Cette grenouille met bas par le dos (et autres naissances insolites)
Reptiles, amphibiens ou insectes : les mammifères n'ont pas le monopole de la naissance vivante.

A Suriname toad, Pipa pipa, at the Saint Louis Zoo. Females of this species birth their young from holes in their backs.
A Suriname toad, Pipa pipa, at the Saint Louis Zoo. Females of this species birth their young from holes in their backs.
Sur les multiples façons de naître, la naissance vivante est bien évidemment celle avec laquelle nous sommes le plus familiers. Nous, mammifères, donnons naissance à des bébés vivants, gesticulants, et nous pensons souvent que la seule autre façon est de pondre des œufs… mais en réalité, les animaux emploient des méthodes diverses et variées pour mettre au monde leur progéniture.
Également appelée viviparité, la naissance vivante est fréquente au sein du royaume animal et elle ne concerne pas que les mammifères. Elle existe également chez les poissons, les amphibiens, les insectes et les arachnides pour ne citer qu'eux.
À dire vrai, la viviparité a évolué environ 150 fois de façon indépendante chez diverses espèces animales, notamment 115 fois chez les reptiles actuels, soit trois fois plus que chez toutes les autres espèces de vertébrés combinées, indique Henrique Braz, herpétologiste au sein de l'Institut Butantan de São Paulo, au Brésil.
Viviparité ou oviparité, les deux méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients, mais la reproduction ne se limite en aucun cas à ces deux propositions. La ponte et la gestation sont deux points d'un même continuum et de nombreuses espèces se situent entre les deux.
ENTRE-DEUX
Le devoir commun à toutes les mères est de nourrir leur petit : sous la forme de jaune dans un œuf ou, pour les vivipares, parfois directement depuis l'organisme de la mère. Pour ce qui est des hippocampes, un cas unique, la nourriture provient de l'organisme du père.
Certaines espèces parviennent à donner naissance à des petits vivants sans que la mère contribue, ou très peu, à la nourriture in utero. Pour cela, les bébés sont conservés dans leurs œufs à l'intérieur du corps de leur mère, ce qui leur permet de croître et de se développer en utilisant le jaune d'œuf comme source de nourriture. Ensuite, une fois les petits complètement formés et prêts à voir le jour, ils naissent après avoir éclos à l'intérieur de leur mère.
Appelé ovoviviparité, ce type de reproduction est fréquent chez les vipères, une sous-famille de serpents venimeux, mais la plupart des autres serpents pondent des couvées d'œufs. Cette méthode de reproduction se retrouve également chez un certain nombre de poissons, comme les Mollys et les Guppys.
L'un des exemples les plus surréalistes est celui du crapaud Pipa pipa, un amphibien singulièrement plat qui ressemble à une feuille et habite les forêts pluviales d'Amérique du Sud. Lors de l'accouplement, le mâle dépose des dizaines d'œufs fécondés sur le dos de la femelle dont la peau recouvre les œufs et crée une surface semblable à du papier bulle inversé. Les bébés se développent dans ces petites cavités pendant plusieurs mois avant de sortir par le dos de leur mère pour plonger dans l'eau sous la forme de minuscules crapauds sans même passer par le stade de têtards.
Pourquoi cette espèce a-t-elle développé un système aussi étrange ? À l'instar de nombreuses autres espèces ovovivipares, la femelle Pipa pipa a choisi de protéger ses œufs en les emmenant partout avec elle, ce qui est très utile dans un monde truffé de prédateurs qui n'en feraient qu'une bouchée.
SUR PLACE
La plupart des animaux vivipares alimentent directement leurs bébés d'une façon ou d'une autre.
Chez les mammifères, ce comportement est la norme. En revanche, chez les amphibiens, les crapauds Nimbaphrynoides occidentalis en danger critique d'extinction sont les seuls à être nourris entièrement in utero par les ressources de leur mère. Vivant en Afrique de l'Ouest, la femelle Nimbaphrynoides occidentalis connaît une gestation de neuf mois pendant laquelle ses crapauds fœtaux sont nourris d'un « lait utérin » très nutritif.
Chez les vivipares également, certaines mères laissent libre cours à leur imagination lorsqu'il s'agit de nourrir leur progéniture pendant la grossesse. Ainsi, les mouches africaines tsé-tsé (Glossina morsitans) portent une seule et unique larve dans leur utérus qu'elles nourrissent d'une sorte de « lait » sécrété par une glande spécifique. La blatte Diploptera punctata donne naissance à des versions miniatures d'elle même, des bébés complètement formés qu'elle nourrit d'un élixir utérin similaire.
Et les bizarreries du royaume animal en matière d'alimentation in utero ne s'arrêtent pas là. Certains gymnophiones vivipares, des vers-amphibiens vivant presque intégralement sous terre ou au fond des rivières, se nourrissent de leur mère depuis l'intérieur : ils grattent et dévorent l'épaisse paroi interne de son oviducte, le conduit qui achemine les œufs depuis les ovaires.
Autrement plus sanguinaire, chez plusieurs espèces de requins le ventre de la mère abrite une bataille embryonnaire au cours de laquelle les futurs requins tuent leurs frères et sœurs pour se nourrir.
UN LIEN PROFOND
Certains animaux poussent encore plus loin leur viviparité en entrelaçant leur propre système circulatoire avec celui de leur fœtus en développement afin de les nourrir et d'éliminer les déchets. Ce lien peut prendre la forme d'un organe spécialisé et temporaire, comme le placenta. Bien que les placentas soient généralement associés aux mammifères dits « placentaires » comme les humains, les chats, les chiens et les baleines, ces groupes ne sont pas les seuls à faire usage de cet organe.

