Assassinat de François-Ferdinand : les coulisses du complot qui changea le cours de l’histoire

Un jeune Serbe de Bosnie avait pour projet de libérer son peuple de la monarchie austro-hongroise. Son plan déclencha une série d’événements qui aboutit à la Première Guerre mondiale.

De Josep Maria Casals
Publication 6 août 2026, 11:23 CEST
L’archiduc François-Ferdinand d’Autriche et son épouse, Sophie, quittent la mairie de Sarajevo le 28 juin 1914 ...

L’archiduc François-Ferdinand d’Autriche et son épouse, Sophie, quittent la mairie de Sarajevo le 28 juin 1914 quelques minutes avant d’être assassinés. Le casque à plumes de l’archiduc a peut-être fait de lui une cible plus facile pour son assassin, le nationaliste yougoslave Gavrilo Princip.

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L’archiduc François-Ferdinand d’Autriche et son épouse, Sophie, quittent la mairie de Sarajevo le 28 juin 1914 quelques minutes avant d’être assassinés. Le casque à plumes de l’archiduc a peut-être fait de lui une cible plus facile pour son assassin, le nationaliste yougoslave Gavrilo Princip.

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Par une matinée ensoleillée, le dimanche 28 juin 1914, la collision des destins de deux hommes dans la ville de Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine, eut des conséquences qui déferlèrent dans le monde entier. Rien ne laissait présager que leurs chemins se croiseraient jamais. L’un de ces deux hommes était l’archiduc François-Ferdinand, membre de la monarchie et héritier de l’Empire austro-hongrois. 

L’autre, Gavrilo Princip, âgé de 19 ans, venait d’une famille modeste. Mais en dépit de son apparente impuissance, il était animé par une mission dévorante : porter un coup fatal à la monarchie austro-hongroise, qui avait annexé la Bosnie-Herzégovine six ans plus tôt. Ce jeune fomentateur rêvait d’ébranler la monarchie dans ses fondements et de pousser les Slaves de Bosnie, qu’ils soient serbes, croates ou musulmans, à l’insurrection contre leurs occupants autrichiens. Son projet d’assassiner l’archiduc François-Ferdinand était des plus audacieux.

Illustration figurant l’archiduc François-Ferdinand et son épouse, Sophie, publiée à la Une de La Domenica del ...

Illustration figurant l’archiduc François-Ferdinand et son épouse, Sophie, publiée à la Une de La Domenica del Corriere, journal milanais, une semaine après que l’acte commis par Gavrilo Princip eut plongé le monde dans la guerre.

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Illustration figurant l’archiduc François-Ferdinand et son épouse, Sophie, publiée à la Une de La Domenica del Corriere, journal milanais, une semaine après que l’acte commis par Gavrilo Princip eut plongé le monde dans la guerre.

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Quand il vit le jour, en 1863, François-Ferdinand était troisième dans l’ordre de succession au trône, et personne ne s’attendait à ce qu’il devienne un jour le souverain d’un puissant empire. Accablé par la tuberculose dans sa vingtaine et au début de sa trentaine, il semblait plus probable qu’il meure jeune. Il n’en fut rien. D’autres, cependant, n’eurent pas cette chance. Rodolphe, cousin de l’archiduc et fils de François-Joseph, empereur vieillissant, mourut de ce qui semble être un suicide en 1889. Ensuite, le père de François-Ferdinand (l’archiduc Charles-Louis), frère de l’empereur, désigné à sa succession, mourut de fièvre typhoïde en 1896. Soudain, François-Ferdinand se trouva successeur direct de François-Joseph, au moment même où l’Empire austro-hongrois commençait à traverser une crise existentielle.

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L’empereur autrichien François-Joseph Ier, que l’on voit sur ce buste créé en 1873 par Kaspar von Zumbusch, avait 83 ans lorsque François-Ferdinand, son neveu et héritier, fut assassiné. La guerre qui s’ensuivit conduirait à la destruction de l’Empire. Kunsthistorisches Museum, Vienne.

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L’empereur autrichien François-Joseph Ier, que l’on voit sur ce buste créé en 1873 par Kaspar von Zumbusch, avait 83 ans lorsque François-Ferdinand, son neveu et héritier, fut assassiné. La guerre qui s’ensuivit conduirait à la destruction de l’Empire. Kunsthistorisches Museum, Vienne.

