Découvrez les meilleurs menteurs du royaume animal

De la furtivité des calmars aux imitations des geais bleus, la tromperie est monnaie courante dans le royaume animal.

De Liz Langley
Publication 27 janv. 2024, 09:42 CET
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Les écureuils gris sont rusés, ils se plient en quatre pour cacher leurs noisettes : ils creusent de nombreux faux trous pour tromper de potentiels voleurs.

PHOTOGRAPHIE DE Joël Sartore, National Geographic Photo Ark

La nature est brutale, et certaines créatures ont développé leurs propres moyens sournois pour survivre, qu’il s’agisse d’imiter d’autres animaux ou d’exploiter des parents dévoués.

Nous avons décidé de dénoncer les diverses stratégies dont se servent les animaux pour se duper les uns les autres.

 

GEAIS BLEUS

Les oiseaux comptent parmi les menteurs les plus doués de la nature. Par exemple, « les geais bleus imitent particulièrement bien diverses espèces de faucons », explique Bob Mulvihill, ornithologue au National Aviary, à Pittsburgh, aux États-Unis. 

À cause de ces cris de « faucon », les autres oiseaux se dispersent, et les geais bleus (Cyanocitta cristata) ont tout le loisir d’aller occuper les mangeoires et peuvent ainsi accaparer un repas facile.

 

VACHERS

Les vachers d’Amérique du Nord, qui appartiennent au genre Molothrus, pondent jusqu’à quarante œufs par saison, et plutôt que de faire leurs propres nids, les femelles glissent discrètement ceux-ci dans les nids d’autres oiseaux.

« C’est par excellence l’oiseau qui ne met pas tous ses œufs dans le même panier », plaisante Bob Mulvihill. 

Bien que certaines espèces d’oiseaux repoussent les vachers, la paruline de Kirtland (Setophaga kirtlandii), une espèce menacée, se laisse généralement duper et élève les petits vachers comme s’il s’agissait des siens, un phénomène que l’on appelle kleptoparasitisme.

Selon Bob Mulvihill, cela est en fait si répandu et si dommageable pour les parulines adultes qu’il s’agit de la principale raison pour laquelle les populations de parulines ont décliné.

La paruline de Kirtland est une victime sans méfiance des oiseaux plus rusés : elle est dupée en élevant les petits d'autres oiseaux.

PHOTOGRAPHIE DE Joël Sartore, National Geographic Photo Ark

 

ÉCUREUILS GRIS

En Amérique du Nord, les écureuils gris (Sciurus caroliensis) tiennent une noisette entre leurs mâchoires et font semblant de l’enterrer à divers endroits avant de le faire pour de bon, une tactique qui permet de laisser d’autres écureuils voleurs dans le doute, selon la National Wildlife Federation (NWF).

Tout voleur potentiel de noisettes fouille alors un certain nombre de caches vides avant d’abandonner.

Une autre manœuvre consiste à enfouir une noisette et à empiler des feuilles et de la terre au-dessus d’un autre endroit qui a tout l’air d’une cachette à nourriture mais qui est en réalité vide.

 

CÉPHALOPODES

Ainsi que l’explique Rebecca Young, biologiste de l’Université du Texas à Austin, de nombreuses espèces marines, comme les seiches, possèdent ce que l’on appelle des mâles usurpateurs.

« Les mâles usurpateurs ressemblent à des femelles, ce qui leur évite de se faire attaquer par un mâle dominant plus imposant », explique-t-elle. Pendant que le mâle garde le nid et la femelle, l’usurpateur, que sa plus petite taille et sa teinte plus marbrée font passer pour une femelle, s’y précipite et fertilise les œufs.

En Australie, chez la seiche en deuil (Sepia plangon), les mâles usurpateurs peuvent changer d’apparence en modifiant leur couleur à souhait. Si mâle usurpateur se trouve entre une femelle et un autre mâle, il peut paraître mâle à la femelle et femelle au mâle, et ainsi faire croire à ce dernier qu’il voit deux femelles au lieu de la parade qui est en train d’avoir lieu effectivement. 

Chez le calmar-lance (Heterololigo bleekeri), le sperme du mâle usurpateur est adapté à un réservoir à sperme distinct situé près de la bouche de la femelle. Les mâles usurpateurs plus petits ont en fait un sperme plus épais que les non-usurpateurs.

Les seiches en deuil (Sepia plangon) sont des métamorphes : les mâles se font passer pour des femelles afin d'éviter l'attaque d'un rival.

PHOTOGRAPHIE DE Andrew Trevor-Jones, Alamy

 

ACCENTEUR MOUCHET

Selon Michael Greenfield, biologiste de l’évolution au CNRS de Tours, la supercherie entre membres d’une même espèce ne fonctionne pas si l’animal est surpris en train de mentir.

Selon lui, quand une supercherie est découverte, celui-ci finit par être ignoré ou évité par les autres membres du groupe, ce qui ne laisse rien à gagner à l’imposteur.

Mâles et femelles de nombreuses espèces d’oiseaux monogames se reproduisent avec d’autres oiseaux (un phénomène appelé « copulation hors couple »), vraisemblablement dans le but de garantir un avantage génétique d’une sorte ou d’une autre à leurs petits.

Mais chez les accenteurs mouchets (Prunella modularis) d’Europe et d’Asie de l’Ouest, les mâles ont fini par se rendre compte des batifolages des femelles. 

Pour s’assurer d’être bien le père de leurs petits, les accenteurs mouchets mâles donnent des coups de bec sur le cloaque (l’orifice reproducteur) des femelles. Celles-ci expulsent ainsi le sperme d’autres mâles avec qui elles se sont accouplées. 

De vrais papas poules…

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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