Histoire

Archéologie : sur la piste de la reine Néfertiti

L’archéologue britannique Nicholas Reeves en est persuadé : la sépulture de Néfertiti, la reine égyptienne à la beauté légendaire, morte il y a plus de 3000 ans, reposerait dans le tombeau de Toutankhamon.

De National Geographic

Depuis que l'archéologue Howard Carter a mis au jour le tombeau dans la Vallée des rois, à Louxor en 1922, les experts pensent que l'espace est étrangement petit pour la sépulture d'un pharaon. Diverses théories sur le tombeau ont été émises au cours des décennies suivantes, mais en 2015 l'égyptologue Nicholas Reeves a formulé une hypothèse étonnante : les murs nord et ouest pourraient cacher la momie et les fabuleuses possessions de la belle-mère de Toutânkhamon, la légendaire reine Néfertiti. 

Deux précédentes études du tombeau avec le radar à pénétration de sol ont été conduites en 2015 et 2016, avec des résultats divergents. Une troisième étude des lieux avec le RPS a été commandée par le ministre des antiquités Khaled El Enany sur la recommandation des experts qui ont étudié les résultats des deux précédents scans. Cette nouvelle enquête, placée sous la direction de l'université polytechnique de Turin, a pour but de clarifier ces résultats et vérifier s'il existe des espaces vides derrières ces murs.

 

DES INDICES INTRIGANTS

L'idée de Nicholas Reeves est née d'un scan en trois dimensions réalisé en 2009 par la firme Factum Arte, qui était chargée de construire une réplique exacte du tombeau pour que les touristes puissent le visiter. Quand Reeves a étudié les scans des murs nord et ouest, il a cru voir des traces d'ouvertures recouvertes de briques. Ces indices pourraient permettre d'expliquer deux autres éléments intrigants.

En 1984 l'égyptologue Gay Robins a publié une étude sur les proportions des figures peintes sur les murs de la chambre funéraire. Sur le mur nord, elles composent une trame de 20 carrés, contre seulement 18 carrés pour les trois autres murs. Pour Gay Robins, ce serait là le résultat de la construction hâtive du tombeau, qui aurait pu nécessiter plusieurs équipes de peintres dont la formation divergeraient. Mais se pourrait-il que les murs aient été peints à deux périodes différentes et qu'un second corps repose dans ce tombeau ?

Les experts du Getty Conservation Institute ont par ailleurs relevé en 2012 un autre élément des plus étranges. Le décor du mur nord était originellement peint en blanc et a été recouvert de jaune plus tard pour correspondre aux trois autres murs. Le mur blanc pourrait-il être celui d'un autre tombeau, repeint au moment de l'inhumation de Toutânkhamon ?

Quand Mamdouh El Damaty, ministre des antiquités à l'époque où Reeves a émis cette théorie, a pris le temps d'observer avec attention le mur du nord, il y a vu une autre irrégularité : une différence nette entre deux parties du mur. La partie haute de cet espace est peinte sur la pierre nue mais la partie basse est peinte sur une sorte d'enduit.

Un troisième scan RPS autorisé par le ministre des antiquités passera sous le radar chaque pierre de l'édifice funéraire, au cours de plusieurs sessions d'une durée de quatre heures.

Les résultats du scan complet devraient normalement bientôt apporter la réponse finale sur l'existence de supposées chambres funéraires cachées.