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L’empereur François-Joseph régnait sur l’Autriche et sur la Hongrie, réunies au sein d’une monarchie double. Les deux entités n’avaient en commun que leur monarque, leurs ministres de la Guerre, des Affaires étrangères et des Finances ; pour le reste, leur union était fragile. Ce qui empêchait cette unité de se disloquer était la domination politique exercée par les Autrichiens et par les Magyars sur les autres peuples de l’Empire. Cependant, la montée du nationalisme slave, centré sur la Bohème, au nord, et sur la Serbie, au sud, menaçait ce statu quo précaire. La Bosnie-Herzégovine était en train de devenir une poudrière.

Les racines de cette situation explosive remontent à 1878, année où la victoire des Russes sur l’Empire ottoman offrit à ces premiers des provinces du Caucase. Enhardis, des États des Balkans déclarèrent la guerre à l’Empire ottoman en 1912, dépouillant celui-ci de presque tous ses territoires européens.

Les dirigeants serbes nourrissaient le rêve d’une Grande Serbie qui inclurait l’ensemble des Slaves des Balkans au sein de ses frontières. Toutefois, cette ambition se trouva grandement compromise en 1908, quand l’Empire austro-hongrois annexa la Bosnie-Herzégovine. Conformément à des accords internationaux, la région était administrée par les Austro-Hongrois depuis 1878, quoiqu’elle demeurât officiellement ottomane. C’est sur la Bosnie-Herzégovine, avec sa population bigarrée composée de musulmans, de Croates et de 43 % environ de Serbes chrétiens orthodoxes, comme la famille Princip, que les ambitions nationalistes de la Serbie se concentrèrent.

Les habitants de Bosnie-Herzégovine considérèrent l’annexion comme un affront. Leur mécontentement se transforma en nationalisme fervent, chose qui, en 1911, conduisit à la fondation de la société serbe L’Union ou la Mort, mieux connue sous le nom de Main noire. Cette société secrète était dirigée par Dragutin Dimitrijević, également appelé Apis, officier de l’armée à la brillante carrière militaire. L’objectif de la Main noire était d’unifier les Serbes par tous les moyens nécessaires.

En 1907, Gavrilo Princip, âgé de 13 ans, quitta son village natal d’Obljaj pour aller étudier à Sarajevo. L’annexion l’avait rendu furieux. Sa colère était nourrie par les injustices qui l’entouraient : les conditions de vie précaires de la communauté à laquelle il appartenait (six de ses frères et sœurs moururent en bas âge) et l’absence de droits politiques. Comme lui, des centaines de jeunes s’opposaient à la domination coloniale austro-hongroise et aspiraient à passer à l’action. Beaucoup faisaient partie de Jeune Bosnie, un réseau de groupes promouvant la résistance face aux autorités austro-hongroises.

 

ACTION DIRECTE

Pour de nombreux membres de Jeune Bosnie, la violence semblait une réaction légitime à l’oppression subie. Un acte de violence commis par un membre de Jeune Bosnie ouvrit la voie à Gavrilo Princip. Le 15 juin 1910, Bogdan Žerajić, âgé de 24 ans, tira à cinq reprises sur le gouverneur de Bosnie-Herzégovine sur le pont de l’Empereur, au-dessus de la Miljacka, à Sarajevo. Mais Bogdan Žerajić manqua sa cible et, avec sa dernière balle, s’ôta la vie. Ce dernier devint un exemple de dévouement envers la libération de la Bosnie pour Gavrilo Princip.

À Sarajevo, Gavrilo Princip se plongea dans une multitude d’œuvres littéraires révolutionnaires (socialistes, anarchistes, nationalistes) et prit part à des manifestations étudiantes contre la domination étrangère. Il semble cependant avoir été plutôt solitaire, demeurant toujours à l’écart. Son engagement politique croissant commença à lui attirer des ennuis ; en 1912, il prit part à une manifestation anti-autrichienne et fut exclu de son lycée. Cette même année, Gavrilo Princip se rendit à Belgrade, capitale de la Serbie, pour terminer sa scolarité. C’est là que le jeune rebelle décida de devenir assassin.

