La vie en Afghanistan, un an après la fin de la guerre et la victoire des talibans

En août 2021, la guerre d'Afghanistan a pris fin après vingt longues années de violences. Un an plus tard, une famille afghane témoigne de son expérience pendant la guerre, et de sa vie depuis la prise de contrôle du pays par les talibans.

De Nanna Muus Steffensen
Photographies de Kiana Hayeri
Publication 2 sept. 2022, 13:30 CEST
Hafiza

Hafiza Omari, 71 ans, regarde par la fenêtre de la petite maison près de Fayzabad où elle s'est réfugiée après que les talibans se sont emparés de son village en 2019. Lorsque l'un de ses quatre fils a rejoint les talibans, Hafiza a supplié son commandant de le laisser rentrer à la maison : « Vous avez donné deux fils au gouvernement et un à la milice [anti-talibans] ». Il lui a répondu : « Celui-ci sera à nous. » 

PHOTOGRAPHIE DE Kiana Hayeri, National Geographic

FAYZABAD, AFGHANISTAN – Hafiza Omari ne pouvait pas dormir et priait sans cesse lorsque, après vingt longues années, la guerre en Afghanistan touchait à sa fin. Cette femme de 71 ans faisait les 100 pas dans sa cour, la nuit, alors que les talibans envahissaient sa ville, au nord de l’Afghanistan, au début du mois d’août 2021. Depuis sa maison située sur une colline rocheuse, elle pouvait voir les insurgés se frayer un chemin à travers les montagnes vers la ville en contrebas.

« C’était très stressant de penser qu’une guerre était en cours », raconte Hafiza, qui est apparu dans la retrospective 2021: Year in Pictures de National Geographic, depuis son siège près d’une fenêtre donnant sur la vallée, lors d’une visite à son domicile. « Et le pire, c’est que vos fils se battent les uns contre les autres. »  Un groupe de petits-enfants d’Hafiza l’entoure ; si vous lui demandez combien elle en a, elle vous répondra qu’elle peut à peine les compter.

Hafiza est entourée de ses petits-enfants, dont son petit-fils aîné, Zabiullah, dans la chambre d'amis de sa maison située tout près de Fayzabad.

Il y a un an, Hafiza regardait par la même fenêtre pour regarder les insurgés qui se rapprochaient. Les talibans ont pris le contrôle de la ville le 11 août 2021 et, quatre jours plus tard, ils ont atteint Kaboul, la capitale, provoquant une onde de choc dans les pays occidentaux qui s’étaient battus pendant deux décennies pour vaincre le groupe.

La guerre a divisé l’Afghanistan, dressant littéralement des frères les uns contre les autres. L’un des fils d’Hafiza a rejoint les talibans, tandis que trois de ses frères ont combattu avec les forces gouvernementales soutenues par les États-Unis.

Pendant des années, Hafiza a craint de trouver un jour leurs corps sur le pas de sa porte. Plus de 64 000 membres des forces de sécurité afghanes et 52 000 insurgés ont été tués au cours de la guerre, selon l’institut Watson de l’université Brown. Lorsque ses deux filles ont succombé à des maladies, le chagrin d’Hafiza s’est manifesté d’une manière inhabituelle : une blessure s’est développée sur sa gorge. Selon plusieurs médecins et un mollah, celle-ci serait due au chagrin, au stress et à la douleur.

Maryam, à gauche dans un foulard rose, est assise avec ses enfants Hajira et Ruhollah dans le couloir de leur maison de deux pièces.

Cette guerre, qui est la plus longue de l’histoire des États-Unis, a pris fin lorsque les troupes américaines et l’OTAN se sont retirés d’Afghanistan le 31 août 2021, deux semaines après la prise de contrôle du palais présidentiel de Kaboul par les talibans, leur permettant de consolider leur victoire sur la plus grande puissance militaire du monde. Selon l’université Brown, plus de 46 000 civils ont été tués depuis le début de la guerre en 2001, et beaucoup d’autres ont été mutilés ou contraints à une vie de réfugiés. Les Américains ont eux aussi payé un lourd tribut : plus de 2 400 soldats et travailleurs civils ont été tués, selon les données du département américain de la Défense, et plus de 1 100 soldats des forces alliées ont également perdu la vie.

