Le COVID-19 revient : quelques rappels pour vous protéger et protéger les autres

Alors que de nouveaux variants font leur apparition et que le nombre de cas augmente, voici quelques rappels des gestes et procédures à suivre si vous tombez malade ou que vous voulez vous protéger.

De Meryl Davids Landau
Publication 21 sept. 2023, 15:01 CEST
Une personne malade réalise un autotest pour la COVID-19. Toute personne présentant des symptômes respiratoires et ...

Une personne malade réalise un autotest pour la COVID-19. Toute personne présentant des symptômes respiratoires et dont l’autotest est négatif doit suivre les recommandations des autorités de santé et refaire un test deux jours plus tard.

PHOTOGRAPHIE DE John Tully, Bloomberg, Getty Images

Les cas de COVID-19, dont certains très graves, augmentent avec l’apparition de nouveaux variants infectieux d’Omicron. 

Les spécialistes espèrent que l’immunité acquise par la majorité de la population lors des précédentes vagues épidémiques, les injections précédemment reçues et/ou la distribution des nouveaux vaccins dans les prochains jours permettront de contenir la hausse du nombre de cas et d’éviter une vague aussi intense que début 2021.

Pour l’heure, les spécialistes ignorent si cette reprise épidémique de la fin de l’été traduit une tendance annuelle, la COVID-19 étant une maladie trop récente pour être saisonnière comme la grippe, explique Rick Martinello, spécialiste des maladies infectieuses à l’école de médecine de Yale, aux États-Unis. La récente augmentation des cas pourrait être due aux vagues de chaleur qui ont touché la majeure partie du pays ces dernières semaines, forçant les personnes à rester à l’intérieur et favorisant ainsi la circulation des virus.

« Nous ne savons pas encore si le nombre de cas va se stabiliser bientôt ou s’il va continuer à augmenter de manière significative », annonce Martinello.

Face à cette situation, un petit rappel des recommandations à suivre pour vous protéger et savoir quoi faire si vous pensez avoir été exposé.e au virus ou si vous êtes malade s’avère judicieux.

 

QUE FAIRE DE VOS AUTOTESTS PÉRIMÉS ?

Les tests antigéniques achetés en pharmacie ou fournis gratuitement ont une date d’expiration, après laquelle vous êtes censé.e les jeter. La plupart des fabricants ont reçu l’autorisation d’étendre la date d’expiration des tests après la distribution de ces derniers.

Ainsi, les tests dont la date d’expiration est dépassée peuvent encore être efficaces, explique Zishan Siddiqui, professeur adjoint de médecine à l’école de médecine Johns Hopkins. Avec ses collègues, le chercheur a placé de petits échantillons viraux sur des tests BinaxNow de l’entreprise pharmaceutique Abbott répartis en deux groupes : dans le premier, la date d’expiration étendue des tests n’était pas dépassée ; dans le second, elle était dépassée de cinq mois. L’efficacité des deux groupes de tests était comparable, la seule différence étant que la ligne du résultat positif est moins colorée chez ceux dont la date d’expiration est dépassée. Il convient donc d’examiner les autotests dans une pièce bien éclairée.

« Je pense qu’il n’y a aucun risque à ce que les gens utilisent un test périmé qu’ils ont à la maison », précise Zishan Siddiqui, notamment si l’alternative est de ne pas faire de test. Les vieux autotests, en particulier ceux rangés dans des endroits chauds ou entassés les uns sur les autres, peuvent toutefois être endommagés (écouvillons ou cartes de test abîmés, dégradation des principales substances chimiques de test).

Toute personne présentant des symptômes respiratoires et dont l’autotest est négatif (qu’il soit périmé ou non) doit suivre les recommandations des autorités de santé et refaire un test deux jours plus tard.

 

GORGE OU NEZ, COMMENT EFFECTUER LE PRÉLÈVEMENT ?

Le virus étant davantage concentré dans les prélèvements nasaux, ces derniers sont donc plus susceptibles de donner un résultat positif. Qui plus est, les tests antigéniques ne sont pas conçus pour analyser les prélèvements oraux, lesquels peuvent contenir des bactéries ou d’autres contaminants.

 

EST-IL POSSIBLE DE CONTRACTER LE SARS-COV-2 DANS LES JOURS QUI SUIVENT L’EXPOSITION AU VIRUS ?

Une étude française a récemment confirmé le ressenti des patients, à savoir que ceux exposés au variant Omicron présentaient plus tôt des symptômes qu’après avoir été exposés à la souche originelle du SARS-COV-2.

Il est donc possible que la période d’incubation soit plus courte en raison des mutations. Il se peut également que ces changements soient le résultat d’une meilleure compréhension de la fenêtre de contagion du virus, avance Rick Martinello.

Mais encore aujourd’hui, la rapidité avec laquelle les patients tombent malades varie grandement. « Nous ne savons pas encore tout à fait quelle est la période d’incubation de la COVID-19 », ajoute le spécialiste.

 

COMBIEN DE TEMPS FAUT-IL S’ISOLER APRÈS UN TEST POSITIF À LA COVID-19 ?

Les autorités de santé publique françaises ne recommandent plus l’isolement systématique pour les personnes testées positives. « En revanche, comme pour toute maladie à infection respiratoire aiguë, il reste fortement recommandé aux personnes testées positives au Covid-19, ainsi qu’aux personnes ayant été exposées à une personne contagieuse et susceptibles de développer la maladie, d’éviter le contact avec les personnes fragiles », peut-on lire sur le site Ameli.fr.