Câlin entre bébé Macropus rufogriseus et sa maman au Bunya Mountains National Park dans l’État australien du Queensland en Australie.
La gestation de la femelle dure un mois seulement et ses petits ne sont pas plus gros que des Dragibus à la naissance. Comme d’autres marsupiaux, une grande partie du développement du petit Macropus rufogriseus a lieu dans la poche ventrale de sa maman.
Après la naissance, bébé grimpe jusqu’à la poche ventrale de sa maman et y reste pendant neuf mois environ. Selon Smiseth, une fois qu’il quitte la poche, sa mère continue de l’allaiter pendant quatre à cinq mois.
Maman s’occupe parfois de trois petits à la fois : un dans l’utérus, un deuxième dans la poche et un troisième hors de la poche.
Si vous pensez que c’est beaucoup de petits à gérer, attendez de voir ce que peut faire le Wallabia bicolor.
Les chercheurs ont récemment découvert que le Wallabia bicolor se reproduit un ou deux jours avant de mettre bas, ce qui en fait le seul animal à être constamment en période de gestation.
Câlin entre bébé Macropus rufogriseus et sa maman au Bunya Mountains National Park dans l’État australien du Queensland en Australie.
La gestation de la femelle dure un mois seulement et ses petits ne sont pas plus gros que des Dragibus à la naissance. Comme d’autres marsupiaux, une grande partie du développement du petit Macropus rufogriseus a lieu dans la poche ventrale de sa maman.
Après la naissance, bébé grimpe jusqu’à la poche ventrale de sa maman et y reste pendant neuf mois environ. Selon Smiseth, une fois qu’il quitte la poche, sa mère continue de l’allaiter pendant quatre à cinq mois.
Maman s’occupe parfois de trois petits à la fois : un dans l’utérus, un deuxième dans la poche et un troisième hors de la poche.
Si vous pensez que c’est beaucoup de petits à gérer, attendez de voir ce que peut faire le Wallabia bicolor.
Les chercheurs ont récemment découvert que le Wallabia bicolor se reproduit un ou deux jours avant de mettre bas, ce qui en fait le seul animal à être constamment en période de gestation.

