Ce mystérieux horloger prussien affirmait être Louis XVII, le fils décédé de Marie-Antoinette

Karl-Wilhelm Naundorff parvint à convaincre des membres de l’aristocratie française qu’il était le descendant disparu de Louis XVI et Marie-Antoinette.

De Erin Zaleski
Publication 9 janv. 2026, 14:12 CET
L’affaire des faux dauphins : Karl-Wilhelm Naundorff (non daté)

L’affaire des faux dauphins : Karl-Wilhelm Naundorff (non daté)

PHOTOGRAPHIE DE Photo 12, Getty Images

Dans un cimetière de la ville néerlandaise de Delft, une pierre tombale pourtant simple porte une inscription déroutante.

« Ci-gît Louis XVII. Charles Louis, duc de Normandie, roi de France et de Navarre. Né à Versailles, le 27 mars 1785. Mort à Delft, le 10 août 1845. » 

Déroutant, car le fils de Louis XVI mourut en prison à l’âge de dix ans, en 1795, moins de deux ans après l’exécution de sa mère, Marie-Antoinette, sur la place de la Concorde. Pourquoi alors sa tombe se trouve-t-elle aux Pays-Bas ? Et pourquoi sa date de décès indique-t-elle 1845 (cela signifierait que le fils condamné de la reine aurait eu 60 ans au moment de sa mort) ?

Les journalistes et historiens français évoquent souvent le destin de Louis XVII comme l’une des « plus grandes énigmes » de l’histoire du pays. Les circonstances obscures et les questions sans réponses autour de l’emprisonnement du jeune dauphin, puis de sa mort et de son inhumation, ont inspiré 3 000 ouvrages environ. Aujourd’hui encore, plus de deux siècles après la Révolution française, le sujet est régulièrement revisité par les médias français et maintenu en vie par l’arrière-arrière-petit-fils de l’homme enterré dans la tombe étrange de Delft.

Adieux de Louis XVI à sa famille le 20 janvier 1793 au Temple. Tableau de Jean ...

Adieux de Louis XVI à sa famille le 20 janvier 1793 au Temple. Tableau de Jean Jacques Hauer (1751-1829), 1794. Huile sur toile. 0,53 × 0,46 m. Musée Carnavalet, Paris.

PHOTOGRAPHIE DE Josse, Leemage, Getty Images

« Est-il bien mort en 1795, où est-il inhumé ? », se demandait Le Point voilà quelques années. « L’enfant du Temple était-il vraiment Louis XVII ? », s’interrogeait-on sur Europe 1.

Le Temple en question était une forteresse imposante du centre de Paris construite par les Templiers au 13e siècle. Avant son transfert à la Conciergerie, Marie-Antoinette était détenue dans l’une de ses tours avec ses deux enfants rescapés, Marie-Thérèse et Louis-Charles, qui devint héritier du trône lorsque son frère aîné décéda des suites d’une maladie.

Après l’exécution du roi, en 1793, on sépara Louis-Charles de sa mère et on le transféra vers une autre zone du Temple où il devait mourir de tuberculose. On l’enterra dans une tombe anonyme dans le cimetière communal Sainte-Marguerite qui se trouvait à l’emplacement de l’actuelle rue Saint-Bernard, dans le 11e arrondissement.

Dans les jours qui suivirent son décès, une rumeur commença à circuler : on avait exfiltré Louis-Charles de sa cellule et on l’avait remplacé par un orphelin anonyme. Le mythe de la survie du dauphin prit de l’ampleur dans les années et les décennies suivantes et à la fin du 18e et au début du 19e siècle, des hommes, par dizaines, affirmèrent être chacun héritier du trône de France. Parmi ces personnages douteux figuraient notamment un propriétaire de verrerie ruiné et un criminel encore adolescent.

Au début du 19e siècle, un jeune horloger prussien annonça qu’il était Louis-Charles et exprima sa détermination à revendiquer son titre royal. Répondant au nom de Karl-Wilhelm Naundorff, il avait purgé une peine pour contrefaçon. À la différence de nombreux imposteurs qui l’avaient précédé, Karl-Wilhelm Naundorff apparut charmant et raffiné, et possédait une connaissance impressionnante de la cour de Versailles et de ses us et coutumes. En 1831, un journal local relata son histoire, reprise ensuite par le quotidien français Le Constitutionnel.

Quand Karl-Wilhelm Naundorff arriva à Paris en 1833, sans le sou, vêtu de guenilles et parlant à peine français, le cousin de Louis XVI, Louis-Philippe, était sur le trône, et la monarchie de juillet était dans ses premières années. Alors, l’histoire de l’« horloger de Crossen » se répandit dans les cercles royalistes et parmi les membres survivants de la cour de Versailles.

