Les chevaliers, super-héros du Moyen Âge

La bravoure, les victoires et les valeurs des chevaliers ont inspiré de nombreux récits emblématiques à travers l'Histoire. Mais qui étaient vraiment ces personnages qui marquent nos cultures aujourd'hui encore ?

De Alberto Reche
Publication 29 avr. 2022, 17:01 CEST
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L'armure de plates d'un chevalier était constituée de parties rivetées, qui permettaient une meilleure liberté de mouvement que les armures rigides. Elle était largement utilisée dans les combats au 14e siècle.

PHOTOGRAPHIE DE Warpedgalerie, Alamy, ACI

Les chevaliers comptent parmi les personnages les plus emblématiques du Moyen Âge. Leurs origines remontent à la chute de l’Empire romain en Europe de l’Ouest, dont le dernier empereur, Romulus Augustule, fut renversé par un chef de guerre germanique en l’an 476. Le vide laissé par la destruction de Rome fut comblé en partie par l’Église catholique romaine, mais aussi par les relations entre l’Église et les seigneurs locaux dominants.

Les seigneurs étaient soutenus par l’Église, qui les désignait avec les rois comme les dirigeants choisis par Dieu. Mais elle utilisait également la crainte de mettre fin à l’approbation de Dieu par le biais de l’interdit et de l’excommunication afin de les contrôler. Ces alliances entre la papauté et le roi des Francs durèrent 500 ans. Au fil du temps, elles se reproduisirent dans toute l’Europe, et conduisirent et soutinrent l’essor de la féodalité : un système dépendant des chevaliers pour soutenir le royaume et l’Église, et un moyen pour la société de les recruter.

Les armoiries d'Édouard III d'Angleterre, le roi guerrier dont le règne a été marqué par la culture de la chevalerie.

PHOTOGRAPHIE DE Look and Learn, Bridgeman, ACI

Le système féodal reposait sur un réseau complexe de droits et d’obligations entre les dirigeants, les nobles, les serfs, les paysans et les hommes libres. Avec peu, voire pas de commerce, la terre et ses produits étaient les uniques formes de richesse et, par conséquent, de pouvoir. Chaque seigneur féodal avait la mainmise sur ses terres et ses habitants. Au fil du temps, la féodalité commença à reposer sur l’uniformité qui avait été imposée par l’Empire romain.

En raison d’une culture de guerre préexistante, les chevaliers devinrent des sortes de superstars aimées de tous. Ils étaient le fruit d’un long entraînement, tant sur le plan militaire que sur le plan spirituel et sociétal. Les chevaliers étaient liés en tant que groupe social grâce à un code détaillé de valeurs, de comportements et d’accomplissements, notamment la courtoisie, le raffinement, l’honnêteté, la générosité et la galanterie. Devenir chevalier impliquait de devoir développer des compétences en matière de combat et d’utilisation des armes, mais également de pratiquer la chasse, d’apprendre à lire et de jouer à des jeux comme les échecs.

Les idéaux des chevaliers peuvent être regroupés en trois piliers : la noblesse, les valeurs chrétiennes et les prouesses militaires. La littérature sur les chevaliers, telle que la légende du roi Arthur et de sa cour, devint très populaire et eut une profonde influence sur les origines du roman en Europe. L’importance de la culture de la chevalerie dans les récits persiste encore aujourd’hui au travers de sa large utilisation dans la fantasy, que ce soit au travers de la fiction, des communautés de fans, des jeux, des animations, des séries télévisées ou encore des films.

Pour réellement comprendre la nature de la chevalerie à cette époque, la meilleure solution est d’aller à la rencontre de certains de ces chevaliers, qu’il s’agisse de personnages historiques comme Richard Cœur de Lion, ou de personnages littéraires. En réalité, la frontière entre document historique et invention littéraire est souvent difficile à tracer : les personnages de fiction ont eu une influence sur le comportement de vrais chevaliers, et les vrais chevaliers ont apporté de la matière pour nourrir l’inspiration des auteurs de récits littéraires.

 

LE CHEVALIER AU CYGNE

L’un des exemples les plus anciens et les plus représentatifs d’un chevalier est Godefroid de Bouillon (1060-1100 environ). Après le 14e siècle, il fut inclus dans la liste des Neuf Preux : neuf hommes à travers les âges (certains historiques, d’autres légendaires) dits avoir incarné les idéaux de la chevalerie.