Bien que les combats sur les lignes de front de l’Afghanistan aient pris fin il y a un an, de nombreux habitants du pays ne vivent toujours pas en paix. Il est difficile de guérir lorsque de nouveaux champs de bataille sont apparus : des millions d’Afghans se couchent le ventre vide et les droits humains, notamment ceux des femmes et des filles, ont été fortement réduits.

Hafiza tire sur son écharpe pour révéler la zone à vif sur sa gorge. Derrière la peau rose et fine comme du papier, son pouls bat. C’est moins douloureux maintenant, selon Hafiza, mais la blessure est toujours là.

 

RETROUVAILLES FAMILIALES  

Dans le village de Palang Darah, à trois heures de route au nord-est du domicile actuel d’Hafiza, trois de ses six fils se préparent pour le petit-déjeuner dans la maison où elle leur a donné naissance. Hafiza a déménagé à Fayzabad pendant la guerre et, aujourd’hui, ne se rend que rarement à Palang Darah. Il faut une journée entière de voyage à dos d’âne, qu’Hafiza préfère aux voitures car elle a le mal des transports.

Les trois fils se retrouvent lors de ce rassemblement estival, où des assiettes de crème fraîche et de pain sont posées sur une feuille de plastique. Noorullah Anwari et Rahmanullah Nazari se détendent sur les oreillers posés sur le sol, tandis qu’Hamidullah Hamidi sert du thé vert. Il y a un peu plus d’un an, ils étaient encore divisés par leurs allégeances de guerre : Hamidullah était avec une milice pro-gouvernementale, Rahmanullah avec les forces de sécurité afghanes et Noorullah avec les insurgés talibans qui sont désormais aux commandes.

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Ce chemin de terre, boueux à cause de la pluie printanière, relie Fayzabad à Palang Darah et au village d'Ayl Darah, d'où est originaire la famille d'Hafiza.

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La route relie Fayzabad, où Hafiza s'est installée pendant la guerre, et Palang Darah, où Hafiza se rend rarement. Ce voyage prend une journée entière à dos d'âne.

Lorsque les talibans sont entrés dans Fayzabad et en ont pris le contrôle, Rahmanullah, soldat des forces spéciales depuis 2005, était chez lui, en convalescence suite à une blessure. Il a observé avec crainte l’approche des combats, craignant que les talibans ne le traquent pour se venger.

« Compte tenu des véhicules blindés et de l’armée que nous avions, je ne pensais pas que les talibans prendraient le contrôle du pays », confie Rahmanullah, 34 ans. Et pourtant, alors qu’il regardait la défense des forces de sécurité afghanes s’effondrer, la peur et l’incrédulité de Rahmanullah se sont mêlées à un sentiment de soulagement : « J’étais heureux que la guerre touche à sa fin ».

Le lendemain de la prise de contrôle de Fayzabad par les talibans, la famille a organisé un grande rassemblement. C’était la première fois en trois ans que les frères se retrouvaient, les soldats vaincus dans la même pièce que leur frère taliban victorieux, Noorullah, 42 ans. Tout le monde s’est embrassé et a pleuré.

« C’était comme si nous venions d’arriver dans ce monde », dit Hamidullah, 46 ans, l’aîné des frères, qui avait rejoint une milice pro-gouvernementale cinq ans auparavant.

Hafiza, accompagnée de ses petits-enfants et de sa belle-fille, sort de sa maison pour accueillir des invités. Hafiza avoue qu'elle a du mal à compter combien de petits-enfants elle a.

Lors des retrouvailles, Noorullah taquine ses frères et sœurs sur les salaires qu’ils touchaient en tant que soldats. En tant que commando, Rahmanullah percevait un salaire mensuel de 23 700 afghanis, soit environ 260 euros, alors que Noorullah et les autres insurgés dans les montagnes ne recevaient aucune compensation. « Tu peux vivre sur tes économies pendant les deux prochaines années, maintenant », plaisante Noorullah, faisant rire ses frères.

