Sciences

Les secrets des quatre phases du sommeil

Un sommeil réparateur est constitué de quatre phases d’endormissement du cerveau. Que se passe-t-il précisément durant chacune d'elles ?

De Camille radiguet
Le terme japonais inemuri ("dormir sur place") désigne une façon de somnoler dans un lieu non prévu pour cela, comme le métro ou au restaurant.

Aujourd’hui, un Français dort en moyenne 7 h 05 par nuit. Soit 1 h 30 de moins qu’il y a cinquante ans ! Or les risques de diabète, de démence et d’accident cardio-vasculaire sont les dangers d’un sommeil malmené. Chaque nuit, quatre à cinq cycles de sommeil de 90 minutes en moyenne sont effectués. La vie moderne incite à écourter ce temps de régénération au profit de diverses activités. Pourtant, c’est la nuit que le cerveau est le plus actif.

 

PHASE 1 : ENDORMISSEMENT ET DÉCONNEXION

L’endormissement dure environ cinq minutes. Si notre organisme est en phase avec l’alternance de la lumière du jour et de l’obscurité, alors notre glande pinéale (à la base du cerveau) sécrète de la mélatonine, l’hormone du sommeil. Nos récepteurs sensoriels se déconnectent, les neurones se calent sur le même rythme et, bientôt, nous dormons. Puis, une série d’ondes électriques d’une demi-seconde, provenant des couches profondes du cerveau, atteint le cortex cérébral, site du langage et de la conscience. C’est le début de la phase 2.

 

PHASE 2 : SOMMEIL LÉGER ET SAUVEGARDE CÉRÉBRALE

La phase 2 fait partie du sommeil léger et peut atteindre 50 minutes. Dans cette phase, le cortex est stimulé afin de préserver les informations récentes dans notre mémoire à long terme. Plus le cerveau est sollicité lors d’exercices inédits dans la journée, plus la fréquence des ondes cérébrales augmente. Selon les spécialistes, la force des ces ondes nocturnes pourrait même fournir des indices sur l’intelligence générale d’un individu. En effet, durant le sommeil s’établissent des connexions que l’on n’aurait peut-être jamais consciemment formées. Le cerveau effectue le tri parmi les données recueillies dans la journée : il réalise un choix décisif entre ce qu’il garde en mémoire et ce qu’il rejette. C’est pendant cette phase que la mémoire est consolidée.

 

PHASE 3 : SOMMEIL PROFOND ET MÉNAGE PHYSIOLOGIQUE

La température du corps diminue. Toute conscience de l’environnement extérieur s’efface. Nous entamons alors la longue plongée dans les phases 3 et 4 : le sommeil profond. Celui-ci est aussi essentiel au cerveau que la nourriture l’est au corps. C’est le moment du ménage physiologique. L’activité du cerveau se distingue par de puissantes ondes delta. C’est alors que nos cellules produisent le plus d’hormones de croissance, nécessaires à l’entretien des os et des muscles.

 

PHASE 4 : SOMMEIL PROFOND, SOMMEIL PARADOXAL ET RÉGÉNÉRATION DU SYSTÈME NERVEUX

La phase 4 n’est pas très éloignée d’un état comateux et fait elle aussi partie du sommeil profond. Elle ne dure pas plus d’une demi-heure et permet la régénération du système nerveux. Notre récupération mentale et physique est optimisée et les humeurs régulées.

C’est alors que le sommeil paradoxal intervient. Il occupe un cinquième de la durée totale du sommeil. Notre température interne est au plus bas, mais le rythme cardiaque s’accélère. À l’inverse du début de la phase 4, notre cerveau est tout à fait actif : nous rêvons. Le sommeil paradoxal est contrôlé par le système limbique, foyer de nos pulsions sexuelles, de la peur, de l’agressivité… mais aussi de la joie. Même si l’ensemble du corps connaît une paralysie momentanée, nos globes oculaires répondent à l’intensité des rêves en bougeant. La phase 4, comme le sommeil paradoxal, se termine par un bref réveil.

 

Dans le numéro d’août 2018 du magazine National Geographicles dernières révélations de la science sur le sommeil.
 

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