Une ourse polaire se délasse après avoir allaité ses petits au parc national Wapusk, situé dans la province de Manitoba au Canada.
Les ours polaires s’accouplent au printemps mais ce n’est qu’une fois l’automne venu que les femelles tombent enceintes. Seules celles qui ont réussi à bien engraisser après avoir chassé tout l’été réussiront à mettre bas.
Ces mois de chasse fructueuse permettent à la femelle de prendre plus de cent kilos pendant la gestation. Les futures mamans ont besoin de toutes ces réserves de graisse pour hiberner avant de mettre bas. L’ourse polaire peut rester jusqu’à huit mois tapie dans une tanière creusée dans la neige sans manger ni boire.
Souvent, des jumeaux voient le jour. Les deux oursons passent plusieurs mois dans la tanière, en se délectant du lait maternel riche en matières grasses.
L’ourse dorlote ses petits pendant deux à trois ans, les gardant à l’abri de tout, y compris des mâles agressifs. Elle leur apprend également toutes les astuces de la vie sur glace : comment nager et chasser mais également comment creuser des tanières pour leurs futures familles.
Une ourse polaire se délasse après avoir allaité ses petits au parc national Wapusk, situé dans la province de Manitoba au Canada.
Les ours polaires s’accouplent au printemps mais ce n’est qu’une fois l’automne venu que les femelles tombent enceintes. Seules celles qui ont réussi à bien engraisser après avoir chassé tout l’été réussiront à mettre bas.
Ces mois de chasse fructueuse permettent à la femelle de prendre plus de cent kilos pendant la gestation. Les futures mamans ont besoin de toutes ces réserves de graisse pour hiberner avant de mettre bas. L’ourse polaire peut rester jusqu’à huit mois tapie dans une tanière creusée dans la neige sans manger ni boire.
Souvent, des jumeaux voient le jour. Les deux oursons passent plusieurs mois dans la tanière, en se délectant du lait maternel riche en matières grasses.
L’ourse dorlote ses petits pendant deux à trois ans, les gardant à l’abri de tout, y compris des mâles agressifs. Elle leur apprend également toutes les astuces de la vie sur glace : comment nager et chasser mais également comment creuser des tanières pour leurs futures familles.

Le Theropithecus gelada, souvent confondu avec le babouin, est la dernière espèce vivante du genre Theropithecus qui vivait jadis en Afrique mais également en Inde et en Espagne.
Ces animaux sociaux vivent en groupes étroitement liés où la femelle mène généralement la danse. Les liens sont renforcés par le toilettage qui dure parfois toute une vie. Cette activité est d’abord initiée entre mère et fille.
« C’est à maman qu’incombe la tâche de plonger ses petits dans la vie sociale », affirme Jennifer Verdolin, spécialiste en comportement animalier et auteure du livre Raised by Animals. Elle le fait souvent de manière ludique.
« Chez toutes les espèces, y compris le Theropithecus gelada, les mamans jouent avec leurs petits. Il s’agit d’une étape charnière dans le processus de développement », ajoute-t-elle. « La mimique ‘figure détendue, visage ouvert’ est un de leurs jeux favoris. Les petits imitent les expressions de leur maman. »
Le Theropithecus gelada, souvent confondu avec le babouin, est la dernière espèce vivante du genre Theropithecus qui vivait jadis en Afrique mais également en Inde et en Espagne.
Ces animaux sociaux vivent en groupes étroitement liés où la femelle mène généralement la danse. Les liens sont renforcés par le toilettage qui dure parfois toute une vie. Cette activité est d’abord initiée entre mère et fille.
« C’est à maman qu’incombe la tâche de plonger ses petits dans la vie sociale », affirme Jennifer Verdolin, spécialiste en comportement animalier et auteure du livre Raised by Animals. Elle le fait souvent de manière ludique.
« Chez toutes les espèces, y compris le Theropithecus gelada, les mamans jouent avec leurs petits. Il s’agit d’une étape charnière dans le processus de développement », ajoute-t-elle. « La mimique ‘figure détendue, visage ouvert’ est un de leurs jeux favoris. Les petits imitent les expressions de leur maman. »

Les hurlements d’une louve font sursauter de joie son petit dans le Montana.
La patience dont font preuve les loups avec leurs petits est impressionnante, confie Verdolin. « Les parents et les autres membres de la communauté sont très indulgents avec leurs louveteaux et tolèrent souvent leurs pitreries. On apprend à être loup et cela se fait au moyen de jeux et d’interactions avec les adultes », explique-t-elle. C’est un effort collectif.
Hurler est un moyen de communication, un atout qu’il est indispensable de maîtriser.
« Les loups élèvent leurs petits, comme beaucoup d’autres espèces, en leur montrant les comportements à adopter sans recourir à une discipline ou à des punitions strictes », détaille Verdolin.
Maman et papa s’occupent d’une famille de loups qui se compose de leurs propres louveteaux mais aussi de l’oncle, de la tante ou encore d’un loup qui n'est pas leur progéniture.
Chaque année, les aînés prennent soin des plus jeunes. Lorsque le jeune loup atteint la maturité sexuelle vers deux ans, il peut prendre son envol et retrouver une autre famille ou en créer une qui lui est propre en se liant avec un autre loup solitaire.
Les hurlements d’une louve font sursauter de joie son petit dans le Montana.
La patience dont font preuve les loups avec leurs petits est impressionnante, confie Verdolin. « Les parents et les autres membres de la communauté sont très indulgents avec leurs louveteaux et tolèrent souvent leurs pitreries. On apprend à être loup et cela se fait au moyen de jeux et d’interactions avec les adultes », explique-t-elle. C’est un effort collectif.
Hurler est un moyen de communication, un atout qu’il est indispensable de maîtriser.
« Les loups élèvent leurs petits, comme beaucoup d’autres espèces, en leur montrant les comportements à adopter sans recourir à une discipline ou à des punitions strictes », détaille Verdolin.
Maman et papa s’occupent d’une famille de loups qui se compose de leurs propres louveteaux mais aussi de l’oncle, de la tante ou encore d’un loup qui n'est pas leur progéniture.
Chaque année, les aînés prennent soin des plus jeunes. Lorsque le jeune loup atteint la maturité sexuelle vers deux ans, il peut prendre son envol et retrouver une autre famille ou en créer une qui lui est propre en se liant avec un autre loup solitaire.