Godefroid était le fils du comte Eustache II de Boulogne et d’Ide de Boulogne. Avec ses frères, il participa à la première croisade en 1096. La renommée et le prestige de Godefroid parmi le groupe de barons commandant la croisade ne firent que croître au point que, lorsque les croisés parvinrent à reprendre Jérusalem à la domination islamique en 1099, ils lui offrirent le trône du nouveau royaume de Jérusalem. Dans un acte remplissant toutes les conditions de la chevalerie, Godefroid refusa et fit pieusement valoir que personne ne devrait porter une couronne d’or dans la ville où le Christ avait porté la couronne d’épines. À la place, il accepta le titre d’avoué du Saint-Sépulcre.

Ce fort, le Ferns Castle, a été érigé au début du 13e siècle par Guillaume le Maréchal dans le comté irlandais de Wexford, l'un de ses domaines en tant que comte de Pembroke.

PHOTOGRAPHIE DE Alamy, ACI

Godefroid était un chevalier si exemplaire qu’il en devint légendaire. Des récits embellis furent écrits sur son voyage en Terre sainte, allant jusqu’à établire sa noble lignée. La plus connue de ces histoires est la légende du chevalier au cygne. À l’origine, cette histoire était celle d’un chevalier anonyme qui, dans une barque tirée par un cygne, alla sauver une demoiselle en détresse. À la fin du 12e siècle, les récits populaires identifiaient le protagoniste de l’histoire à la dynastie des Bouillon, et affirmaient que le mystérieux chevalier au cygne n’était autre que le grand-père de Godefroid. Ce récit mêlait réalité et fiction autour de la figure de l’un des chevaliers les plus reconnus de la chrétienté. Ce mélange d’évocation littéraire, d’embellissement de la réalité et de célébration des valeurs de la chevalerie se développa pendant une longue période dans l’Europe médiévale, et plus particulièrement dans le monde anglo-français.

 

LE MEILLEUR CHEVALIER DU MONDE

Un chevalier bien connu en France et en Angleterre fut Guillaume le Maréchal (1146-1219 environ). Il joua le rôle de conseiller du roi pour quatre monarques anglais : Henri II, Richard Ier (plus connu sous le nom de Richard Cœur de Lion), Jean, et Henri III. Même les membres de la cour de France reconnaissaient à contrecœur qu’il était le meilleur chevalier du monde. Guillaume guida ces quatre rois avec sagesse à travers de nombreuses crises et dangers, faisant de son nom un synonyme de modèle des vertus chevaleresques de son époque.

Les détails de la vie de Guillaume le Maréchal furent préservés dans un récit littéraire commandé par l’un de ses fils, Histoire de Guillaume le Maréchal, écrit en vers en vieux français. Les lignes de cet ouvrage retracent sa carrière fulgurante, depuis son départ de la maison paternelle dans le but de se former au métier de chevalier (en tant que second fils de la fratrie, cette voie était attendue) jusqu’aux dernières heures de sa vie. Bien que Maréchal ne fut pas un chevalier ordinaire, le récit donne un aperçu de ce qu’était généralement la vie des chevaliers à cette époque. On y trouve une description de la formation de Maréchal dans la maison de Guillaume de Tancarville, puissant noble normand qui était le cousin de sa mère, mais aussi de son investiture comme chevalier en 1166 et de sa première campagne militaire.

Très vite, le jeune Maréchal découvrit une activité qui façonna sa vie et devint pour lui une véritable passion : le tournoi. Ces compétitions étaient bien plus brutales que les versions populaires qui sont célébrées aujourd’hui, puisqu’il s’agissait davantage de batailles que de jeux. Les jeunes chevaliers y participaient, individuellement ou en équipe, dans l’espoir de démontrer leurs prouesses au combat et, peut-être, de gagner gloire et fortune.

À la fin du 12e siècle, les tournois connaissaient leur apogée, et Maréchal excellait dans les joutes. On dit que, pendant plus d’une décennie, il enchaîna les tournois, et désarçonna et captura plus de 500 combattants. Les chevaliers vaincus devaient payer une rançon. Avec le butin provenant de la saisie des harnais et des selles, Maréchal pouvait profiter d’une pratique chevaleresque très appréciée : la largesse. La générosité avec laquelle il distribuait la prime de ses victoires lui permit de forger de précieuses loyautés.

En plus d’exceller sur le terrain des tournois, Maréchal faisait également office de maître d’armes et de confident du prince Henri, fils d’Henri II d’Angleterre et héritier du trône. Le jeune prince mourut avant de pouvoir porter la couronne, et Guillaume tint la promesse qu’il lui avait faite de se rendre en Terre sainte, où il combattit pendant deux ans aux côtés des Templiers. À son retour, le roi lui offrit la main d’Isabel de Clare, comtesse de Pembroke, l’une des plus riches héritières du royaume. Cette union éleva Maréchal aux plus hauts rangs de la noblesse. Ses jours en tant que chevalier errant étaient ainsi terminés.

