Tradition et modernité : un voyage au Japon par le prisme du sport
Au Japon, les sports à portée internationale se pratiquent dans une ambiance typiquement locale, tandis que les sports traditionnels, comme le sumo et le drift, ne peuvent être appréciés à ce niveau nulle part ailleurs dans le monde.

La légende raconte que le sumo aurait vu le jour lorsque deux divinités shintoïstes se seraient battues corps à corps pour prendre le contrôle des îles japonaises.
Le Japon est un pays où les passions, les loisirs et les centres d’intérêt ne sont pas seulement encouragés, ils sont considérés comme essentiels à une société saine. Il s’agit d’un concept connu sous le nom d’ikigai. Il n’est donc pas surprenant que ce pays soit passionné de sport, allant du baseball au football, en passant par l’art très rigoureux du sumo, qui brouille les frontières entre sport et rituel.
Assister à un événement sportif ne figure peut-être pas en tête de liste des priorités de la plupart des touristes en visite au Japon qui se précipitent souvent, en tout premier lieu, vers les célèbres temples, la vie nocturne et les sites naturels d’une beauté exceptionnelle. Assister à un match permet néanmoins de découvrir une facette contemporaine et fougueuse de la vie japonaise, donnant l’occasion de passer du temps avec les locaux qui se détendent tout en profitant du spectacle offert par des athlètes de haut niveau à l’œuvre. Voici ce que vous pouvez prévoir pour votre prochain voyage.
LE SUMO
Sport japonais par excellence, le sumo offre un mélange parfait entre histoire, culture et spectacle sportif. Le sumo est une forme de lutte, dans laquelle les participants, appelés rikishi, tentent de se pousser hors d’un ring circulaire, nommé dohyô, au moyen de projections, de poussées et de prises.
Le Japon est le seul pays au monde où le sumo est pratiqué à un niveau professionnel, ce qui en fait une expérience unique en son genre. Les origines de ce sport sont millénaires. Celui-ci est étroitement lié à la mythologie shinto. La première trace écrite faisant référence au sumo remonte à 712 après J.-C. et prend la forme d’un récit mettant en scène deux kami, c’est-à-dire des divinités, luttant au corps à corps pour prendre le contrôle des îles japonaises. Des œuvres murales préhistoriques suggèrent que le sumo pourrait tirer son origine d’une danse rituelle, exécutée dans l’espoir d’obtenir une bonne récolte.
De nos jours, le sumo conserve encore de nombreux éléments rituels anciens, tels que jeter du sel, taper des pieds pour chasser les mauvais esprits et bénir le ring. L’atmosphère qui règne lors des combats de sumo est souvent empreinte d’une paisible concentration, presque révérencieuse.
Comment assister à des combats : des billets officiels pour les arènes de sumo se trouvant de part et d’autre du Japon peuvent être achetés sur Ticket Oozumo.