Si vous vivez avec une ou des personnes fragiles, il est recommandé de vous isoler dans une pièce séparée si vous contractez le COVID-19, et de porter un masque lorsque vous en sortez pour aller dans la salle de bain ou la cuisine, explique Rick Martinello. 

La période d’isolation dans ce cas précis prend fin après cinq jours en l’absence de symptômes ou une fois que l’état de santé du malade s’améliore et qu’il ne présente plus de fièvre (sans médicament) depuis au moins 24 heures. Les personnes présentant des symptômes plus graves (essoufflement par exemple) ou qui ont été hospitalisées doivent s’isoler pendant au moins 10 jours.

 

DANS QUELS CAS FAUT-IL PORTER UN MASQUE APRÈS L’ISOLEMENT ?

Une fois la période d’isolement terminée, le malade doit porter un masque de qualité supérieure pendant 10 jours à compter de la disparition des symptômes ou du test positif. Et n’oubliez pas : le premier jour correspond au jour 0. Ce détail a son importance, puisqu’une personne malade peut être contagieuse pendant 10 jours.

Des chercheurs ont en effet découvert que la moitié des joueurs de la NBA testés à plusieurs reprises en 2021 présentaient encore des charges virales élevées au 5e jour de la maladie. Rick Martinello recommande de s’isoler à domicile pendant plus de 5 jours si cela est possible.

Vous pouvez en revanche enlever votre masque avant le 10e jour si vous avez effectué deux autotests négatifs à deux jours d’écart.

 

À QUI DOIT ÊTRE ADMINISTRÉ L’ANTIVIRAL PAXLOVID ?

Plus de 12 000 patients à risque de forme grave de Covid-19 (hospitalisation, décès), ont reçu une délivrance de Paxlovid au premier semestre 2022 en France. Le Paxlovid est un antiviral qui continue de faire ses preuves face aux variants actuels. Les groupes à risques incluent les personnes âgées de plus de 50 ans, les personnes non vaccinées en âge de l’être, les personnes âgées de 12 ans et plus atteintes d’une maladie grave (maladie cardiaque, pulmonaire, rénale ou hépatique chronique, cancer, diabète) et les personnes immunodéprimées ou ayant un système immunitaire affaibli (y compris causé par un traitement).

Il convient d’en parler avec son médecin le plus tôt possible, car le Paxlovid n’a les effets souhaités que s’il est pris dans les cinq jours après l’apparition des symptômes. Les personnes à risques qui ne peuvent pas prendre le Paxlovid peuvent se voir injecter par intraveineuse pendant trois jours du remdesivir, qui bloque lui aussi la réplication du virus.

Certains scientifiques s’inquiètent de la possibilité de contracter à nouveau la COVID-19 après avoir pris du Paxlovid, mais ils ignorent encore si cela est dû au médicament ou à la maladie.

 

FAUT-IL SE FAIRE À NOUVEAU VACCINER AVEC UN NOUVEAU VACCIN ?

Comme l’incidence du COVID-19 semble être en forte augmentation depuis la rentrée, la campagne de rappel vaccinal a été avancée, de deux semaines, au 2 octobre. Il reste cependant possible de se faire vacciner toute l'année. Le délai à respecter après la dernière injection ou infection est de six mois minimum, pour tous. Les lieux de vaccination près de chez soi (médecins généralistes, pharmacies, cabinets infirmiers, etc.) peuvent être consultés sur le site www.sante.fr.

Les vaccins mRNA de Moderna et Pfizer ne ciblent désormais plus la souche originelle du SARS-CoV-2, mais le variant XBB.1.5 d’Omicron, qui se rapproche davantage des souches qui circulent actuellement. Une seule injection est nécessaire, même pour les personnes n'ayant jamais été vaccinées.

« Être à jour dans ses vaccins constitue la protection la plus efficace contre le virus », souligne Vandana Madhavan, spécialiste des maladies infectieuses au Massachusetts General Hospital, un hôpital pédiatrique de Boston.

En plus de prévenir les formes graves, la vaccination réduirait le risque de développer un COVID long à la suite d’une infection.

 

QUELS SONT LES AUTRES MOYENS DE PROTECTION ?

Le port du masque et la distanciation sociale restent les moyens de protection les plus efficaces, mais la plupart des personnes n’ont pas besoin de s’y soumettre 24 heures/24, 7 jours/7. « La prévention, ce n’est pas un interrupteur, mais plutôt un variateur d’intensité que vous pouvez régler à la hausse ou à la baisse selon votre situation ou celle du lieu où vous habitez », explique Vandana Madhavan.

Elle précise que si les individus à risques ou leur famille doivent être plus prudents pendant plus longtemps, les autres personnes peuvent uniquement porter un masque dans les lieux très fréquentés (comme le métro, les supermarchés ou le cinéma) lorsque le nombre de cas est élevé ou pour éviter d’attraper le virus avant de partir en vacances ou d’assister à un mariage par exemple.

Même si une seule personne porte un masque, elle est protégée. Les recherches menées par les CDC montrent clairement qu'une personne qui porte un masque de qualité supérieure (un masque N95 ou  KN95) est 83 % moins susceptible de contracter un virus en circulation que les personnes ne portant pas de masque.

La tolérance au risque d'une personne influe également sur la durée et les lieux où elle doit être masquée, précise Rick Martinello. « Il suffit parfois de quelques secondes pour être exposé à une quantité suffisante de virus provenant d'une personne voisine et tomber malade », fait-il remarquer. À chacun donc de décider s'il veut éviter toute exposition ou s'il est prêt à prendre un risque.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise. Il a été adapté par l'équipe de rédaction française pour retranscrire les recommandations de santé publique officielles.

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