Maréchal continua toutefois à briller sur les champs de bataille. Lorsque Richard Cœur de Lion partit pour la troisième croisade, Guillaume protégea son trône contre les manœuvres de Jean sans Terre, frère du roi et régent. Suite à la mort de Richard, alors que la légitimité au trône de Jean était contestée, Maréchal fut l’un des rares grands nobles à rester à ses côtés pendant la première guerre des Barons, au cours de laquelle la noblesse se rebella et força le roi Jean à signer la charte des droits connue sous le nom de Magna Carta.

(À lire : La Croisade des enfants est partie pour la Terre sainte en 1212. Elle n’est jamais arrivée.)

Cette loyauté intransigeante envers la couronne scella la réputation de Guillaume le Maréchal comme le plus grand chevalier de son époque. Il mourut peu après sa dernière grande victoire militaire, la bataille de Lincoln, en 1217, durant laquelle il réussit à chasser l’armée française d’Angleterre et à forcer le futur roi de France, Louis VIII, à renoncer à ses prétentions au trône d’Angleterre.

 

LE CHEVALIER LITTÉRAIRE

Si certains chevaliers furent immortalisés par les poèmes relatant leurs exploits héroïques, d’autres furent les auteurs de ces poèmes. Une riche tradition de littérature et d’illustration se développa autour du mode de vie chevaleresque. Le cas le plus remarquable est peut-être celui d’Ulrich von Liechtenstein (1200-1278), chevalier originaire de Styrie (en actuelle Autriche), connu non seulement pour ses exploits militaires mais aussi pour son rôle de Minnesänger, ou troubadour.

Il fut fait chevalier en 1223 par le duc Léopold VI d’Autriche, l’un des hommes politiques et mécènes les plus célèbres de son époque. Léopold encouragea les activités chevaleresques dans sa cour et choisit rapidement Ulrich au sein de la noblesse styrienne. Les postes importants de sénéchal et de maréchal furent conférés au chevalier, mais ce fut pour ses écrits qu’il resta dans les mémoires.

Deux des œuvres d’Ulrich survécurent. Dans le Frauenbuch, ou Livre de la dame, il déplorait que la cour aux dames, qu’il considérait comme une pierre angulaire de la chevalerie, soit en déclin. L’autre, le Frauendienst, ou Service de la dame, est un recueil de poésie (apparemment autobiographique) dans lequel Ulrich réfléchissait aux conventions de l’amour courtois et des activités chevaleresques.

Ulrich von Liechtenstein est représenté portant un casque à l'effigie de la déesse Vénus dans l'ouvrage du 14e siècle appelé le codex Manesse.

PHOTOGRAPHIE DE AKG, Album

Il raconta ses réflexions au travers de deux aventures en l’honneur de sa dame. Dans la première, le chevalier voyage déguisé en la déesse Vénus et participe à des joutes et des tournois de Venise à Vienne. Au cours de son voyage, il affronte et vainc plusieurs centaines de chevaliers. Dans la deuxième aventure, cette fois déguisé en roi Arthur, il part avec l’intention de se mesurer à tous les chevaliers qui croiseront son chemin, et ce pour faire honneur à sa dame.

Ulrich von Liechtenstein figure parmi les 137 miniatures du codex Manesse. Ce codex, compilé au début 14e siècle, rassemble des ballades et des poèmes écrits en haut moyen allemand par environ 140 Minnesänger. Ulrich apparaît sur l’illustration vêtu d’une cotte de mailles et galopant sur un grand cheval. Dans sa main droite, il tient une lance de joute émoussée, et dans sa main gauche, un bouclier. Les poèmes et les illustrations du codex Manesse comptent parmi les meilleures sources encore existantes permettant de comprendre la vie des chevaliers de l’époque.

 

LE DERNIER CHEVALIER ?

Plus tard au cours du 14e siècle, les idéaux chevaleresques représentant des héros à cheval se séparaient de plus en plus de la réalité militaire dans laquelle les soldats engageaient les combats à pied. En conséquence de ce changement de stratégie militaire, la cavalerie des chevaliers perdit la place essentielle qu’elle avait tenue pendant 200 ans. À l’arrivée du 15e siècle, elle fut réduite à un simple spectacle de cour. À mesure que les chevaliers s’éloignaient des champs de bataille pour participer davantage à des tournois, les formes cérémonielles de combat devenaient de plus en plus élaborées. Durant cette transition, des personnages mémorables émergèrent, tels que Jean II le Meingre (1366-1421), également connu sous le nom de Boucicaut.