Depuis qu’il a été introduit au Japon en 1872 par un professeur américain, le baseball est devenu un sport populaire qui enflamme les stades du pays.
LE BASEBALL
Le baseball est le sport le plus populaire au Japon, introduit dans les écoles japonaises par un professeur américain en 1872. Il est aujourd’hui pratiqué dans tout le pays par près de sept millions d’enfants et d’adultes, avec des ligues présentes dans les lycées et les entreprises, dont beaucoup sponsorisent des équipes amateurs.
Le baseball est également de loin le sport spectacle le plus apprécié dans le pays, et il est assez facile de se procurer des billets pour les matchs professionnels. Assister à un match de baseball au Japon est une expérience unique, que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde, le public entonnant des chants de manière très investie, souvent accompagnés par des fanfares, des heures durant, sans pouvoir s’asseoir pour se reposer. Cela contraste notamment avec le rythme décontracté du baseball aux États-Unis. Les options de restauration proposées sont également différentes ; parmi les mets incontournables servis dans les stades l’on trouve des takoyaki, soit des boulettes de pâte garnies de poulpe, du curry japonais et des yakitori, des brochettes de poulet grillées. La soif ne se fait pas non plus ressentir grâce aux vendeurs ambulants portant d’énormes fûts de bière fraîche sur le dos, qui vous apportent ce breuvage directement à votre place. Le baseball japonais est aussi célèbre pour ses mascottes colorées, incarnées par des acteurs vêtus de costumes allant de mouettes anthropomorphes à des squelettes dansants.
Certaines règles sont également quelque peu différentes au Japon, avec une balle plus petite et plus dure, et la possibilité que les rencontres se terminent par un match nul. Il n’est toutefois en aucun cas nécessaire de connaître les subtilités techniques pour passer une journée sensationnelle.
Comment assister à des matchs : il est préférable d’acheter les billets pour les matchs de baseball directement sur les sites web des équipes, dont la facilité d’utilisation pour les étrangers varie de l’un à l’autre. Parmi les sites les plus accessibles se trouvent ceux des équipes Hiroshima Toyo Carp et Tokyo Yakult Swallows.
LE FOOTBALL
Aucun sport ne rassemble autant les foules du monde entier que le football, et le Japon ne fait pas exception, avec près de 40 % de la population se considérant comme fan. Au pays du soleil levant, l’histoire de ce sport commence en 1873, lorsqu’il a été introduit par un officier de la Royal Navy, Archibald Lucius Douglas, alors qu’il servait comme instructeur auprès des cadets de la marine japonaise à Tokyo. Le football a peu à peu gagné en popularité au cours du siècle suivant, avant de connaître un véritable succès dans les années 1980 après la publication de Captain Tsubasa, un manga en plusieurs volumes, adapté en une série télévisée d’animation japonaise appelée Olive et Tom, qui est devenu si populaire que le football a brièvement détrôné le baseball en tant que sport le plus pratiqué dans les écoles japonaises.
La J-League, championnat professionnel de football japonais, est le plus haut niveau de pratique de ce sport dans le pays, souvent considérée comme l’une des premières ligues d’Asie. Assister à un match de football au Japon est très divertissant, exempt de l’hostilité parfois présente entre supporters lors des compétitions en Europe. A contrario, l’ambiance est festive et, comme au baseball, les chants de supporters s’élèvent de manière continue dans le stade.
Comment assister à des matchs : les billets pour la J-League s’achètent aisément sur le site officiel en anglais.

Si s’exercer au drift dans la rue est illégal au Japon, les événements de drift organisés sont devenus populaires dans le milieu des courses clandestines.
LE DRIFT
Tokyo est célèbre pour sa culture du drift, une technique de conduite consistant à survirer de manière délibérée dans un virage afin que les pneus perdent de leur adhérence et dégagent de la fumée. Au Japon, le drift a d’abord connu la popularité dans les années 1970 et, tout comme le football, a atteint de nouveaux sommets avec la publication du manga Initial D au milieu des années 1990.
À Tokyo, il existe un milieu clandestin florissant de drift dans la rue, popularisé en Occident par le film Fast and Furious : Tokyo Drift, bien que sa pratique sur la voie publique soit illégale au Japon. Par bonheur, le drift se trouve également être un sport professionnel populaire, avec des événements comme le Grand Prix D1 organisés dans divers lieux à travers le pays, notamment le circuit d’Ebisu à Fukushima et l’île artificielle d’Odaiba dans la baie de Tokyo. Le Grand Prix D1 est un événement unique à suivre dans le monde du sport automobile car toute l’action se concentre dans les virages, là où ont lieu les drifts. Les pilotes sont jugés sur la vitesse et le style de leurs drifts, en tenant compte de facteurs tels que l’angle des roues et la quantité de fumée produite.
Comment assister à des courses : les billets peuvent être achetés près d’un mois avant les courses sur le site officiel du Grand Prix D1. Le site est en japonais, il peut donc être utile d’utiliser un module de traduction sur votre navigateur.
Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.