C’est souvent dans l’eau que naît bébé hippopotame même si maman doit le remonter à la surface pour qu’il pousse son premier cri.
Bien que le nouveau-né ne puisse retenir sa respiration pendant plus d’une minute, cette masse de 45 kilos peut téter en apnée en maintenant ses narines et ses oreilles bien fermées.
Cette aptitude est vitale parce que maman hippopotame passe jusqu’à seize heures par jour dans les fleuves et les lacs africains avec ses petits, ou au zoo de San Diego, où ce bébé hippopotame et sa maman ont élu domicile.
Père et mère protègent farouchement leurs petits, ce qui est plus que nécessaire parce que ces derniers peuvent facilement être tués par des mâles agressifs. Les mères ont également un côté plus doux et chouchoutent leurs petits. Si son bébé meurt, la maman manifeste même des signes de deuil.
C’est souvent dans l’eau que naît bébé hippopotame même si maman doit le remonter à la surface pour qu’il pousse son premier cri.
Bien que le nouveau-né ne puisse retenir sa respiration pendant plus d’une minute, cette masse de 45 kilos peut téter en apnée en maintenant ses narines et ses oreilles bien fermées.
Cette aptitude est vitale parce que maman hippopotame passe jusqu’à seize heures par jour dans les fleuves et les lacs africains avec ses petits, ou au zoo de San Diego, où ce bébé hippopotame et sa maman ont élu domicile.
Père et mère protègent farouchement leurs petits, ce qui est plus que nécessaire parce que ces derniers peuvent facilement être tués par des mâles agressifs. Les mères ont également un côté plus doux et chouchoutent leurs petits. Si son bébé meurt, la maman manifeste même des signes de deuil.

Un petit Enhydra lutris de trois jours est paisiblement couché contre sa maman dans la baie de Monterey en Californie. Si ce petit se la coule douce, sa maman, elle, a très peu de temps pour se délasser.
« Le premier mois, le lien est fusionnel, affirme Verdolin. La maman n’a pratiquement ni le temps de manger ni même de faire quoi que ce soit. Elle porte son bébé tout le temps. »
De par son statut de mère célibataire, l’Enhydra lutris est confrontée à un dilemme. Elle doit manger pour favoriser la lactation mais son petit est incapable de nager.
Elle a trouvé une solution ingénieuse : elle enveloppe son bébé dans des algues où il peut flotter tranquillement pendant qu’elle cherche de la nourriture. « Cette technique peut être dangereuse pour le petit », ajoute Verdolin. « Mais que voulez-vous, elles sont seules. »
Un petit Enhydra lutris de trois jours est paisiblement couché contre sa maman dans la baie de Monterey en Californie. Si ce petit se la coule douce, sa maman, elle, a très peu de temps pour se délasser.
« Le premier mois, le lien est fusionnel, affirme Verdolin. La maman n’a pratiquement ni le temps de manger ni même de faire quoi que ce soit. Elle porte son bébé tout le temps. »
De par son statut de mère célibataire, l’Enhydra lutris est confrontée à un dilemme. Elle doit manger pour favoriser la lactation mais son petit est incapable de nager.
Elle a trouvé une solution ingénieuse : elle enveloppe son bébé dans des algues où il peut flotter tranquillement pendant qu’elle cherche de la nourriture. « Cette technique peut être dangereuse pour le petit », ajoute Verdolin. « Mais que voulez-vous, elles sont seules. »