Jean hérita du surnom de son père (Boucicaut peut signifier « panier de poisson », associé à la sournoiserie et à la cupidité, mais aussi, de façon plus flatteuse, « bœuf prudent », en référence à la prudence et à la force). Comme son père, il accéda à la fonction de maréchal de France, un poste de grand pouvoir.

Enfant, il fut page de la cour et participa à sa première expédition militaire à l’âge de 12 ans. Il laissa derrière lui des récits de son programme d’entraînement exténuant destiné à développer sa force. Boucicaut devait courir sur de grandes distances, perfectionner son saut du sol à la selle de son cheval, et apprendre à grimper aux échelles à la seule force de ses bras. À l’âge de 16 ans, il fut fait chevalier et participa à la bataille de Roosebeke, dans les Flandres, au cours de laquelle les Français remportèrent une importante victoire. Pendant deux décennies, il fut le héros des champs de bataille d’Europe.

Une miniature flamande du 15e siècle représentant une scène de joute figure dans une édition des Chroniques de Jean Froissart, rédigée au siècle précédent.

PHOTOGRAPHIE DE British Library, Bridgeman, ACI

Les batailles continuèrent. En 1384, Boucicaut se battit aux côtés de l’Ordre Teutonique dans leur croisade contre les Lituaniens dans la Baltique. Il se rendit ensuite en Espagne, où il combattit pour Jean Ier de Castille contre l’envahisseur anglais Jean de Gand. Dans les Balkans, il soutint l’empereur byzantin contre les Turcs. Dans ce qui est aujourd’hui le Liban, il attaqua et pilla des villes comme Tripoli, Sidon et Beyrouth. Les succès militaires s’enchaînant, Boucicaut vit sa carrière décoller et, en 1391, il fut investi maréchal de France, comme son père l’avait été avant lui. Pendant une courte période, il fut également gouverneur de Gênes.

(À lire : L’Apocalypse de Silos révèle les peurs qui hantaient les chrétiens au Moyen Âge.)

À la fin du 14e et au début du 15e siècles, Boucicaut participa à la création d’ordres de chevalerie. Avec douze autres chevaliers, il fonda l’Ordre de la Dame blanche à l’écu vert pour protéger les femmes parentes des chevaliers partis au combat, en croisade ou décédés. Cet ordre attira les louanges de l’écrivaine de la cour Christine de Pisan, qui ne cachait pas ses convictions concernant les droits des femmes.

La vie périlleuse d’un chevalier entraînait souvent des souffrances, et Boucicaut subit en effet deux défaites majeures. Tout d’abord, il fit partie de l’armée des chevaliers chrétiens écrasés par les Turcs ottomans à Nicopolis en 1396. Sa deuxième et dernière défaite eut lieu lors de la bataille d’Azincourt en 1415. Les Anglais capturèrent Boucicaut et l’emmenèrent en Angleterre, où il mourut en 1421.

 

LA FIN DE LA CHEVALERIE

Les arcs longs anglais et les archers entraînés contribuèrent à la victoire d’Azincourt, de même que les tactiques d’attaque furtive de la cavalerie et les manœuvres défensives en masse des fantassins. Les arcs longs et de nouvelles tactiques permettaient de tuer un ennemi à distance. Les armes à poudre noire, telles que les arquebuses à long canon, mousquets et pistolets, firent leur apparition à la fin du 15e siècle, transformant encore le déroulement des combats. Les chevaliers avaient longtemps combattu face à face avec leurs ennemis et considéraient cela comme un signe d’honneur mais, avec ces changements, leurs armures et leurs méthodes de combat devinrent obsolètes.

Les changements systémiques accélérèrent également le déclin des chevaliers. Les monarques devinrent plus puissants et furent en mesure de développer des institutions plus modernes afin de collecter des impôts, créer des tribunaux et financer des armées permanentes. La distance se creusa entre l’Église et l’État, qui se disputaient le pouvoir et l’influence en Europe de l’Ouest.

Le monde chevaleresque créé par la féodalité, avec ses valeurs de noblesse, son ordre social et religieux bien ancré et son code de conduite courtois, fut profondément ébranlé par ces évolutions. Le nouvel ordre mondial, désormais centré sur une monarchie puissante et sur ses dirigeants, modifia radicalement leurs soutiens, leurs moyens de subsistance, leurs croyances et la société même qui les avait créés. L’ère des chevaliers était terminée, mais les vies et les légendes de ces hommes du Moyen Âge allaient perdurer pendant des siècles.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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