La plupart des femmes sont carencées en vitamine D
Les chercheurs essaient de comprendre les raisons de ce phénomène, qui en dit long sur la manière dont la santé des femmes est étudiée.

Une femme prend le soleil, installée dans une chaise longue. La vitamine D est un nutriment essentiel au maintien de la santé osseuse. Elle est principalement synthétisée à partir des rayonnements du soleil. Environ un tiers des Américains souffrent d’une carence en vitamine D, et plus particulièrement les femmes, qui sont davantage carencées.
La vitamine D est un nutriment essentiel, qui aide l’organisme à absorber le calcium, contribuant ainsi au maintien de la santé osseuse. Pourtant, quatre Français sur cinq en sont carencés. Ceci n’est pas sans conséquence, notamment chez les femmes, qui présentent des niveaux de carence légèrement plus élevés que les hommes.
Une carence en vitamine D peut avoir une incidence importante chez les femmes, qui sont plus susceptibles de souffrir d’ostéoporose (maladie caractérisée par une diminution de la densité osseuse et une fragilité osseuse) ainsi que de maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques. Mais elle est difficile à autodiagnostiquer, avertissent les médecins.
Nous imaginons souvent qu’il suffit de s’exposer au soleil pour remédier à une carence, mais de nombreuses femmes se tournent vers les compléments alimentaires pour combler leurs besoins en nutriments.
L’IMPACT D’UNE CARENCE EN VITAMINE D SUR L’ORGANISME
La vitamine D est d’une importance capitale pour les femmes, car ces dernières souffrent davantage de problèmes osseux. Les cas d’ostéoporose sont ainsi quatre fois plus nombreux chez les femmes que chez les hommes. Un manque de vitamine D peut provoquer une fragilisation des os et de potentielles fractures ; c’est pourquoi il est primordial d’éviter les carences chez les femmes, dont l’ossature est généralement plus petite et plus mince que la gent masculine.
Si rien, d’un point de vue biologique, ne prédispose les femmes à être davantage carencées en vitamine D, des facteurs liés au mode de vie peuvent expliquer ces taux. La vitamine D est importante tout au long de la vie, mais est encore plus nécessaire à l’organisme pendant une grossesse ou après la ménopause.
« Elle peut contribuer à une modification de l’équilibre, en particulier après la ménopause, lorsque la formation osseuse connaît généralement un déclin assez drastique », explique Laura Acosta, diététicienne à l’université de Floride. Après la ménopause, les femmes produisent des œstrogènes en quantité moindre, ce qui accélère la perte de densité osseuse. La vitamine D permet toutefois de ralentir ce phénomène.
Cette vitamine est également importante lors de la grossesse. Les femmes en ont alors besoin « non seulement pour elles, mais aussi pour leur bébé », indique la diététicienne.
De nouvelles études démontrent toutefois que ce bénéfice n’est pas le seul que les femmes peuvent tirer de la vitamine D. « Nous commençons à peine à prendre conscience de son importance, qui dépasse tout ce que nous avions imaginé », déclare Laura Acosta.
LA VITAMINE D ET SES EFFETS SUR LA SANTÉ DES FEMMES
Selon Clemens Bergwitz, endocrinologue à l’école de médecine de Yale, « la littérature scientifique liste un certain nombre d’effets de la vitamine D qui n’ont rien à voir avec la santé osseuse ».
Des études récentes ont ainsi suggéré que la vitamine D pouvait avoir une incidence majeure sur les maladies auto-immunes, qui sont plus fréquentes chez les sujets féminins. Près de quatre personnes sur cinq souffrant d’une telle maladie sont des femmes, une disparité qui serait liée, selon les chercheurs, au chromosome X, aux niveaux d’hormones et à la réponse des anticorps.
Une étude a ainsi conclu à une réduction de 22 % des maladies auto-immunes chez les hommes et les femmes s’étant supplémentés en vitamine D pendant cinq ans. Dans une autre, les patients ayant pris de la vitamine D ressentaient moins de symptômes de la sclérose en plaques, une maladie qui est environ trois fois plus fréquente chez la femme.
Les études dévoilent aussi les bénéfices de la vitamine D chez les deux sexes. L’une d’elles a démontré que la supplémentation en vitamine D pouvait réduire le vieillissement biologique, c’est-à-dire le déclin de notre fonction physique. Dans cette étude, les patients ayant pris de la vitamine D avaient commencé à ressentir des symptômes de vieillissement biologique trois ans après les participants qui n’avaient pas été supplémentés. Ceci s’expliquerait par les effets de la vitamine sur un matériau protégeant nos chromosomes.
D’autres études ont montré l’existence d’un lien bénéfique entre la vitamine D et les symptômes de la dépression, la résistance à l’insuline, la santé cardiovasculaire et le syndrome des ovaires polykystiques.
