Dormir est-il devenu incompatible avec la vie moderne ?

Notre rythme de travail ne correspond pas forcément à notre horloge biologique. La lumière bleue des écrans et la pollution lumineuse bouleversent également notre rythme naturel.

Wile Wennman, 7 ans, qui vit à Nacka, en Suède, aime s'endormir avec la lumière allumée, ...

Wile Wennman, 7 ans, qui vit à Nacka, en Suède, aime s'endormir avec la lumière allumée, explique son père, Magnus — le photographe qui a fait le tour du monde pour montrer comment et où dorment les gens.

Photographie de Magnus Wennman

Lorsqu’ils se réveillent, des marins américains de l’USS Paul Hamilton enfilent pour un court moment des lunettes émettant de la lumière. Notre organisme se cale naturellement sur un rythme jour-nuit grâce à l’épiphyse, une glande endocrine du cerveau. Mais les marins peuvent, par cette méthode, régler leur horloge biologique sur leur emploi du temps, plutôt qu’avec le cycle du soleil.

Nita Shattuck, de l’École navale supérieure de Monterey (Californie) teste des appareils pour décaler l’horloge interne des marins, afin qu’ils soient opérationnels durant la nuit.
Photographie de Magnus Wennman

Si ce cas de dérèglement du rythme naturel est extrême, il semblerait que la vie moderne soit de plus en plus incompatible avec le fait de bien dormir. En cause, la prolifération de l’éclairage public et la généralisation des écrans. Un Français dort en moyenne 7h05 par nuit en semaine et 8h10 le week-end. C’est-à-dire 1h30 de moins qu’il y a cinquante ans. Et c’est encore pire aux États-Unis.

Nous considérons souvent le sommeil comme un adversaire qui nous empêche de produire ou de nous divertir. « Le sommeil est une absurdité, une mauvaise habitude », affirmait Thomas Edison, l’inventeur de l’ampoule électrique. Nous parons au plus pressé, luttons contre l’insomnie à coups de somnifères, avalons des litres de café, sans égard pour le voyage complexe que nous sommes censés entreprendre tous les soirs.

Des études récentes ont pourtant montré que la perturbation du rythme circadien augmente les risques de diabète, d’accident cardiovasculaire ou encore de démence. Un sommeil de moins de 6 heures par nuit affecte toutes les fonctions de l’organisme (repos cellulaire, synthèses des protéines, régulation de l’humeur, capacité à mémoriser…). Dans le monde entier, le déséquilibre entre nos modes de vie et le cycle solaire prend les proportions d’une épidémie.

Dans le numéro d’août 2018 du magazine National Geographic, les dernières révélations de la science sur le sommeil.

 

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