La Serbie se posait alors en championne du panslavisme balkanique. Belgrade attirait des jeunes gens qui venaient là pour étudier mais aussi pour exprimer leurs convictions politiques. Bon nombre d’entre eux s’engagèrent comme combattants volontaires dans les guerres balkaniques de 1912 (contre les Ottomans) et de 1913 (contre les Bulgares) desquelles la Serbie sortit avec une population et un territoire doublés.

Gavrilo Princip tenta de s’engager en 1912 mais affirma plus tard avoir été rejeté pour des raisons de santé. Il mena donc une existence précaire à Belgrade, aux côtés de nombreux autres étudiants et ex-combattants bosniens des deux guerres précédentes. Il déclara plus tard aux enquêteurs : « Où que j’aille, on me prenait pour un faible […] et je faisais semblant d’être faible, alors que je ne l’étais pas. » Puis vint le moment pour lui de révéler son véritable visage.

 

Gavrilo Princip se servit d’un Browning FN M1910, fabriqué en Belgique et porté par les militaires ...

Gavrilo Princip se servit d’un Browning FN M1910, fabriqué en Belgique et porté par les militaires serbes. L’arme est exposée au Musée d’histoire militaire de Vienne.

PHOTOGRAPHIE DE Alamy, ACI

Gavrilo Princip se servit d’un Browning FN M1910, fabriqué en Belgique et porté par les militaires serbes. L’arme est exposée au Musée d’histoire militaire de Vienne.

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LE COMPLOT

En mars 1914, Gavrilo Princip lut dans la presse que l’archiduc se rendrait à Sarajevo pour inspecter des manœuvres militaires. Son ami, Nedeljko Čabrinović, lut également une coupure similaire qu’il montra à Gavrilo Princip. Selon Nedeljko Čabrinović, Gavrilo Princip aurait suggéré qu’ils assassinent François-Ferdinand lors de sa venue à Sarajevo en juin.

Mais le temps leur était compté. Gavrilo Princip avait besoin de complices, d’armes et d’argent pour passer de la Serbie à la Bosnie sans se faire arrêter. Il choisit à Belgrade deux camarades serbes de Bosnie pour l’aider : son co-conspirateur initial, Nedeljko Čabrinović, typographe de profession, et Trifko Grabež, un étudiant. Tout le reste devait être fourni par la Main noire. Mais en dépit du soutien apporté par cette dernière, c’est le jeune Gavrilo Princip, âgé de 19 ans seulement, qui conçut le complot, aussi improvisé fût-il, et le mit à exécution. Contre toute attente, il parvint à ses fins.

Gavrilo Princip se procura les armes grâce à Milan Ciganović, ancien combattant serbe de Bosnie lié à la Main noire. Milan Ciganović avait obtenu, de son côté, une autorisation du commandant serbe Vojislav Tankosić, acteur majeur de la Main noire. Apis, chef de la Main noire, affirma plus tard que l’organisation avait été à l’origine du complot tout entier. Certains soutinrent que Gavrilo Princip avait été membre de l’organisation. Cependant, ses objectifs politiques étaient différents. La Main noire prônait l’unification des Slaves du Sud sous l’hégémonie de la Serbie. Mais Gavrilo Princip avait en tête un État où les Serbes, les musulmans et les Croates jouiraient d’un statut égal.

Située de part et d’autre de la Miljacka, Sarajevo, capitale de la Bosnie, fut le foyer ...

Située de part et d’autre de la Miljacka, Sarajevo, capitale de la Bosnie, fut le foyer des événements déclencheurs de la Première Guerre mondiale. En 1992, à la suite de l’éclatement de la Yougoslavie, de laquelle la Bosnie-Herzégovine était une république depuis 1945, la ville fut une nouvelle fois plongée dans la violence.

PHOTOGRAPHIE DE KEMAL BECIREVIC, Getty Images

Située de part et d’autre de la Miljacka, Sarajevo, capitale de la Bosnie, fut le foyer des événements déclencheurs de la Première Guerre mondiale. En 1992, à la suite de l’éclatement de la Yougoslavie, de laquelle la Bosnie-Herzégovine était une république depuis 1945, la ville fut une nouvelle fois plongée dans la violence.