Rahmanullah se joint aux rires mais, pour lui, son salaire n’est pas tout ce qu’il a perdu : ses rêves d’un Afghanistan meilleur ont eux aussi disparu.

 

UN PAYS SOUS CONTRÔLE TALIBAN

Après ces retrouvailles estivales, les frères partent se promener dans la vallée entourée de montagnes verdoyantes. Quelques tentes parsemaient les collines où de nouvelles mines d’or ont été creusées.

Les voisins se rassemblent dans la cuisine d'Hafiza pendant que les femmes de la famille préparent du pain et des biscuits.

C’est ici que leur mère a grandi et s’est mariée, et qu’ils jouaient enfants au bord de la rivière avant que la guerre ne vienne briser leur famille. Alors que Noorullah et Hamidullah discutent, Rahmanullah reste un peu en retrait. Les cicatrices des éclats d’obus qui l’ont blessé marquent encore sa main gauche.

Hamidullah a rejoint une milice pro-gouvernementale parce qu’il avait besoin de ce travail, mais Rahmanullah souhaitait se battre pour plus qu’un simple salaire : la liberté, la démocratie et un avenir prospère. « Je voulais être témoin de la liberté de notre pays. Je veux dire, la liberté aussi bien pour les hommes que pour les femmes. »

L’Afghanistan s’est enfoncé dans une crise humanitaire et économique depuis que les talibans ont pris le pouvoir et que des droits, tels que la liberté de la presse et le droit à l’éducation, ont été révoqués. Avant même que les talibans ne reprennent le contrôle du pays, les experts considéraient l’Afghanistan comme l’un des pays où il est le plus difficile d’être une femme dans le monde. Bien que les talibans aient déclaré une amnistie générale pour les membres des anciennes forces de sécurité, les Nations unies ont constaté que, depuis un an, des talibans ont été responsables de 160 exécutions extrajudiciaires et d’un nombre encore plus élevé d’arrestations arbitraires d’anciens membres des forces de sécurité et du gouvernement précédent.

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Dowlat Begum, la belle-fille d'Hafiza, fait cuire du pain pour le déjeuner dans un four traditionnel en argile.

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Des voisines se réunissent dans la cuisine d'Hafiza à Fayzabad, où elle a grandi et élevé ses enfants avant que la guerre ne brise la famille et ne divise la ville.

En raison des violations des droits humains, aucun pays n’a encore reconnu les talibans comme le gouvernement légitime du pays. Selon Rahmanullah, ils ont raison de ne pas le faire. « Les talibans peuvent prétendre qu’ils ont un gouvernement, mais cela ne suffit pas », dit-il alors que les frères marchent dans la vallée.

 

SURVIVRE DANS UN NOUVEAU SYSTÈME

Ils croisent et serrent la main d’un groupe d’hommes qui se dirigent vers le sommet d’une montagne, dans le sens inverse. L’un d’entre eux était un agent de renseignement sous le gouvernement précédent, un autre est un taliban local, et tous se rendent au même endroit : les mines d’or. Rahmanullah et Hamidullah y travaillent aussi, désormais.

Selon l’ONU, un demi-million d’Afghans ont perdu leur emploi dans les premiers mois qui ont suivi l’arrivée au pouvoir des talibans. Plus d’un million d’hommes et de femmes travaillant dans l’administration publique ont également été touchés, comme les sages-femmes et les enseignants qui sont restés sans salaire pendant des mois.

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Hajira, la petite-fille d'Hafiza, est accroupie dans le couloir de leur maison. Elle n'a pas pu aller à l'école depuis que les talibans ont pris le contrôle de sa ville.

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Après une longue marche aller-retour jusqu'à l'école, Hamidullah, le père d'Hajira, se repose dans le salon de l'ancienne maison d'Hafiza, où il est retourné pendant qu'il travaille dans une mine d'or.

