les Amazones, demeurer avec les femmes de votre pays. Leurs coutumes ne ressemblent en rien aux nôtres : nous tirons de l'arc, nous lançons le javelot, nous montons à cheval […]. Vos femmes ne font rien de ce que nous venons de dire […]. Nous ne pourrions par conséquent jamais nous accorder ensemble. Mais si vous voulez nous avoir pour femmes, et montrer de la justice, allez trouver vos pères, demandez-leur la partie de leurs biens qui vous appartient ; revenez après l'avoir reçue, et nous vivrons en notre particulier. » (Hérodote, Livre IV. Melpomène, traduit du grec par Pierre Henri Larcher)

Une fois l'offre acceptée, les amants s'établissent sur de nouvelles terres où les Amazones auront tout le loisir de suivre leurs traditions aux côtés de leurs nouveaux partenaires. La présentation des Amazones faite par Hérodote révèle une vision équilibrée de ces femmes indépendantes.

PLATON ET LES AMAZONES

Parmi les figures historiques ayant évoqué les Amazones dans leurs ouvrages figure le philosophe Platon. Les Amazones et les femmes Scythes apparaissent dans Les Lois, un dialogue à propos des meilleures stratégies d'éducation des citoyens afin qu'ils soient à la fois préparés à la guerre et à la paix. Dans un État idéal, Platon propose qu'à l'âge de 6 ans, garçons et filles « soient formés à l'équitation, l'archerie, le lancer de javelot et le maniement de la fronde. » Ces activités militaires ne font pas partie des compétences traditionnellement enseignées aux soldats grecs et s'inspirent plutôt de celles des archers montés de Scythie. À l'époque de Platon, le 4e siècle. En comparant les authentiques guerrières Scythes aux Amazones de la mythologie, Platon introduit l'idée qu'une éducation militaire idéale se doit de reposer sur la notion d'égalité :

Si j’en suis cru, la loi prescrira aux femmes les mêmes exercices qu’aux hommes ; et je ne crains pas que la course à cheval et la gymnastique ne conviennent qu’aux hommes et point du tout aux femmes. Je suis persuadé du contraire sur d’anciens récits [...]. (Platon, Les Lois, Livre VII, traduit du grec par Victor Cousin)

Platon précise que la formation des enfants à l'équitation et l'archerie devra être confiée à des enseignants étrangers et se dérouler au sein de grands espaces ouverts prévus spécialement à cet effet. En veillant à ce que les jeunes filles soient « soient formées de l'exacte même manière que les jeunes garçons » à l'athlétisme, l'équitation et le maniement des armes, les femmes grecques pourraient, en cas d'urgence, « se saisir des arcs et des flèches comme le feraient les Amazones et appuyer les hommes » dans leur combat contre l'ennemi.

Le changement radical d'orientation de Platon par rapport à la vision grecque traditionnelle des rôles attribués à chaque sexe ne trouvait pas pour seule justification les récits des Amazones. Le philosophe déclare savoir « à n’en pas douter qu’aujourd’hui même il y a aux environs du Pont [nom donné à une région englobant la Scythie, ndlr] un nombre prodigieux de femmes appelées Sauromates [nom donné aux peuples nomades des steppes, ndlr] qui s’exercent ni plus ni moins que les hommes, non seulement à monter à cheval, mais à tirer de l’arc et à manier toute sorte d’armes. » Avant de poursuivre, « il n’y a rien de plus insensé que l’usage reçu dans notre Grèce, en vertu duquel les femmes et les hommes ne s'appliquent pas tous et de toutes leurs forces et de concert aux mêmes exercices. »

Comme l'affirme Platon, ce type de coopération mutuelle et de formation paritaire est inhérent à la réussite d'une société. Pour le philosophe, il est tout bonnement « insensé » qu'un État puisse songer à faire autrement, car sans la participation des femmes, « un État n'est que la moitié de ce qu’il serait, si tous avaient mêmes travaux et contribuaient également aux charges publiques. » Platon établit un parallèle entre, d'un côté, cette approche inclusive et égalitaire et, de l'autre, la célèbre capacité des archers scythes à décocher leurs flèches « indifféremment des deux mains ». Une telle ambidextrie est cruciale dans les combats à l'arc ou au javelot et pour Platon, chaque garçon et chaque fille devraient prétendre en grandissant à utiliser leurs deux mains avec la même dextérité.

Les femmes scythes, déclarait Platon, ont démontré qu'il était possible et bénéfique pour un État de décider qu'en « éducation et tout autre domaine, les femmes devaient pouvoir être sur un pied d'égalité avec les hommes et suivre le même mode de vie qu'eux. »

Deux Amazones viennent à bout d'un combattant dans cette illustration figurant sur le Sarcophage des Amazones, datant du 4e siècle avant notre ère. Musée archéologique national de Florence.

Photographie de SCALA, FLORENCE

 

UN RÊVE D'ÉGALITÉ

L'égalité entre hommes et femmes était un concept déconcertant pour les Grecs de l'antiquité, mais ils aimaient l'explorer à travers les mythes, l'art, le théâtre et la philosophie. Ainsi, Athènes a vu naître des idéaux démocratiques prônant l'égalité et bon nombre de dramaturges mettaient en scène des femmes fortes et indépendantes dans leurs pièces. Les innombrables mythes au sujet des Amazones ont offert aux hommes et femmes de l'époque une échappatoire pour imaginer l'égalité entre les sexes.

À travers leurs mythes et leurs « expériences de pensée », les Grecs ont créé le fabuleux royaume des Amazones en mêlant le réel à l'imaginaire, un monde qui fascine encore aujourd'hui. De nombreuses héroïnes des temps modernes s'inspirent fortement du portrait des Amazones dressé par la mythologie grecque. Katniss Everdeen, Buffy et la princesse Leïa sont autant d'héritières de ces célèbres guerrières. La descendante la plus directe est sans aucun doute Wonder Woman, une Amazone aux multiples dons reçus des dieux grecs.

Le noyau commun à la plupart des légendes au sujet des Amazones semble être l'éternelle recherche d'une relation harmonieuse et équilibrée entre l'homme et la femme ; une lutte universelle et intemporelle. Leurs récits laissent toujours apparaître la possibilité d'une égalité des sexes, mais ce qui était possible hier l’est encore aujourd'hui.

 

Adrienne Mayor est une historienne spécialisée dans l'étude de la philosophie des sciences à l'université Stanford.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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