Moment de tendresse entre une mère Dicerorhinus sumatrensis et son petit au zoo de Cincinnati.
« Elle peut être redoutable et sortir les griffes. Elle incarne parfaitement la mère très protectrice », explique Smiseth. Une mère rhinocéros, c’est beaucoup d’investissement : la période de gestation dure quinze mois, l’allaitement quinze autres mois et les petits ne la quittent pas d’une semelle pendant les deux ou trois premières années de leur vie.
Il reste moins de 80 Dicerorhinus sumatrensis à l’état sauvage, en grande partie à cause du braconnage de leurs cornes. De même, la perte d’habitat fait qu’ils vivent dans des zones isolées sur les îles de Sumatra et de Kalimantan, ce qui rend la reproduction difficile. Pis encore, lorsque les femelles passent des années sans se reproduire, elles peuvent développer des kystes ou des fibromes qui conduisent à la stérilité.
L’élevage en captivité dans des endroits comme le zoo de Cincinnati, ainsi que la mise en place de réserves animalières et la consolidation des populations, s’inscrivent dans le cadre d’une initiative internationale pour sauver l’espèce.
Moment de tendresse entre une mère Dicerorhinus sumatrensis et son petit au zoo de Cincinnati.
« Elle peut être redoutable et sortir les griffes. Elle incarne parfaitement la mère très protectrice », explique Smiseth. Une mère rhinocéros, c’est beaucoup d’investissement : la période de gestation dure quinze mois, l’allaitement quinze autres mois et les petits ne la quittent pas d’une semelle pendant les deux ou trois premières années de leur vie.
Il reste moins de 80 Dicerorhinus sumatrensis à l’état sauvage, en grande partie à cause du braconnage de leurs cornes. De même, la perte d’habitat fait qu’ils vivent dans des zones isolées sur les îles de Sumatra et de Kalimantan, ce qui rend la reproduction difficile. Pis encore, lorsque les femelles passent des années sans se reproduire, elles peuvent développer des kystes ou des fibromes qui conduisent à la stérilité.
L’élevage en captivité dans des endroits comme le zoo de Cincinnati, ainsi que la mise en place de réserves animalières et la consolidation des populations, s’inscrivent dans le cadre d’une initiative internationale pour sauver l’espèce.

Être une mère guépard n’est pas de tout repos. Pendant les premières semaines qui suivent la naissance, elle doit souvent transporter ses petits d’un endroit à un autre pour les protéger des prédateurs.
Si tout se passe bien, les petits restent avec leur mère pendant un an et demi et apprennent à chasser. Puis les membres de la fratrie deviennent indépendants en restant ensemble pendant six mois supplémentaires.
Certaines sont même de super-mamans. Elles ne se contentent pas d’élever leurs petits mais prennent également soin des petits des autres guépards.
« Je ne connais aucun carnivore dont la survie ne dépend pas en grande partie de si peu de femelles », a dit Sarah Durant, directrice du Serengeti Cheetah Project, dans un entretien accordé à National Geographic en 2012.
Sarah Durant ajoute qu’une femelle, nommée Eleanor, a materné 10 % des guépards adultes au sud du Serengeti.
Être une mère guépard n’est pas de tout repos. Pendant les premières semaines qui suivent la naissance, elle doit souvent transporter ses petits d’un endroit à un autre pour les protéger des prédateurs.
Si tout se passe bien, les petits restent avec leur mère pendant un an et demi et apprennent à chasser. Puis les membres de la fratrie deviennent indépendants en restant ensemble pendant six mois supplémentaires.
Certaines sont même de super-mamans. Elles ne se contentent pas d’élever leurs petits mais prennent également soin des petits des autres guépards.
« Je ne connais aucun carnivore dont la survie ne dépend pas en grande partie de si peu de femelles », a dit Sarah Durant, directrice du Serengeti Cheetah Project, dans un entretien accordé à National Geographic en 2012.
Sarah Durant ajoute qu’une femelle, nommée Eleanor, a materné 10 % des guépards adultes au sud du Serengeti.