PHOTOGRAPHIE DE KEMAL BECIREVIC, Getty Images

Milan Ciganović fournit aux trois assassins en herbe six bombes et trois pistolets. Il les emmena dans une forêt où il leur apprit à tirer. Il leur donna en prime assez d’argent pour voyager jusqu’à Sarajevo. Les jeunes hommes partirent de Belgrade le 28 mai. Grâce à des manœuvres de la Main noire, les douaniers serbes fermèrent les yeux lorsque le groupe traversa la Drina pour entrer en Bosnie. Quand ils arrivèrent sur la rive occidentale, des Serbes bosniens les aidèrent à poursuivre leur route vers le sud-ouest en direction de la ville de Tuzla. De là, ils gagnèrent Sarajevo par le train, où ils débarquèrent le 4 juin.

Auparavant, Gavrilo Princip avait pris soin d’écrire à Danilo Ilić, qui vivait à Sarajevo et était membre de Jeune Bosnie, pour lui demander de trouver davantage de complices pour l’attentat. En mai, Danilo Ilić recruta trois personnes supplémentaires : un charpentier bosniaque d’une vingtaine d’années, Muhamed Mehmedbašić, et deux étudiants, Vaso Čubrilovič, âgé de 17 ans, et Cvjetko Popović, âgé de 18 ans. Muhamed Mehmedbašić avait déjà été impliqué dans un complot raté de la Main noire visant à assassiner le général Oskar Potiorek, gouverneur de la Bosnie-Herzégovine.

Le 14 juin, Danilo Ilić récupéra les armes que Gavrilo Princip avait confiées à un homme d’affaires de Tuzla. Cependant, à mesure que l’échéance approchait, Danilo Ilić commença à douter de l’attentat. Il se demandait si cela n’allait pas provoquer davantage de souffrances pour les Serbes vivant sous domination austro-hongroise. Danilo Ilić s’entretint avec Gavrilo Princip de la possibilité qu’une action politique soit plus efficace qu’un acte terroriste. Finalement, il se laissa convaincre de poursuivre le plan pour le bien de son ami.

 

L’ATTENTAT

Le 28 juin, François-Ferdinand et son épouse, la comtesse Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, devaient assister à une réception à la mairie de Sarajevo et visiter le musée local. Ils arrivèrent à Sarajevo depuis Ilidža, une station thermale voisine, et devaient rejoindre l’hôtel de ville au sein de leur cortège en passant par le quai Appel. Cette avenue large jouxte la Miljacka, dont les eaux coupent Sarajevo en deux. Le long de l’itinéraire, six hommes armés (Muhamed Mehmedbašić, Vaso Čubrilovič, Nedeljko Čabrinović, Cvjetko Popović, Gavrilo Princip et Trifko Grabež), s’étaient mêlés à la foule venue saluer le couple héritier qui longeait le quai Appel. Afin de donner une impression de proximité entre la Couronne et le peuple bosnien, l’armée n’avait pas bouclé le parcours. En outre, les autorités locales n’avaient mobilisé que 150 policiers environ. C’était une décision risquée et la possibilité d’un attentat planait. Cette menace avait d’ailleurs incité la comtesse à accompagner son époux en Bosnie.

Le cortège de six véhicules passa devant Muhamed Mehmedbašić, qui se tenait prêt avec sa bombe. Mais il ne la fit pas détoner comme prévu, car un policier se serait trouvé dans les environs. Nedeljko Čabrinović, le suivant à avoir l’occasion d’agir, lança sa bombe sur le troisième véhicule du cortège, dans lequel voyageait l’archiduc. Le casque de François-Ferdinand, surmonté de plumes de vautour teintes en vert, fit une cible tout à fait commode. Mais la bombe ricocha sur la capote à l’arrière de la voiture et tomba à terre avant d’exploser au moment où passait le véhicule suivant, blessant plusieurs personnes. Il était alors 10h10. Le cortège accéléra, ce qui empêcha les quatre autres hommes de viser correctement. Nedeljko Čabrinović tenta de s’enfuir en sautant dans la Miljacka. Comme tous les autres terroristes, il portait sur lui du cyanure, qu’il avala pour se donner la mort pour ne pas risquer d’être capturé. Mais le poison ne fit que lui brûler la bouche et la gorge, et il fut attrapé et arrêté.

