Tanis, la mythique cité perdue

La « cité oubliée » a été rendue célèbre par le film Les Aventuriers de l’Arche perdue.

Publication 17 sept. 2021, 14:52 CEST
Ruins at Tanis, Egypt

Tanis, la cité oubliée, demeure dans un anonymat relatif en comparaison aux nombreux sites historiques d’Égypte. Elle a pourtant produit un des plus grands trésors archéologiques jamais découvert. Les tombeaux funéraires de Tanis, autrefois capitale de l’Égypte, n’ont rien à envier aux trésors de Toutankhamon.

Photographie de O. Louis Mazzatenta

Les trésors découverts dans la « cité oubliée » n’ont rien à envier à ceux de Toutankhamon. Pourtant, les richesses renfermées par les tombeaux de ses pharaons sont demeurées dans l’anonymat pendant plus de six décennies.

La plupart de ceux qui connaissent Tanis en ont l’image donnée par le film Les Aventuriers de l’arche perdue, qui met en scène le célèbre Indiana Jones. Dans le film, la ville ensevelie par une tempête de sable en des temps immémoriaux est redécouverte par des nazis à la recherche de l’arche d’alliance.

En réalité, l’arche n’a jamais été cachée à Tanis, la tempête de sable ne s’est jamais produite, et les nazis n’ont pas plus combattu Indiana Jones dans ses ruines. La véritable histoire de Tanis aurait cependant toute sa place sur grand écran.

 

UNE CITÉ QUI S'ÉVAPORE

Tanis n’est en fait qu’un des nombreux noms de cette cité oubliée. En Égypte antique on l’appelait Djanet, et dans l’Ancien Testament elle est connue sous le nom de Zoan. De nos jours on l’appelle Sân el-Hagar.

Située sur le Delta du Nil, au nord-est du Caire, Tanis fut la capitale des 21e et 22e dynasties lors du règne des rois tanites pendant la troisième période intermédiaire.

Grâce à son emplacement avantageux, la cité est devenue un centre économique bien avant l’expansion d’Alexandrie. Mais le cours de la vie politique de la ville a fini par changer et celui du fleuve aussi : Tanis est alors devenue une plaine limoneuse parsemée de monticules qui semblaient de peu d’intérêt.

On savait que cette cité antique était cachée quelque part dans la région mais on ignorait où exactement.

« Les gens n’arrêtaient pas d’essayer de la faire correspondre à différents lieux », a raconté Salima Ikram, professeure d’égyptologie à l’Université américaine du Caire et membre de la National Geographic Society.

Les « périodes intermédiaires » sont des époques où le gouvernement central égyptien était faible, où le pouvoir était divisé et parfois même confisqué aux Égyptiens. À cette période, les maîtres de Tanis n’étaient pas des héritiers de familles traditionnelles égyptiennes mais étaient d’ascendance libyenne. Cela a pu contribuer à la disparition de la cité par la suite.

« Ce n’est pas comme la Vallée des Rois, où chacun savait qu’ils y enterraient [les pharaons] depuis dix générations environ », commente David Silverman, égyptologue à l’Université de Pennsylvanie.

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OUBLIÉE ET REDÉCOUVERTE

En 1939, un archéologue français du nom de Pierre Montet a ramené Tanis au 20e siècle après une douzaine d’années de fouilles. Il a mis au jour un tombeau royal complexe qui renfermait trois chambres intactes et paisibles, une découverte rare et merveilleuse.

Les tombeaux recelaient de trésors funéraires éblouissants : des masques dorés, des cercueils d’argent et des sarcophages détaillés. D’autres objets de valeur comme des bracelets, des colliers, des pendentifs, des couverts et des amulettes ont été retrouvés.

Mais les tombeaux étaient aussi remplis de statues, de vases, de pots faisant partie d’un étalage qui des millénaires plus tard continue de témoigner du pouvoir et de la richesse des pharaons de Tanis.

L’un d’eux, Sheshonq II, était inconnu avant que Pierre Montet découvre sa chambre funéraire. Mais il portait des bijoux raffinés ayant un jour appartenu à Sheshonq Ier, pharaon plus célèbre et cité dans la Bible.

« Cela vous montre que [les pharaons de Tanis] étaient très importants, du moins à cette période », analyse David Silverman en faisant référence à cette mention biblique.

La cité oubliée a été découverte telle qu’elle avait été abandonnée et regorge donc de trésors archéologiques en plus des tombeaux. Un temple dédié à Amon et un autre à Horus ont été découverts. Même les divisions urbaines de l’ancienne cité sont toujours présentes. Le site continue d’ailleurs d’accueillir des archéologues qui espèrent y faire de nouvelles découvertes.

Puisqu’il y avait tant à découvrir, comment se fait-il que tant d’autres aient échoué dans leur quête avant Pierre Montet ?

« Il faut une personne vraiment persévérante pour vaincre les probabilités, explique David Silverman. Pierre Montet a travaillé très, très dur pour finir par découvrir ce qui est mentionné dans la Bible, ce qui était connu à cette période-là mais qui a fini par être oublié. »

Les prouesses de Pierre Montet ont beau être hors du commun, elles ne pouvaient pas tomber à moment plus atroce. La découverte de Tanis a été complètement éclipsée par l’éruption quasi simultanée de la Seconde Guerre mondiale.

Aujourd’hui encore, peu de gens connaissent l’histoire des trésors mis au jour par Pierre Montet. Et bien que les objets excavés soient exposés au musée égyptien du Caire, ils attirent bien moins de curieux que ceux qui sont plus connus.

« S’il n’y avait pas eu la Seconde Guerre mondiale, les tombeaux des pharaons de Tanis auraient été aussi connu, voire plus, que le tombeau de Toutankhamon », constate Salima Ikram.

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