La jeunesse du Pagophilus groenlandicus est éphémère tout comme ce moment partagé entre une mère et son petit dans le Golfe du Saint-Laurent au Québec.
Ces phoques se reproduisent sur la glace où les petits sont exposés aux prédateurs comme les ours polaires. « La vitesse est donc de mise » lorsqu’il s’agit de sevrage, dit Smiseth.
La maman sèvre son petit jusqu’à douze jours seulement après la mise-bas. Au cours de cette période, elle l’allaite fréquemment avec du lait extrêmement riche en matières grasses. Grâce à cette alimentation, le petit grandit à la vitesse de l’éclair et prend environ deux kilos par jour. C’est une période difficile pour la maman qui jeûne pendant toute la période d’allaitement, perdant trois kilos par jour.
« Cette stratégie est particulièrement brutale », poursuit Smiseth. Au bout de douze jours, la maman s’en va et puis voilà. Plus aucune interaction entre elle et son petit. Bébé phoque doit apprendre à se débrouiller rapidement.
La jeunesse du Pagophilus groenlandicus est éphémère tout comme ce moment partagé entre une mère et son petit dans le Golfe du Saint-Laurent au Québec.
Ces phoques se reproduisent sur la glace où les petits sont exposés aux prédateurs comme les ours polaires. « La vitesse est donc de mise » lorsqu’il s’agit de sevrage, dit Smiseth.
La maman sèvre son petit jusqu’à douze jours seulement après la mise-bas. Au cours de cette période, elle l’allaite fréquemment avec du lait extrêmement riche en matières grasses. Grâce à cette alimentation, le petit grandit à la vitesse de l’éclair et prend environ deux kilos par jour. C’est une période difficile pour la maman qui jeûne pendant toute la période d’allaitement, perdant trois kilos par jour.
« Cette stratégie est particulièrement brutale », poursuit Smiseth. Au bout de douze jours, la maman s’en va et puis voilà. Plus aucune interaction entre elle et son petit. Bébé phoque doit apprendre à se débrouiller rapidement.

L’Ailuropoda melanoleuca berce son petit au Centre de recherche et de conservation de Wolong en Chine.
Le nouveau-né est minuscule, jusqu’à 900 fois plus petit que sa mère. Il est aveugle, sans poils et complètement dépendant de maman.
Les pandas ont souvent des jumeaux, ce qui signifie que la maman doit faire un choix crucial en optant pour celui qui a le plus de chances de survivre. Elle se dédie corps et âme à celui-ci au détriment de l’autre. On accuse parfois les pandas d’être de mauvaises mères mais on oublie souvent que c’est parce qu’elles font de leur mieux pour exceller dans ce rôle.
La maman est très dévouée. Pendant les mois qui suivent la naissance, elle porte son petit tout le temps et lui prodigue des soins à longueur de journée. Elle quitte rarement la tanière, même pour manger ou boire.
L’Ailuropoda melanoleuca berce son petit au Centre de recherche et de conservation de Wolong en Chine.
Le nouveau-né est minuscule, jusqu’à 900 fois plus petit que sa mère. Il est aveugle, sans poils et complètement dépendant de maman.
Les pandas ont souvent des jumeaux, ce qui signifie que la maman doit faire un choix crucial en optant pour celui qui a le plus de chances de survivre. Elle se dédie corps et âme à celui-ci au détriment de l’autre. On accuse parfois les pandas d’être de mauvaises mères mais on oublie souvent que c’est parce qu’elles font de leur mieux pour exceller dans ce rôle.
La maman est très dévouée. Pendant les mois qui suivent la naissance, elle porte son petit tout le temps et lui prodigue des soins à longueur de journée. Elle quitte rarement la tanière, même pour manger ou boire.