Malgré cette tentative d’attenter à sa vie, l’archiduc s’efforça de paraître imperturbable. Le couple assista à la réception donnée à l’hôtel de ville. Cependant, on prit la décision de modifier l’itinéraire. L’archiduc et son épouse n’entrèrent pas dans la ville pour se rendre au musée comme cela était initialement prévu. À la place, ils empruntèrent le quai Appel en direction de l’hôpital et rendirent visite aux personnes blessées pendant l’attaque. Toutefois, ce changement de plan visant à détourner le cortège vers l’hôpital ne fut pas communiqué correctement au chauffeur. Lorsqu’ils atteignirent la rue François-Joseph, le chauffeur tourna à droite.

La voiture dans laquelle voyageaient l’archiduc et la duchesse était un double phaéton Gräf & Stift. ...

La voiture dans laquelle voyageaient l’archiduc et la duchesse était un double phaéton Gräf & Stift. Il est conservé au Musée d’histoire militaire de Vienne.

PHOTOGRAPHIE DE IAN G. DAGNALL, Alamy, Cordon Press

La voiture dans laquelle voyageaient l’archiduc et la duchesse était un double phaéton Gräf & Stift. Il est conservé au Musée d’histoire militaire de Vienne.

PHOTOGRAPHIE DE IAN G. DAGNALL, Alamy, Cordon Press

À l’angle du quai Appel, à côté du café Moritz Schiller, Gavrilo Princip se tenait tranquille et attendait le passage du cortège. Le gouverneur militaire Oskar Potiorek, également présent dans la voiture avec le couple royal, s’aperçut de l’erreur commise dans l’itinéraire et hurla au chauffeur de faire demi-tour. Mais cette manœuvre n’avait rien de facile : elle impliquait dans un premier temps d’inverser les courroies d’entraînement, procédure qui prenait un certain temps. Gavrilo Princip vit son heure venue et tira à deux reprises, un coup sur l’archiduc et un autre sur le général Potiorek. La première balle toucha Sophie au niveau de l’abdomen. La seconde toucha François-Ferdinand au cou, sectionnant une jugulaire. Les personnes qui se trouvaient autour de lui ne comprirent pas tout de suite ce qui se passait, car le sang giclait par le dessous de la tunique de son uniforme. François-Ferdinand et la comtesse furent mortellement blessés et décédèrent en l’espace de quelques minutes. Gavrilo Princip avala son cyanure avant de diriger son pistolet sur sa tête. Mais on lui arracha l’arme des mains avant qu’il ne puisse en presser la détente et le cyanure, de nouveau, s’avéra ne pas être mortel.

Muhamed Mehmedbašić parvint à s’enfuir au Monténégro, mais les cinq autres conspirateurs et ceux qui les avaient aidés en Bosnie furent tous arrêtés. Danilo Ilić fut pendu, tandis que les autres se virent épargner la peine capitale en raison de leur âge. Nedeljko Čabrinović et Gavrilo Princip moururent plus tard, en prison, de la tuberculose. L’incident donna à l’Autriche-Hongrie un prétexte pour attaquer la Serbie, ce qui provoqua un changement dans les alliances entre les puissances européennes. Une réaction en chaîne eut lieu, qui propulsa l’Europe dans la Première Guerre mondiale, un conflit mondial à l’ampleur alors inédite.

L’emblème de la Main noire en photo ici. La Main noire ne semble pas avoir organisé ...

L’emblème de la Main noire en photo ici. La Main noire ne semble pas avoir organisé le complot, mais elle fournit le soutien nécessaire à sa mise en œuvre. Des membres de la Main noire avaient infiltré l’armée serbe et la police dans une mesure telle que le gouvernement de Pašic ne put empêcher des armes et des terroristes d’entrer en Bosnie.

PHOTOGRAPHIE DE SZ Photo, Bridgeman, ACI

L’emblème de la Main noire en photo ici. La Main noire ne semble pas avoir organisé le complot, mais elle fournit le soutien nécessaire à sa mise en œuvre. Des membres de la Main noire avaient infiltré l’armée serbe et la police dans une mesure telle que le gouvernement de Pašic ne put empêcher des armes et des terroristes d’entrer en Bosnie.

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Cet article a initialement paru sur le site nationalgraphic.com en langue anglaise.

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