« Du point de vue de la sécurité, la situation est calme et meilleure maintenant. Mais il y a de la famine et de la malnutrition dans tout le pays », déplore Hamidullah, qui a neuf enfants. « Tout est devenu cher. »

Depuis l’effondrement de l’ancien gouvernement et des forces de sécurité dont il faisait partie, il a du mal à joindre les deux bouts. Hamidullah a commencé à creuser pour trouver de l’or il y a un mois et a atteint les 15 mètres de profondeur dans la roche, sans rien trouver. C’est un travail dangereux, et les mineurs non formés doivent apprendre à creuser sur le tas. Pourtant, le manque de travail pousse les chômeurs à parcourir de longues distances, dans l’espoir de trouver un peu de chance dans le sol qui pourrait les aider à nourrir leur famille.

La communauté internationale s’efforce de trouver des moyens d’envoyer de l’aide au peuple afghan sans soutenir par inadvertance le régime islamiste. L’Émirat islamique, nom donné par les talibans à leur gouvernement, autorise les ONG et les agences des Nations unies à travailler dans le pays, mais tente souvent d’intervenir pour choisir qui reçoit l’aide, et comment et où elle est apportée.

Hafiza prépare du pain en prévision d'une réunion de famille.

« L’Émirat islamique fait tout pour résoudre ses propres problèmes, mais la pauvre nation est écrasée », affirme Hamidullah.

Rahmanullah est d’accord : « Si une fille ne peut pas aller à l’école, c’est qu’il n’y a pas de paix dans le pays. Et si les prix au marché ne sont pas maîtrisés, alors à quoi sert ce gouvernement ? »

 

L’ÉDUCATION SOUS LE RÈGNE DES TALIBANS

Avant de rejoindre les talibans, Noorullah était enseignant à l’école de la ville, des tentes blanches créées par l’UNICEF. Il n’aime pas parler de la raison pour laquelle il a rejoint l’insurrection, mais d’autres membres de sa famille pensent qu’il a subi des pressions et que les talibans l’ont pris en grippe à cause de son travail. Noorullah dit quant à lui s’être engagé volontairement, et que cette décision lui a apporté un certain niveau de sécurité.

La fin de la guerre lui a permis de reprendre ce qu’il appelle le « travail de ses rêves », et il est désormais le directeur de l’école. Lorsque Noorullah passe par là pendant la promenade de l’après-midi d’été avec ses frères, les tentes de l’école n’ont ni meubles, ni tableaux noirs, ni d’élèves. Il y a eu un orage dans la matinée, les enseignants ont donc terminé les cours plus tôt. Seul le gardien est assis à l’extérieur, sous un ciel maintenant clair et bleu, alors que les enfants, les mineurs et les ânes traversent la vallée et montent vers les montagnes. En travaillant dans l’éducation, Noorullah souhaite compenser les souffrances de la guerre.

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Noorullah et Hamidullah entrent dans la pièce pour dresser la table du petit-déjeuner dans la maison d'Hafiza. Noorullah, qui était enseignant, a vu des tentes scolaires vides plus tôt dans la journée lors d'une promenade avec ses frères. Il dit que la fin de la guerre lui a permis de reprendre le travail de ses rêves dans l'éducation.

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Kambiz, l'un des petits-enfants d'Hafiza, se cache derrière un rideau pendant une partie de cache-cache avec ses cousins. Certains des petits-enfants d'Hafiza ne comprennent pas les décisions des talibans.

« Je veux servir la nation. Je n’aimais pas la guerre parce qu’elle apporte du chagrin et de la misère. La guerre n’apporte jamais le bonheur. »

L’école compte 570 élèves, garçons et filles, mais comme dans les écoles publiques du pays, les filles ne peuvent pas étudier au-delà de la classe de sixième. Noorullah, qui a quatre filles, ne comprend pas cette décision. Pour lui, le sujet est encore en discussion au sein des talibans.