Contrairement à leurs congénères, les Panthera leo leos sont des animaux sociaux. Ils vivent dans des clans où les femelles tiennent les rênes. Ici, une lionne est photographiée avec ses lionceaux au parc national du Serengeti en Tanzanie.
« Les femelles sont les piliers des clans. Les mâles sont juste de passage », a déclaré Craig Packer, directeur du Lion Research Center de l’université du Minnesota, dans un entretien à National Geographic en 2019.
Les lionnes se serrent les coudes pour se protéger, y compris des lions qui tuent les lionceaux de leurs rivaux. Elles forment une crèche et chaque lionne s’occupe également des petits des autres (même si elle donne la priorité à ses petits).
Les jeunes lions ne commencent à chasser qu’à l’âge d’un an et sont donc les derniers à manger. La lutte pour la nourriture ainsi que les infanticides font que nombre de lionceaux n’arriveront pas au stade adulte.
Certains chercheurs estiment que seule la moitié des lionceaux atteignent l’âge de deux ans.
Contrairement à leurs congénères, les Panthera leo leos sont des animaux sociaux. Ils vivent dans des clans où les femelles tiennent les rênes. Ici, une lionne est photographiée avec ses lionceaux au parc national du Serengeti en Tanzanie.
« Les femelles sont les piliers des clans. Les mâles sont juste de passage », a déclaré Craig Packer, directeur du Lion Research Center de l’université du Minnesota, dans un entretien à National Geographic en 2019.
Les lionnes se serrent les coudes pour se protéger, y compris des lions qui tuent les lionceaux de leurs rivaux. Elles forment une crèche et chaque lionne s’occupe également des petits des autres (même si elle donne la priorité à ses petits).
Les jeunes lions ne commencent à chasser qu’à l’âge d’un an et sont donc les derniers à manger. La lutte pour la nourriture ainsi que les infanticides font que nombre de lionceaux n’arriveront pas au stade adulte.
Certains chercheurs estiment que seule la moitié des lionceaux atteignent l’âge de deux ans.

Dès qu’il est question de mère, le sacrifice entre en jeu. Cependant, très peu d’autres animaux mettent leur vie en péril pour que leur progéniture puisse survivre.
Après avoir pondu ses œufs qui se comptent parfois par milliers, la pieuvre s’installe dans le fond marin pour les surveiller avec beaucoup de zèle, comme cette mère d’une espèce non répertoriée.
Elle les protège des prédateurs et les asperge d’eau fraîche riche en oxygène. Elle est constamment à leurs soins, se prive de manger et s’épuise petit à petit à mesure que les mois passent.
Dans la baie de Monterey en Californie, les chercheurs ont observé un Graneledone boreopacifica à l’aide d’un sous-marin. Son sacrifice a duré plus de quatre ans, la période la plus longue où une femelle couve ses petits, tous animaux confondus.
Dès qu’il est question de mère, le sacrifice entre en jeu. Cependant, très peu d’autres animaux mettent leur vie en péril pour que leur progéniture puisse survivre.
Après avoir pondu ses œufs qui se comptent parfois par milliers, la pieuvre s’installe dans le fond marin pour les surveiller avec beaucoup de zèle, comme cette mère d’une espèce non répertoriée.
Elle les protège des prédateurs et les asperge d’eau fraîche riche en oxygène. Elle est constamment à leurs soins, se prive de manger et s’épuise petit à petit à mesure que les mois passent.
Dans la baie de Monterey en Californie, les chercheurs ont observé un Graneledone boreopacifica à l’aide d’un sous-marin. Son sacrifice a duré plus de quatre ans, la période la plus longue où une femelle couve ses petits, tous animaux confondus.

Le Megaptera novaeangliae femelle (baleine à bosse) ne donne naissance à un petit qu’une fois tous les deux ou trois ans et le comble d’attention. Les petits sont allaités pendant un an et continuent de grandir pendant dix ans.
Pendant ce temps, maman et petits parcourent des milliers de kilomètres à la recherche de nourriture dans des eaux plus chaudes.
Les baleines photographiées ici près de Vava’u dans les Tonga, passent l’hiver en Antarctique alors que l’Eubalaena glacialis par exemple migre de l’Alaska à Hawaï.
L’Orcinus orca constitue une vraie menace pour le baleineau pendant la migration. C’est pour cette raison que maman et petit communiquent en chuchotant, ce qui permet à la mère de garder un œil sur son petit tout en restant alerte.
Le Megaptera novaeangliae femelle (baleine à bosse) ne donne naissance à un petit qu’une fois tous les deux ou trois ans et le comble d’attention. Les petits sont allaités pendant un an et continuent de grandir pendant dix ans.
Pendant ce temps, maman et petits parcourent des milliers de kilomètres à la recherche de nourriture dans des eaux plus chaudes.
Les baleines photographiées ici près de Vava’u dans les Tonga, passent l’hiver en Antarctique alors que l’Eubalaena glacialis par exemple migre de l’Alaska à Hawaï.
L’Orcinus orca constitue une vraie menace pour le baleineau pendant la migration. C’est pour cette raison que maman et petit communiquent en chuchotant, ce qui permet à la mère de garder un œil sur son petit tout en restant alerte.