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    Agathe de Rambaud, qui avait été nourrice des enfants de Marie-Antoinette, fit partie des quelques courtisans âgés qui rencontrèrent l’homme qui affirmait être Louis XVII. Même si cela faisait plusieurs décennies qu’elle n’avait pas vu le jeune Louis-Charles, les cheveux blonds bouclés de Karl-Wilhelm Naundorff, une petite cicatrice sur sa lèvre (supposément due à une morsure de lapin) et une marque triangulaire laissée par une inoculation la convainquirent que son ancien protégé venait bel et bien de réapparaître. De plus, quand elle lui montra un manteau bleu qui avait appartenu au jeune prince, Karl-Wilhelm Naundorff lui aurait indiqué avec exactitude quand et où il l’avait porté pour la dernière fois.

    D’autres membres de l’Ancien Régime affirmèrent reconnaître le dauphin disparu, notamment le dernier ministre de la Justice de la monarchie et le marquis de Feuillade, ancien page de Louis XVI, qui remarqua que Naundorff ressemblait à la défunte reine et avait « les traits et l’allure » de son père. « […] Sur la foi des preuves confondantes que j’ai devant mes propres yeux, écrivit le marquis dans une lettre, je ne peux douter qu’il est véritablement le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. »

    Cependant, une ancienne résidente du palais qualifia d’emblée Naundorff d’« imposteur habile ». La sœur aînée du prince, Marie-Thérèse, avait été libérée du Temple à la fin de 1795 et vivait en exil en Autriche. Bien qu’elle eût rencontré d’autres prétendants, elle refusa de rencontrer Karl-Wilhelm Naundorff et ne répondit jamais à la multitude de lettres qu’il lui adressa. Des lettres de soutien à Naundorff écrites par Agathe de Rambaud et par d’autres ne parvinrent pas non plus à la convaincre.

    Imperturbable, Karl-Wilhelm Naundorff intenta un procès à Marie-Thérèse et à son époux, le duc d’Angoulême, pour obtenir sa part de la fortune royale. À ce moment-là, Louis-Philippe, exaspéré, ordonna son arrestation et confisqua plus de 200 documents qui, selon Naundorff, prouvait qu’il était Louis XVII. On expulsa Naundorff de France, vers l’Angleterre, pour « troubles à l’ordre public », et les documents disparurent. Certains historiens doutent qu’ils aient jamais existé, tandis que d’autres croient savoir qu’on les entreposa dans les archives gouvernementales avant que les nazis ne s’en emparent durant l’Occupation. Quoi qu’il en soit, on ne les retrouva jamais.

    L’exil de France ne découragea pas Karl-Wilhelm Naundorff. En Angleterre, il continua à affirmer qu’il était Louis XVII et publia même une nouvelle édition de ses mémoires dans lesquels il racontait en détail son évasion de la prison du Temple et la série d’aventures rocambolesques qui s’ensuivit (voyage, donjons et arrestation par les fores de Napoléon, entre autres choses). S’écartant un peu de ses premiers mémoires, dans lesquels un mannequin et un cheval de bois l’aidaient dans son évasion, il y maintient néanmoins que sa fuite impliqua un tour de passe-passe digne d’un roman : une inversion de rôles avec un pauvre inconnu.

    Selon Naundorff, on l’aurait transporté clandestinement au dernier étage de la tour dans un panier à linge, tandis que l’on mettait un autre garçon à sa place dans sa cellule. Lorsque l’on empoisonna l’enfant substitué un peu plus tard, on drogua Karl-Wilhelm Naundorff à l’opium et on le plaça dans le cercueil de son double malheureux.

    « Lors du trajet vers le cimetière, j’étais placé dans une boîte au fond de la calèche et le cercueil était remplis de vieux papiers de sorte qu’il ne paraisse pas trop léger, écrit Karl-Wilhelm Naundorff. Une fois le cercueil placé dans la tombe, mes amis me ramenèrent à Paris. »

    L’accès aux richesses royales s’étant révélé impossible, Karl-Wilhelm Naundorff dut se réinventer en Angleterre, d’abord en tant que fondateur d’une nouvelle religion ésotérique ancrée dans le mysticisme catholique, puis en tant que spécialiste des explosifs. Il finit par s’installer aux Pays-Bas, où il convainquit le gouvernement néerlandais de l’aider à financer un nouvel explosif qu’il nomma « la bombe Bourbon ». Le roi Guillaume II des Pays-Bas croyait visiblement lui aussi aux affirmations de Naundorff, mais certains historiens estiment qu’il était peut-être mû par le ressentiment, car les relations franco-néerlandaises étaient tendues.