Les villageois veulent que leurs enfants aillent à l’école, « les gens comprennent que l’école et l’éducation sont les seuls moyens de nous orienter vers le bien et de garantir une communauté et un avenir sains ».

Certains des petits-enfants d’Hafiza ne comprennent pas non plus les décisions des talibans. Elle et la famille d’Hamidullah vivent sous le même toit dans sa maison, dans la banlieue de Fayzabad. Un matin, Hafiza fait du pain avec sa belle-fille et d’autres femmes du village, de la fumée sort du tandoor ouvert dans un coin, au-delà des murs tachés de suie. Dehors, Hajira, 15 ans, la fille aînée d’Hamidullah, garde ses jeunes frères, sœurs et cousins. Elle paie le prix de la paix de son père, de ses oncles et de sa grand-mère.

Zabiullah marche jusqu'en haut de la colline pour avoir du réseau téléphonique afin de pouvoir appeler son père, Hamidullah, qui est maintenant de retour dans leur village. Hamidullah a du mal à joindre les deux bouts depuis l'effondrement de l'ancien gouvernement, ce qui l'a conduit à l'exploitation minière.

Les talibans ont fermé l’école où elle était en classe de seconde, et elle n’a pas pu suivre un seul cours depuis un an.

« Ils devraient nous permettre d’aller à l’école, car nous sommes l’avenir du pays », soutient Hajira.

Les représentants des talibans ont déclaré qu’ils ne sont pas opposés à l’éducation des filles, mais que les conditions islamiques appropriées devront être établies avant que les filles puissent retourner à l’école à partir de la cinquième. Le groupe avait dit la même chose pendant son premier règne, il y a plus de vingt ans. À l’époque, l’interdiction de l’éducation des filles a duré toute la période où les talibans étaient au pouvoir, de 1996 à 2001.

Hafiza peut rencontrer sa famille plus fréquemment maintenant que la guerre est terminée et qu'ils peuvent lui rendre visite à Fayzabad, mais elle continue de s'inquiéter pour ses proches.

Hajira ne comprend pas en quoi son retour à l’école et son instruction pourraient représenter un problème pour les talibans. Deux de ses meilleures amies se sont mariées depuis la fermeture de l’école ; Hajira ne les a pas vues depuis un an.

Rester à la maison toute la journée sans projets, sans but ou sans amis est psychologiquement difficile, et Hajira est consciente que cela a eu un effet sur son humeur et sa personnalité.

« Depuis que l’école a fermé, je me mets en colère contre tout quand je suis triste. Je crie sur les enfants, et je suis contrariée. Je suis en colère quand je pense que je ne peux rien faire du tout », confie la jeune fille.

Hajira veut devenir couturière, mais elle s’attend à devoir se marier, fonder une famille et devenir mère au foyer, comme ses amies. C’est comme ça que ça se passe, ici, se désole-t-elle.

Hafiza dans sa maison de deux pièces, tout près de Fayzabad.

Sa grand-mère, Hafiza, l’écoute en silence. Elle avait espéré que ses petites-filles recevraient l’éducation de base qu’elle n’a jamais reçue, mais le pouvoir est maintenant entre les mains des talibans, et personne ne peut faire autrement que de suivre leurs règles. Malgré tout, elle préfère la paix à une guerre qui a dressé ses fils les uns contre les autres.

« Pendant la guerre, nous devions protéger nos vies », dit Hafiza. « Les salaires versés par le gouvernement étaient plus importants, mais le risque de se faire tuer était très élevé. À quoi ça sert, d’avoir autant d’argent ? Il est mieux d’avoir moins de revenus, et qu’ils soient en sécurité. Ça en vaut la peine. »

La guerre terminée et la blessure au cou moins douloureuse, Hafiza peut désormais dormir la nuit. Mais elle ne cesse pas de s’inquiéter pour sa famille.

« Est-ce qu’ils ont mangé quelque chose ? Est-ce qu’ils travaillent au soleil ? Ce sont mes éternelles inquiétudes », poursuit Hafiza. « Ils me disent de ne plus m’inquiéter pour eux, mais je suis une mère. »

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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