Une girafe d’Angola (Giraffa camelopardalis angolensis) et son petit accueillent le jour dans les plaines de Namibie.
Le girafon est capable de se tenir rapidement debout, dans les trente minutes qui suivent sa naissance. C’est important qu’il puisse le faire vu qu’il constitue le repas préféré de nombreux prédateurs africains.
La période de gestation de la maman dure quinze mois, ce qui favorise la croissance du petit qui mesure 180 cm à la naissance. Ses muscles sont solides et son système nerveux bien développé.
Lorsque les girafons sont un peu plus âgés, les mamans font parfois appel à des « nounous », explique Verdolin. « Les mamans passent du temps ensemble… elles laissent leurs petits avec d’autres mamans. C’est comme une garderie pour les bébés. Il s’agit également de soutien communautaire pour les mères. »
Une girafe d’Angola (Giraffa camelopardalis angolensis) et son petit accueillent le jour dans les plaines de Namibie.
Le girafon est capable de se tenir rapidement debout, dans les trente minutes qui suivent sa naissance. C’est important qu’il puisse le faire vu qu’il constitue le repas préféré de nombreux prédateurs africains.
La période de gestation de la maman dure quinze mois, ce qui favorise la croissance du petit qui mesure 180 cm à la naissance. Ses muscles sont solides et son système nerveux bien développé.
Lorsque les girafons sont un peu plus âgés, les mamans font parfois appel à des « nounous », explique Verdolin. « Les mamans passent du temps ensemble… elles laissent leurs petits avec d’autres mamans. C’est comme une garderie pour les bébés. Il s’agit également de soutien communautaire pour les mères. »
« À dire vrai, cet organe n'est pas uniquement composé des tissus de la mère ou de l'enfant, » explique Camilla Whittington, biologiste de l'évolution à l'université de Sydney. Techniquement, tout organe constitué à la fois de tissus maternels et fœtaux qui échangent des nutriments est considéré comme un placenta. Même les marsupiaux, des mammifères qui transportent leurs petits dans des poches, ont des placentas rudimentaires. De plus, l'évolution a doté d'un placenta certains groupes d'animaux inattendus.
Par exemple, les requins-aiguilles de l'Atlantique (Rhizoprionodon terraenovae) nourrissent leur fœtus via un organe qui ressemble à s'y méprendre au placenta humain dans une version réduite, illustre Whittington. Certaines espèces de lézards développent également un lien placentaire avec leur progéniture, bien que le saurien africain Trachylepis ivensi soit l'unique espèce de reptile dont l'embryon parvient à s'enfouir dans la paroi de l'oviducte, ce qui n'est pas sans rappeler le degré d'implantation observé chez les mammifères en gestation.
AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS
Vous l'aurez constaté, la viviparité ne relève pas du tout-ou-rien et laisse une place non négligeable à la flexibilité. Ainsi, certains lézards et serpents sont ovipares sur une portion de leur aire de répartition géographique mais vivipares sur une autre. Les scientifiques ont même déjà observé un lézard pondre des œufs et donner naissance à des petits vivants dans la même couvée.
Mais alors, pourquoi choisir la viviparité quand elle présente assurément certains inconvénients ?
« Vous pourrez demander à n'importe quelle femme enceinte deux semaines avant l'accouchement, les déplacements sont plutôt difficiles, » indique Whittington. « Imaginez un instant, vous êtes une femelle lézard enceinte et vous avez beaucoup grossi, vous pourriez avoir du mal à échapper aux prédateurs. »
Par ailleurs, le fait de porter en soi un bébé en développement augmente les risques pour la lignée si la mère se fait dévorer. En revanche, si les œufs ont été déposés dans un endroit sûr, la lignée génétique a une chance de survivre à la mort de la mère.
Cela dit, porter sa progéniture plus longtemps peut aider à la protéger et permet d'exercer un contrôle direct sur les conditions de son développement, notamment sur la température. C'est peut-être pour cette raison que les régions froides affichent une plus grande proportion d'espèces vivipares.
« Si vous vivez dans un climat froid et variable et que vous laissez vos œufs dans un nid, il existe un risque qu'il fasse trop froid, » explique Whittington.
Quels que soient les avantages que les mères vivipares tirent de la grossesse et de la naissance vivante, le fait que cette aptitude ait évolué des dizaines de fois dans le royaume animal suggère que la récompense est à la hauteur des efforts.
Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.
