Les grizzlis du parc de Yellowstone resteront finalement une espèce protégée

Pas moins de 700 grizzlis vont être de nouveau protégés dans le parc de Yellowstone, aux Etats-Unis, grâce à la décision d’un magistrat de l’Etat du Montana.

Le juge fédéral Dana Christensen a décidé de rétablir les normes fédérales de protection des grizzlis en les réinscrivant sur la liste des espèces menacées. La levée des mesures, qui avait pourtant été approuvée par tous les employés du parc, concernait 700 ours.

 

DES DÉCISIONS CONTROVERSÉES ET CONTESTÉES

En ligne de mire, le Fish and Wildlife Service, organisme fédéral responsable de la préservation de la faune aux Etats-Unis, dépendant de l'administration Trump. Ou plutôt, sa décision datant de juin 2017 de retirer le grizzli de la liste des espèces menacées. Une décision jugée « arbitraire et fantasque » par le juge fédéral Dana Christensen. Dans une ordonnance partagée le 24 septembre 2018, le magistrat doute que les fonctionnaires fédéraux aient suffisamment pris en compte la faculté de l’espèce à se maintenir sur le long terme. Ce dossier recouvre selon lui une dimension éthique mais aussi politique : « oui ou non, le Fish and Wildlife Service a-t-il outrepassé son autorité légale en retirant de la liste des espèces menacées le grizzli de Yellowstone ? » Pour le juge Christensen, oui.

Bonnie Rice, représentante de l’ONG Sierra Club, est elle aussi de cet avis et affirme que cette décision serait « bien trop prématurée et pourrait anéantir plusieurs décennies de protection des grizzlis de la région de Yellowstone ». « Nous sommes heureux que le tribunal ait pris le parti de la science » a-t-elle réagi.

 

UN SUJET QUI DIVISE

L’an dernier déjà, la cour fédérale du Montana avait été saisie par plusieurs tribus d’Amérindiens, comme les Cheyennes du Nord et les Crow, opposées à la levée des mesures qui protégeaient jusque-là les grizzlis.

Cet été, les États du Wyoming et de l’Idaho, à qui avait été confiée la gestion des populations de grizzlis, étaient sur le point d’autoriser les chasseurs à abattre 23 ours afin de réguler leur population. Une décision qui avait fait réagir de nombreuses habitants de l’Etat. Brian Nesvik, garde-chasse en chef du Wyoming Game and Fish Department, reconnaît d’ailleurs avoir été surpris par la mobilisation rapide et record qu’a suscitée cette décision. Pour lui, il était plus question pour les habitants d’empêcher la chasse aux ours que d’empêcher le contrôle de leur population. Pourtant, « la chasse de 23 d’entre eux [ours] n’aurait pas mis en danger leur espèce ». Le juge Dana Christensen avait lui-aussi réagi, en prolongeant l’injonction qui arrivait à son terme et qui empêchait ce type de chasse.

Les dernières activités cynégétiques visant les ours aux États-Unis en dehors de l’Alaska remontent à 1991, et le sujet alimente depuis des débats passionnés dans le Wyoming et les États voisins.

Lire la suite