    Le séjour de Karl-Wilhelm Naundorff à Delft devait toutefois être bref. Six mois environ après son arrivée, il tomba mystérieusement malade – bon nombre de ses partisans soupçonnent un empoisonnement – et mourut quelques semaines plus tard. Quelques heures avant son décès encore, il fulminait contre la Révolution, contre la guillotine et contre la mort du roi défunt. Jusqu’à son dernier souffle, Karl-Wilhelm Naundorff affirma être Louis XVII. Son certificat de décès indique Charles-Louis de Bourbon, duc de Normandie, nom qu’il avait officiellement déclaré auprès des autorités néerlandaises et qui fut également gravé sur sa tombe. Fait curieux, le prénom composé y figure dans l’ordre inverse de celui du dauphin, Louis-Charles.

    L’un des aspects les plus intrigants des affirmations de Naundorff est que plutôt que de s’estomper avec le temps après sa mort, comme ce fut le cas pour les femmes qui prétendaient être Anastasia Romanov, elles perdurèrent pendant près de deux siècles, car ses descendants cherchèrent à faire reconnaître officiellement leur filiation royale. 

    Tombe de Karl-Wilhelm Naundorff à Delft, qui affirmait être Louis XVII.
    Exhumation le 19 octobre 1950 de Karl-Wilhelm Naundorff pour savoir s’il était effectivement le dauphin Louis ...
    Gauche: Supérieur:

    Tombe de Karl-Wilhelm Naundorff à Delft, qui affirmait être Louis XVII.

    PHOTOGRAPHIE DE BNA Photographic, Alamy
    Droite: Fond:

    Exhumation le 19 octobre 1950 de Karl-Wilhelm Naundorff pour savoir s’il était effectivement le dauphin Louis XVII.

    PHOTOGRAPHIE DE Keystone-France, Getty Images

    Les partisans de Karl-Wilhelm Naundorff et ses héritiers se firent appeler les « naundorffistes » et le naundorffisme, la croyance selon laquelle l’horloger défunt était véritablement Louis XVII, s’est maintenue durant des générations. Depuis sa mort, des demandes de reconnaissance ont été déposées devant les tribunaux (toutes ont été rejetées), et des actions en justice ont été intentées, notamment à la fin des années 1920, lorsqu’un petit-fils de Naundorff demanda aux tribunaux français de lui accorder la propriété du château de Chambord qui, disait-il, lui revenait de droit. Cela aussi fut refusé.

    De grands médias américains, comme le New York Times et Times Magazine, couvrirent même cette saga s’étirant sur plusieurs décennies, et notamment deux exhumations des restes de Karl-Wilhelm Naundorff, une première en 1904, lorsque l’on déplaça la tombe de son lieu d’origine pour permettre l’aménagement d’une place publique, et une seconde fois en 1950 pour les examiner et effectuer des tests, notamment pour y dépister l’éventuelle présence d’arsenic. Durant ces tests, l’humérus droit et une mèche de cheveux furent extraits du cercueil et conservés dans les archives médico-légales néerlandaises.

    Près d’un demi-siècle plus tard, les reliques en question allaient de nouveau faire les gros titres de la presse. Le Monde annonça notamment que le prétendu dauphin avait été « trahi par son humérus ». Des généticiens comparèrent l’ADN mitochondrial prélevé sur les restes de Naundorff à des échantillons provenant de cheveux de Marie-Antoinette et de deux de ses sœurs. Leur conclusion ? Aucun lien de parenté avec Marie-Antoinette ni avec sa famille.

    Les résultats des tests eurent beau discréditer les affirmations de Naundorff, des questions demeuraient concernant la mort du jeune roi. Sa dépouille ne fut jamais officiellement identifiée. Le médecin qui réalisa l’autopsie retira le cœur du corps, comme le veut la tradition royale, et s’éclipsa avec avant de le placer dans une flasque en cristal remplie d’alcool. Le cœur changea de mains à plusieurs reprises au fil des années avant de terminer dans la crypte royale de Saint-Denis il y a cinquante ans environ.

    Le journaliste et historien Philippe Delorme doutait depuis longtemps des déclarations de Karl-Wilhelm Naundorff et était persuadé que Louis-Charles était mort en prison. Pour étayer son intuition, il organisa des analyses génétiques sur le cœur momifié lors desquelles on compara l’ADN de ce dernier à celui de membres de la famille royale, notamment grâce à une mèche de cheveux de Marie-Antoinette. Les résultats du test ont révélé un lien génétique entre le cœur et la reine défunte. En 2004, à l’occasion d’une messe funèbre célébrée en la basilique de Saint-Denis, on déposa le minuscule organe à côté des tombes de Louis XVI et Marie-Antoinette.