« En plus de ses effets sur la masse osseuse, la vitamine D a une incidence sur les maladies auto-immunes, la santé mentale, la santé métabolique, la prévention du cancer et sans doute sur plein d’autres choses que nous n’étudions pas à l’heure actuelle », observe Laura Acosta.
LES SIGNES D’UNE CARENCE EN VITAMINE D
Une carence en vitamine D « passe en grande partie inaperçue jusqu’à ce qu’elle devienne très grave », précise la diététicienne. Des douleurs osseuses et musculaires, indicatrices d’une carence grave le plus souvent, peuvent être ressenties.

Un rayon de soleil passe au travers d’une gélule. La prise de vitamine D sous forme de compléments alimentaires peut vous aider à couvrir vos apports.
Pour savoir si vous êtes carencé, le mieux est de faire une analyse. Les médecins et les diététiciens peuvent vérifier spécifiquement votre taux de vitamine D lors d’une prise de sang, sur demande, cette analyse n’étant pas incluse dans les prélèvements sanguins classiques. Selon les résultats obtenus, votre médecin vous prescrira le nécessaire pour combler votre carence.
En cas d’antécédents familiaux d’ostéoporose, de fractures fréquentes, de grossesse ou à partir d’un certain âge, effectuer une analyse de routine peut être bénéfique. D’autres facteurs peuvent aggraver la carence chez certaines femmes : celles vivant dans les régions les plus septentrionales (où l’exposition à la lumière du soleil est moindre) et celles à la peau plus foncée sont souvent davantage carencées en vitamine D.
QUELLES SONT LES SOURCES NATURELLES DE VITAMINE D ?
Il est possible, mais difficile, d’assurer ses apports en vitamine D. En outre, certains facteurs liés au mode de vie plus fréquents chez les femmes viennent compliquer les choses. Les régimes végétarien et végan, et l’utilisation de crème solaire, tous deux plus répandus chez les femmes d’après certaines études, peuvent limiter les taux de vitamine D. Les spécialistes ne suggèrent pas aux végétariens et végans et aux personnes soucieuses de se protéger des méfaits des UV de changer de régime alimentaire ou d’arrêter de mettre de l’écran total, mais ils leur recommandent de faire une prise de sang pour détecter une carence éventuelle.
Contrairement à la croyance populaire, la vitamine D n’est pas synthétisée à partir des rayons du soleil, mais fabriquée dans notre peau. Lorsque les rayons ultraviolets atteignent les molécules de cholestérol présentes dans notre peau, ils déclenchent des réactions métaboliques qui créent de la vitamine D.
Si certaines études suggèrent qu’une exposition de cinq à trente minutes par jour sans écran total à la lumière du soleil suffirait à couvrir nos besoins en vitamine D, celle-ci est également suffisamment prolongée pour que les rayons UV causent des dommages. C’est pourquoi l’utilisation de crème solaire est recommandée, même si elle nous empêche de fabriquer de la vitamine D avec le soleil.
Côté alimentation, les poissons gras comme le saumon et le maquereau, les œufs et les produits enrichis comme les laits, sont sources de vitamine D. « Il ne fait aucun doute que la vitamine D contribue non seulement à améliorer notre absorption du calcium présent dans les aliments, mais aussi à ce que ce calcium atteigne l’os », indique Laura Acosta.
« Seule une poignée d’aliments sont considérés comme de bonnes sources de vitamine D », précise toutefois Anna Maria Merz, diététicienne au Centre médical Wexner de l’université d’État de l’Ohio.
COMMENT ASSURER UN APPORT SUFFISANT EN VITAMINE D ?
Compte tenu du nombre de facteurs (carnation, saison, régime alimentaire ou région du globe où l’on vit) affectant nos taux de vitamine, trouver la juste dose de complément alimentaire peut s’avérer difficile. Mais en suivant quelques recommandations formulées par des cliniciens, vous devriez y parvenir.
Les compléments alimentaires en vente libre peuvent suffire dans la plupart des cas. « Mais attention, ils ne sont pas régulés par la FDA », souligne Anna Maria Merz. Cherchez donc des compléments portant la mention « NSF » ou « USP ». « Il s’agit de tiers qui veilleront à ce que ce qui figure sur l’étiquette du complément alimentaire corresponde bien à ce qu’il y a dans le produit », ajoute-t-elle.
La dose recommandée de vitamine D est généralement de 600 unités internationales pour les adultes. Elle peut légèrement augmenter en vieillissant.
Mais attention à ne pas en faire trop. Ne dépassez pas 400 unités internationales sans l’avis d’un médecin. Si d’autres vitamines peuvent être éliminées via l’urine, la vitamine D est liposoluble et persiste dans nos cellules adipeuses. La prise en quantité trop élevée de ce micronutriment peut causer une intoxication à la vitamine D, qui peut provoquer des nausées, des calculs rénaux et d’autres effets indésirables.
« Mon conseil, c’est de consulter votre médecin et de faire contrôler votre taux de vitamine D pour ne pas en prendre plus que vous ne devriez », conclut-elle.
Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.