    « Le verdict de la science confirme donc celui de l’Histoire », écrit Philippe Delorme dans son ouvrage intitulé Louis XVII, la biographie. « Le petit prince, malheureusement, ne survécut pas à la Révolution. »

    Un large consensus existe aujourd’hui autour des derniers jours du dauphin. Après plusieurs mois de négligence et d’abus physiques et psychologiques, l’enfant-roi succomba à la tuberculose dans sa cellule. Quels qu’aient été les maux endurés par le pays sous l’Ancien Régime, Louis-Charles est largement perçu comme une figure tragique ; une victime innocente d’un épisode particulièrement turbulent de l’Histoire. Quant à Karl-Wilhelm Naundorff, on le considère soit comme un rêveur dans le déni qui croyait à ses propres mensonges ou bien comme un mégalomane rusé et charismatique qui sut frapper au moment où la France se remettait encore du choc de la Révolution.

    Néanmoins, le naundorffisme persiste dans certains cercles – Philippe Delorme qualifie ses adhérents d’ « ultra-minoritaires, même au sein du microcosme royaliste » – et une brève recherche sur Internet renvoie vers plusieurs livres et sites web consacrés à la thèse survivantiste qui, pour certains, défendent ardemment Naundorff et ses descendants. Selon eux, les tests ADN ne seraient pas fiables, car l’os prélevé sur Karl-Wilhelm Naundorff aurait été mal manipulé et possiblement contaminé. Et le cœur, selon eux toujours, n’était pas celui de Louis-Charles, mais de son frère Louis-Joseph, mort peu de temps avant la Révolution. Les historiens rejettent cet argument et rappellent que le cœur de Louis-Joseph fut embaumé selon la tradition royale, contrairement à celui soumis aux analyses.

    L’arrière-arrière-petit-fils de Naundorff, Hugues de Bourbon, vit près de Tours et exerce le métier de libraire spécialisé dans les livres et manuscrits rares. À l’occasion d’une conversation à Paris, cet homme de cinquante ans raconte avoir passé sa jeunesse à répondre aux questions des historiens. Poli, affable, vêtu d’une veste de costume grise et d’une cravate rose, il explique qu’il est lui aussi sceptique quant aux tests ADN effectués sur les restes de Karl-Wilhelm Naundorff et reprend d’autres arguments survivantistes selon lesquels le cœur inhumé à Saint-Denis appartenait en fait à Louis-Joseph. Mais ce sont surtout des éléments anecdotiques qui l’ont convaincu que Naundorff était bien Louis XVII.

    « Toutes les personnes de la cour qui l’avaient connu enfant, toutes, l’ont reconnu, explique-t-il. Sauf une personne : sa sœur. » Qui avait selon lui un conflit d’intérêt.

    D’après lui, le traitement réservé par les autorités françaises à Naundorff et à son dossier de documents est également douteux. 

    « Imaginez un imposteur à l’époque de Charles X qui dit : “Je suis le roi de France. Ma sœur, la duchesse d’Angoulême, est une menteuse, et Charles X n’est pas le roi légitime.” »

    « Normalement, une telle personne serait incarcérée ; on ne l’exilerait pas, poursuit-il. Vous exilez les personnes gênantes. Pourquoi le procès n’a-t-il pas eu lieu alors qu’il avait été formellement programmé ? Pourquoi l’arrêter et faire disparaître son dossier ? »

    Depuis la Révolution, les monarques, fait-il observer, « auraient donc été des imposteurs… Donc [reconnaître Naundorff] ne convient pas à l’État français. »

    Le descendant de Karl-Wilhelm Naundorff admet avoir lui-même des doutes quant à ses origines, mais dit être ouvert à l’idée de réaliser des analyses génétiques complémentaires, à condition qu’elles soient effectuées par un laboratoire « indépendant et sérieux ». 

    « Je ne suis pas sûr que la science puisse me prouver à 100 % que j’ai raison ou que j’ai tort, ajoute-t-il. Mais je crois en cette histoire. Je suis convaincu que Naundorff était Louis XVII, l’enfant enfermé dans le Temple. »

    La prison du Temple fut démolie sur ordre de Napoléon au début du 19e siècle pour décourager les pèlerinages royalistes. Aujourd’hui, un petit jardin public occupe son emplacement et l’on peut y entendre, les après-midis ensoleillés, les cris et les rires des enfants. Une plaque orne l’un des murs extérieurs de la mairie du 3e arrondissement, seul vestige des murs sombres entre lesquels souffrit autrefois un jeune homme et desquels partit l’une des énigmes nationales les plus clivantes. 

    Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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